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Porno et pop culture : un pari dangereux ?
Porno et pop culture : un pari dangereux ?
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1er juin 2012
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Florence B., 33 articles (Rédacteur)

Florence B.

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Porno et pop culture : un pari dangereux ?

Porno et pop culture : un pari dangereux ?

C’est connu, le sexe fait vendre -et ce n’est pas Zahia ou Rihanna qui vous diront le contraire. Résultat : au sein de notre société de divertissement, les limites entre pornographie et culture populaire se brouillent de plus en plus. Un désastre ? Au-delà du jugement manichéen, l’heure est peut-être, enfin, au dialogue…

Des clips aux magazines de mode en passant par la littérature et les pièces de théâtre, la pornographie est omniprésente.

Non pas qu’elle soit un phénomène nouveau : à l’Antiquité déjà, les Romains avaient coutume de peindre sur les murs des bordels des fresques représentant des scènes à caractère sexuel pour mettre les visiteurs dans l’ambiance (et peut-être persuader les hésitants).

Quant à la littérature libertine du XVIIIème siècle, elle décrit dans un langage fleuri des scènes d’une crudité à faire pâlir Tabatha Cash.

Or, c’est un phénomène sans précédent auquel nous sommes en train d’assister. Car jamais le grand public n’a autant été exposé aux images pornographiques qui, au fil des décennies, sont progressivement sorties du cadre clandestin pour s’insinuer dans la culture populaire « mainstream ».

Les « sex-tapes » en sont un exemple éloquent. Pour certaines célébrités, ces vidéos font office de véritables coups de pub, comme le prouve l’ascension fulgurante de la starlette Kim Kardashian après la diffusion sur internet de ses ébats ; ou plus récemment l’élection de Tulisa à la tête du classement FHM après la « fuite » en ligne de sa sex-tape (« oups ! »), le tout coïncidant avec la sortie de son nouvel album. 

Si certaines pop-stars flirtent avec le domaine pornographique (ou basculent carrément dedans), la réciproque est aussi vraie. En effet, il n’est à présent pas rare de voir certaines stars du porno sortir de l’industrie du X, encore relativement souterraine, pour intégrer le paysage de la culture populaire. En témoigne l’ancienne star du X Sasha Grey, à présent actrice de cinéma (bientôt à l’affiche de Skinny Dip aux côtés de Pam Grier), et égérie de la marque de vêtements American Apparel.

Bien entendu, toute star du X devrait pouvoir se reconvertir. Mais force est de constater qu’en étant récupéré par la publicité, le porno s’éloigne du domaine souterrain et minoritaire pour rejoindre le courant dominant, devenant ainsi « cool », désirable, à la mode, et donc par définition accessible et même… encouragé.

Est-il exagéré de dire que ceux ne souhaitant pas être exposés à la pornographie le sont quand même, de gré ou de force ? En tout cas, nul besoin de chercher bien loin pour ceux souhaitant visionner un porno, un vrai. Des centaines de millions de films X sont à portée de clic pour quiconque possède une connexion internet (scoop !). L’âge moyen du premier film porno en 2012 ? Huit ans, selon la publiciste Cindy Gallop. « Et ce n’est pas parce qu’il vont taper la recherche par-eux-même », précise-t-elle au Telegraph. « C’est en général un copain qui montre les images à la récré sur son téléphone portable ; ou alors les enfants en regarderont un chez un camarade, par curiosité, pour s’amuser. »

Le fait que, même avec le contrôle parental, de très jeunes enfants aient si facilement accès à la pornographie est résolument troublant. Beaucoup se posent la question de savoir s’il est souhaitable de faire basculer le sexe dans la consommation de masse ; et si les raisons invoquées semblent diverses (objectification du corps féminin, incitation à la violence ou encore désenchantement de l’acte sexuel), elles se rejoignent bien souvent.

Même le corps médical s’y met, plusieurs spécialistes ayant accusé la pornographie d’être responsable d’une vague de dysfonction érectile qui sévirait chez les moins de 30 ans.

Néanmoins, d’autres saluent l’exhumation de la culture pornographique comme dernière étape de la révolution sexuelle. De tout mal naît un bien ?

Pour Cindy Gallop, il est temps de mettre carte sur table : l’heure n’est pas au jugement contre-productif ni à la diabolisation, mais au dialogue, car c’est bien par lui que passe l’éducation.

« La pornographie se manifeste dans les films, à la télévision, dans les clips et la mode », explique-t-elle. « Personne ne sait comment cela va évoluer, car cela ne s’est jamais produit dans l’histoire de l’humanité. Ce dont nous avons besoin, c’est d’un dialogue ouvert et constructif sur le sujet. Car bien que le porno soit partout, personne n’en parle. »

 

 

 

SOURCES

  • http://www.belfasttelegraph.co.uk/lifestyle/features/how-the-prevalence-of-porn-is-changing-our-everyday-lives-16165114.html

    http://fr.121doc.net/impuissance.html
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