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Préservatifs : 20 secondes chrono !
Préservatifs : 20 secondes chrono !
rubrique
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date et réactions
6 juillet 2009
Auteur de l'article
Valérie Cordonnier, 9 articles (Psychothérapeute - Sexologue)

Valérie Cordonnier

Psychothérapeute - Sexologue
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Préservatifs : 20 secondes chrono !

Préservatifs : 20 secondes chrono !

L’étape du préservatif lors d’une relation sexuelle n’est pas toujours évidente pour un homme et peut couper l’envie... comment faire  ? Voici les conseils au travers d’un exemple réel...

Préservatifs : 20 secondes chrono !Raphaël a insisté pour obtenir un rendez-vous "en urgence", ce qui de mémoire de sexologue n’est jamais bon signe, soit il s’agit d’une crise d’angoisse complètement démesurée par rapport à la banalité des difficultés à raconter, soit après de nombreux échecs restés secrets, un beau jour, ça presse, on se jette à l’eau, on appelle au secours, mais ce n’est pas forcément la meilleure façon de dédramatiser la situation… 
 
Raphaël a 28 ans, courtier en assurances en région parisienne. Il est seul depuis 18 mois, après s’être séparé de Julie avec laquelle il vivait depuis 4 ans. Tout se télescope dans l’histoire de Raphaël : sa culpabilité de n’avoir pas su s’engager à fond dans cette relation et d’avoir poussé Julie à accepter un poste d’enseignante à Bordeaux, sa tristesse face à une rupture sentimentale encore mal vécue aujourd’hui, ses difficultés à reprendre sa place dans son groupe d’amis et à sortir de son isolement. Sexuellement c’est le désert. J’apprends que l’histoire avec Julie a été sa première et la seule "grande histoire" de sa vie. L’ambiance actuelle penche donc du côté de la déprime. Néanmoins, le motif de la consultation n’est pas là. Un vent de panique souffle depuis peu sur ses tentatives de refaire l’amour : en un mot, il veut parler d’impuissance. Deux fiascos successifs la semaine dernière avec l’amie d’enfance de sa soeur lui ont fait perdre toute confiance en lui, en ajoutant que les conditions de cette rencontre étaient pourtant favorables puisqu’il se doutait que Véro était amoureuse de lui, et qu’elle a fait preuve de beaucoup de compréhension. 
 
Que la reprise des rapports fasse problème dans un tel climat d’instabilité affective n’est pas une surprise ; pour un garçon qui n’a pas beaucoup d’expérience, les repères érotiques peuvent être encore incertains, l’excitation peine à maintenir l’érection, rien que de très naturel… Je sens bien que mes tentatives de banaliser son histoire ne convainquent Raphaël qu’à moitié. C’est alors qu’il m’annonce que le problème vient des préservatifs : ses deux échecs se sont déroulés de la même façon, il "débande" avant même d’en avoir achevé la mise en place. Il a honte d’être aussi nul, dit-il, s’énerve, entre en plein cercle vicieux. Evidemment cette contrainte est nouvelle (avec Julie la question ne se posait pas) et il n’a jamais imaginé qu’une mesure de prévention qui est présentée partout comme allant de soi, allait poser autant de problèmes. 

Mes conseils

Cette maladresse si particulière, et si fréquente, doit être prise en charge comme tout nouvel apprentissage, par la répétition et l’entraînement. Au lieu de croire naïvement que la pose du préservatif est facilement insérée dans le déroulement harmonieux d’un rapport, il faut prévoir au contraire que, chez un débutant, ces gestes vont carrément parasiter l’enchaînement des émotions. Diminuer le volume de l’obstacle, c’est s’entraîner tout seul, par la masturbation et la répétition des six étapes successives de la pose : ouverture de l’emballage du préservatif, vérification du sens du déroulement, mise en place sur le gland, pincement du réservoir afin d’en chasser l’air, déroulement complet jusqu’à la base de la verge en érection, lubrification.
 
Or, s’il est habituel de conseiller, notamment aux jeunes, de s’appliquer ainsi à se familiariser avec les préservatifs en quelques essais sans risque puisque solitaires, la mise à l’épreuve "sur le terrain" fait ressortir un paramètre dont personne ne parle : il s’agit de la durée de cet entracte ! En admettant que la boite de six soit à portée de la main – ce qui est loin d’être le cas le plus fréquent - combien de temps va-t-il falloir lui sacrifier à cette fameuse séquence de mise en place correcte du préservatif ? Cinq minutes ? Deux minutes 30 ? Une minute ? Raphaël est d’accord : sa gaucherie lui a bien "coûté" deux minutes. C’est largement suffisant pour perdre le fil de l’excitation. Le but de l’entraînement solitaire est donc de limiter la durée à… vingt secondes ! Les "pros" descendent à dix secondes : Raphaël sourit pour la première fois, c’est gagné. 

Zoom : Faut-il tout se dire ?

 
La communication à tout va de notre Société n’atteint pas encore la divulgation des secrets de la sexualité : dans le couple de longue durée, 40% des maris et 27% des femmes dissimulent scrupuleusement leurs fantasmes.*
 
 
 
Jacques Waynberg
 
 
 

POST-SCRIPTUM

  • Jacques Waynberg est un des pionniers de la Sexologie française et actuellement attaché à l’hôpital Saint-Louis de Paris. Il dirige l’enseignement de Sexologie et de Santé Publique à l’Université de Paris VII. Fondateur et directeur de l’Institut de Sexologie à Paris, et également l’instigateur de nombreuses consultations spécifiques dans divers hôpitaux. Il est également expert consultant à l’OMS.

SOURCES

  • *Source : sondage CSA/Sélection du Reader's Digest, novembre 2001.
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