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Sexe : La dictature du plaisir
Sexe : La dictature du plaisir
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23 août 2011 | 7 commentaires
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Dominique Letulle, 2 articles (Sexologue)

Dominique Letulle

Sexologue
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Sexe : La dictature du plaisir

Sexe : La dictature du plaisir

Il faut avoir des orgasmes multiples, il faut jouir en même temps, il faut avoir un sexe assez gros, il ne faut pas éjaculer trop vite, il faut bander à la demande, il faut être mince , il faut des gros seins...
Il faut ! il faut ! il faut  !
A force de vouloir être toujours au top, on peut comprendre qu’une très forte majorité des jeunes soit très angoissée sur leur performance sexuelle.

Il y a peu encore, la jouissance et le plaisir sexuel étaient considérés comme un péché. Très légitimement le sexe revêt désormais une importance beaucoup plus grande qu'auparavant. Cependant il semble qu'aujourd'hui nous sommes passés dans "la dictature du plaisir".

 

Qu'entend ton par dictature du plaisir ?

 
La société de consommation impose ses concepts compétitifs du “toujours plus”, de "l'ici et maintenant", "du plaisir immédiat".
Le sexe “libéré” s’affiche partout, sous toutes ses formes, et nul n’est plus censé ignorer ses techniques afin d'obtenir une jouissance extrême, de même que les normes d’un corps parfait ne connaissant pas le vieillissement.
 
 

Résultats  : Des peurs de se montrer malhabile ou ridicule voir incompétent s'installent.

 
Que l‘on soit homme ou femme, ce culte de la jouissance et du savoir-faire handicape bien plus qu’il ne donne des ailes.

Et à force de vouloir trop bien faire, de ne pas être à la hauteur, l’anxiété de performance s'installe. Cette angoisse de ne pas satisfaire son partenaire amène donc à redouter un échec. 

L’homme regarde en permanence si sa verge est raide, et la femme l’image qu’elle donne d’elle-même. Des stratégies de comportement se mettent alors en place ; pour l'homme “Je vais la pénétrer rapidement sinon mon érection ne va pas tenir" ou bien "mes mouvements de va et viens doivent être intenses pour qu'elle ait du plaisir”, pour la femme “je dois m'épiler tout mon sexe sinon c'est pas beau”, "je dois crier lorsqu'il me pénètre" … 

Malheureusement, plus on a peur, moins cela fonctionne ! Il est évident que l’anxiété a un impact négatif sur l’érection chez l’homme et sur la lubrification chez la femme, mais l’amoureux se transforme en acteur, entièrement centré sur soi plutôt que sur un partage, habité par des des pensées plutôt techniques qu’érotiques, appliqué à se contrôler plutôt qu’à se laisser aller au ressenti. 

C’est pourquoi l’anxiété débouche souvent sur des difficultés sexuelles, dont elle peut être l’unique source ou qu’elle contribue à aggraver.
Pour dépasser cette angoisse, il faut d’abord essayer de comprendre quelle faiblesse personnelle chez vous fait en sorte que cette angoisse se manifeste ainsi.
 
 

Plusieurs profils se déssinent.
 

  • Celui ou celle qui manque de confiance en soi

Un manque de confiance en soi réactivé par la pression sociale (décidément je suis vraiment nul, pas à la hauteur) ? Cela peut être le cas si l’on a été insuffisamment aimé enfant, par une famille qui soulignait toujours nos lacunes, ou si l’on était complexé par un frère trop brillant, un père écrasant… 


 

  • Celui ou celle qui a peur d'être abandonné

La peur d'être lâché, "largué" qui est prépondérant (“Si ça se passe mal, il/elle me quittera”) ? Des épisodes fâcheux de notre histoire expliquent sûrement cette insécurité. 

 
  • Les perfectionnistes
Les perfectionnistes, qui cherchent à s’identifier aux normes à la mode parce qu’ils ne savent pas très bien qui ils ou elles sont (“Si tout ne se déroule pas parfaitement, ça ne vaudra rien”). Très souvent, Ces personnalités sont issues de familles austères et conformistes. On retrouve des mères impossible à satisfaire : on avait beau s’appliquer à bien faire pour être aimées, mais rien n'allait jamais, pas de signe d'affection.
 
  • Les gens de devoir

Les personnes de “devoir”, souvent héritières de la morale judéo-chrétienne, qui culpabilisent parce qu’elles n’arrivent pas à donner à leur partenaire ce à quoi il ou elle a droit.

