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Regard sur l’homoparentalité
Regard sur l'homoparentalité
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7 novembre 2012
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David Rofé-Sarfati, 14 articles (Psychanalyste)

David Rofé-Sarfati

Psychanalyste
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Regard sur l’homoparentalité

Regard sur l'homoparentalité

C’est un plateau avec quatre pieds. Il y a la table basse, la table ronde, la table à repasser, il y a la table de la salle à manger de notre enfance et la table de multiplication de l’école primaire. Il y a toutes sortes de tables et chacun de nous en connaît plusieurs, toutes différentes. Nous avons chacun la nôtre, les nôtres. Nous sommes tous d’accord sur une seule chose : sur ce qui n’est pas une table. La table est ce qui reste lorsque nous avons retiré tout ce qui n’est pas une table.

Le langage constitue un système au sein duquel les mots se combinent et évoluent d’une façon qui s’impose à ceux qui la manient. Le destin de notre inconscient est de s’exprimer par ce langage, celui-ci témoignant de celui là.

Notre pensée articule les mots avec des images ou des concepts prenant en compte le contexte, notre bio et nos affects associés. Ce qui reste universaliste est le principe de différenciation entre la table et la non-table.
 
Il en va de la même façon, ô combien, pour le genre. La différenciation des sexes, entre féminin et masculin, est un invariant mental et l’irénisme inter- genres occupera ensuite notre psyché. Nous en avons tous fait l’expérience lorsque nous avons tenté d’interpréter un de nos rêves. Nous avons substitué tel personnage du rêve à notre mère, ou à notre père ou à notre conjoint, en associant par sexe.
 
Enfant, on m’expliquait que les garçons naissaient dans les choux. J’ai refusé, pas dupe, cette explication, peut-être parce que je détestais les choux. Aussi parce que j’avais intuité à regarder ma mère et mon père, que tout s’était passé par là.
 
L’angoisse de castration procède de cette différenciation des sexes et le complexe d’Oedipe n’est qu’une contingence d’aménagement. Sans cette peur de la castration, la construction psychique échoue.
 
L’enfant adopté d’une famille homoparentale n’échappera pas à cette convention psychique. Le biologique est un indépassable. L’enfant n’acceptera sa condition que s’il s’approprie cette combine qui a consisté à faire intervenir une personne tierce dans sa conception. Ce tiers, au titre de la différenciation des sexes, est incontournable à sa construction mentale.
 
Un enfant se construit par et pour le désir de ses parents, il n’est d’abord qu’un projet porté par d’autres, son père et sa mère, eux-mêmes ayant été reconnus, soutenus par un couple d’autres, la grand-mère et le grand-père. Que le père soit déficient, que la mère soit morte n’exonèrent pas l’enfant de ce schéma. Il se pense dans une lignée. Les enfants nés sous x (é)prouvent cette claudication mentale.
 
C’est à ce titre que je ne crois pas à un enfant avec deux papas ou deux mamans, le tiers est furieusement capital. La nature est extrêmement réactionnaire sur ce sujet. Notre inconscient refuse non par moralité, comme nous le donneraient à penser les oppositions des églises, mais par substance. L’inconscient est amoral ; lorsqu’il exige la différenciation des sexes, il ordonne que le monde réel lui soit intelligible.
Il me semble.
David Rofé-Sarfati, Psychanalyste, Maisons Alfort.
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