Une fois compris d’où vient le problème, il est plus aisé de s’en débarrasser. Si le passé a son lot de douleurs, le présent donne des ressources pour le surmonter. Il peut suffire de se concentrer sur ses points forts, ses richesses … et de s’aider de quelques astuces. 

 

Quelques pistes pour lutter contre l'angoisse de performance

 
Aller sur le net et vous rendre compte que vous n'êtes pas seul peut d’abord pour vous convaincre que vous êtes loin d’être les seul(e)s à vous stresser. S'inscrire à un groupe de paroles ou d’affirmation de soi peut aussi s’avérer extrêmement libérateur.
 
Rejoindre une troupe de théâtre, un cours d’expression corporelle ou de danse (orientale, tango, salsa). Leurs séances permettent d’activer ses ressources relationnelles, corporelles et sensuelles… et de laisser ainsi sa personnalité s’épanouir. 


Se faire aider par un professionnelpour passer un cap.
 
Pour conclure, il faut accepter que le plaisir sexuel est une affaire personnelle et de couple, qu'il n'est absolument pas normatisé, ni dans son intensité ni dans sa mécanique. Il faut arrêter de vouloir correspondre à des pressions sociales (modes, religion, etc..).

Mais le plus important consiste sans doute à se convaincre que vouloir atteindre la jouissance selon des schémas pornographiques ou bien de façon aussi normative dans son intensité que dans sa mécanique, revient à s’enfermer dans une prison.
 

CONCLUSION


Pour vivre avec bonheur sa sexualité, il faut tout oublier, partir à la découverte de l’intimité sans à priori, avec surprise et légèreté, en se laissant juste guider par ses sensations et ses émotions.
Dominique LETULLE SEXOLOGUE Thérapeute de couple Toulouse
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Mots-clés :
Sexualité Orgasme
Commentaires
6 votes
(IP:xxx.xx9.207.20) le 24 août 2011 a 13H23
 (Visiteur)

le problème soulevé est d’ordre culturel, sociologique mais principalement éducatif.

culturel/sociologique, aujourd’hui l’individualisme a ravagé tout ce qui n’est pas centré exclusivement sur sa parcelle de vie. ne pas s’étonner ensuite que ces gens soient incapable d’appréhender l’autre, incapable d’empathie réelle, incapable de communication.

éducatif, les jeunes naissent et vivent dans un monde du -toujours plus-, du -ici et maintenant- c’est donc une question d’éducation, de compréhension. mais c’est aussi faute d’une mauvaise éducation sexuelle. à l’évidence le tabou sexuel a encore de beaux jours devant lui. la sexualité épanouie présuppose son apprentissage graduellement pendant l’enfance. la masturbation est mal perçue et donc honteuse chez les pratiquants, la nudité est enseigné par les parents par la honte et la culpabilité. et il faudrait sans doute avoir des manuels, voir des films documentaire classé X pour éduqué correctement les ados...

ce n’est pas une question individuelle, mais un problème sociétal, collectif, d’éducation de culpabilité de honte de tabou, bref d’irrationalité traditionaliste.

2 votes
par rukavina (IP:xxx.xx4.196.50) le 25 août 2011 a 00H32
rukavina (Visiteur)

il faut etre endurant, inventif, bien membré , bref au top , sinon t es un looser .Je plains encore plus les jeunes generations qui se sont formés au porno .Chez l homme cette peur de l echec tetanisante de la premiere fois avec telle fille est un tabou dont on parle de plus en plus, moi je trouve que la femme a le beau role , a part soigner son apparence elle a pas grand chose a faire . Heureusement il y a des tas de filles qui sont comprehensives ou qui sont pas plus en confiance que nous mais je repete qu elles ont moins le devoir d exigeance .Le mieux c est d en parler avec sa partenaire , de dedramatiser avec elle si possible avec humour, le pire c est de rester tetanisé dans son coin , la fille le sentira et la relation peut que mal se passer

1 vote
par rukavina (IP:xxx.xx4.196.50) le 25 août 2011 a 04H54
rukavina (Visiteur)

2 eme article le plus lu et un seul commentaire, alors les mecs ca vous la coupe on dirait^^ Faut faire le premier pas, ya pas de mal a admettre l enorme pression qu on a de reussir notre premiere nuit avec une fille , ca nous angoisse moi je l avoue !

2 votes
par Minga (IP:xxx.xx9.56.229) le 26 août 2011 a 03H57
Minga, 1 article (Rédacteur)

Il y a certes des choses justes, dans cet article, et pourtant, il y manque peut-être l’essentiel : l’art de jouir.

Historiquement, le sexe a toujours été rebelle et subversif, et c’est pourquoi les despotes et leurs serviteurs les religions ont toujours cherché à contrôler, à normer, à canaliser, à cadrer, à limiter, à règlementer, à rentabiliser et exploiter la sexualité de leurs sujets. D’abord, pour en faire des soldats, d’où l’homophobie des régimes tyranniques : l’homosexuel ne fabriquait pas de nouveaux sujets futurs soldats ... Mais aussi et peut-être même avant tout parce que pour toute tyrannie le contrôle de la sexualité de ses sujets est un moyen de contrôle social extrêmement puissant.

De nos jours, celà passe par une terrible "pression normative" autour de la sexualité, comme l’article le dit très justement. Mais cette "pression normative" ne s’arrête pas aux premières rencontres : pour de (trop) nombreux couples, trios, et autres ménages "hors normes", elle bloque leur sexualité tout au long de leur vie : un peuple qui jouit peu sera peut-être moins exigeant, pensent les tyrans.

L’auteur a en grande partie raison d’écrire que "le plaisir sexuel est une affaire personnelle et de couple, qu’il n’est absolument pas normatisé, ni dans son intensité ni dans sa mécanique.". La petite erreur est justement de négliger que certain-e-s préfèreront le trio ou le quatuor au classique couple judéo-islamo-chrétien traditionnel ... ;-), que d’autres se prennent et se donnent très rarement comme se prennent les "saints sacrements", et que d’autres encore sont stigmatisé-e-s pour leurs sexualités "hors normes". Or, en dehors de tout moralisme de curés, imams, et autres rabbins par ailleurs trop souvent pédophiles, il n’y a pas de norme : toute les sexualités se valent pourvu que les participant-e-s y prennent du plaisir de leur plein gré.

C’est pourquoi j’eusse apprécié que l’auteur de l’article invite aussi à rechercher, à explorer, à magnifier le plaisir et la jouissance dans l’acte sexuel ! Pour celà, je ne crois pas qu’il faille avoir peur de la pornographie sur Internet. Au contraire, chacun-e peut ainsi découvrrir facilement, en trois clics, ce qui la fait mouiller ou le fait bander, avant même de l’avoir essayé. Certes, il convient de rester prudent-e-s, mais Internet peut aussi permettre de rencontrer l’inconnu-e qui vit à 500 kilomètres, qui a les mêmes désirs que vous, et que vous n’auriez surement jamais rencontré-e autrement. Ensuite, avec votre (ou vos !) partenaires, si l’Amour vient, quoi de plus jouissif que de s’amuser à explorer ensemble la jouissance de l’Autre, années après années ? On peut aller loin, ainsi, et découvrir à ce petit jeu de l’Amour physique des jouissances d’une puissance insoupçonnées, et dans des situations érotiques parfois fort éloignées de la traditionnelle pénétration phallo-vaginale dans la position dite "du missionnaire". C’est pourquoi il est vraiment dommage, pour eux, que le poids de vieux tabous pour l’essentiel d’origine cléricale bloquent encore nombre de couples, parfois toute leur vie, avant ces bouleversantes découvertes d’eux-même.

2 votes
(IP:xxx.xx6.34.98) le 26 août 2011 a 17H02
 (Visiteur)

Tout-a-fait d’accord avec Minga, je regrette cette diabolisation systématique du porno, même si il convient d’être prudent quant à son usage sur les sujets sensibles. Pour les sujets qui se sont trouvés sexuellement (comme moi !), le porno ne pose AUCUN problème, au contraire !

Mais c’est comme ça avec tout : les films violents, les jeux video... C’est en grande partie la fragilité du sujet qui est un terreau favorable pour les perturbations induites par ces "distractions", même si il est vrai que ces "distractions" sont trop facilement accessibles a des sujets fragiles.

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(IP:xxx.xx0.201.157) le 26 août 2011 a 08H00
 (Visiteur)

C’est vrai, la première nuit est très angoissante , surtout si tu espères un peu plus qu’un plan cul....

0 vote
par Patrick (IP:xxx.xx6.107.88) le 26 août 2011 a 21H31
Patrick (Visiteur)

Perso j’ai trouvé comment bien faire pour que tout se passe bien dans notre couple, moi et ma copine. Je lui demande de mettre des bas noirs et des talons aiguilles noirs de 12 à 14 centimètres... et rien d’autre. C’est le remède assuré pendant l’amour. C’est hyper excitant. Depuis qu’elle porte ça au lit, ça fonctionne à tous les coups et on ne se prend plus la tête. Donc plutôt que de stresser, je vous conseille cette bonne "zen attitude" pour assurer.