Accueil du site
> Psycho & Sexo > En savoir plus sur...
Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Phobie sociale : Regardez-moi dans les yeux…
Phobie sociale : Regardez-moi dans les yeux…
rubrique
note des lecteurs
date et réactions
20 janvier 2011 | 1 commentaires
Auteur de l'article
Pr. Antoine Pelissolo, 41 articles (Psychiatre)

Pr. Antoine Pelissolo

Psychiatre
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
41
nombre de commentaires
0
nombre de votes
3

Phobie sociale : Regardez-moi dans les yeux…

Phobie sociale : Regardez-moi dans les yeux…

La phobie sociale est un des troubles anxieux les plus répandues dans la population. Il s’agit d’une peur excessive et gênante du contact avec l’autre, et surtout du regard de l’autre sur soi-même. Cette crainte peut être plus ou moins forte, et donc plus ou moins handicapante dans la vie sociale et affective. En arrière plan figure toujours une peur du jugement négatif des autres, générant des émotions d’anxiété et de honte. D’autres aspects psychologiques jouent un rôle important : mauvaise estime de soi, sentiment de culpabilité, traces de l’éducation, etc.

Mais, au-delà de ces aspects psychologiques souvent complexes, un comportement très simple témoigne de la phobie sociale : l’évitement oculaire. A un degré ou à un autre, les personnes concernées ont du mal à regarder les autres dans les yeux, à supporter le contact oculaire. On peut considérer qu’il s’agit d’une conséquence de l’anxiété et de la gêne, qui cherche à réduire le stress quand on ne peut pas éviter complètement les contacts sociaux. Mais on peut aussi faire l’hypothèse qu’il s’agit d’un réflexe très ancien et automatique, reflétant un programme du cerveau destiné à montrer sa soumission à l’autre pour éviter le conflit (« baisser les yeux »), comme certains animaux dominés face à des dominants ou à des prédateurs. Certains individus auraient ainsi la trace en eux de ce logiciel de peur et de soumission, s’exprimant à la fois par les émotions anxieuses et par un évitement oculaire. En plus des aspects psychologiques, il y aurait donc des bases très biologiques et neuronales à ces réflexes archaïques.

 

  Pour mieux comprendre ces réflexes d’évitement du regard, et en explorer les racines cérébrales, notre équipe de recherche dispose de techniques de mesure assez précises, enregistrant la trajectoire des yeux lors de l’observation d’une image sur un écran par exemple. Le résultat d’une étude récente montre clairement que, même sur une photo, les personnes souffrant de phobie sociale évitent de regarder trop longtemps et trop souvent la région des yeux de l’interlocuteur. L’image ci-dessous permet de comparer la trajectoire du regard d’une personne non phobique (à gauche) et d’une personne phobique (à droite), grâce aux traits jaunes qui décrivent les endroits où le regard s’est posé au cours des 6 secondes d’observation.

              Albert

Sans phobie sociale, on regarde l’ensemble du visage, mais surtout les yeux et la bouche, ce qui permet de reconnaître la personne et son expression. Avec phobie sociale, on évite les yeux, et on a plus de mal à stabiliser son regard. Le résultat est plus démonstratif lorsque le visage observé exprime du dégoût comme ici (ou de la colère), mais nous avons retrouvé les mêmes tendances face à toutes les émotions exprimées, même positives ou neutres.

Cette technique permet aussi d’explorer le fonctionnement du cerveau lors de la confrontation à un visage, par exemple dans une IRM, mais d’autres applications sont possibles, notamment thérapeutiques. Nous savons, en effet, que l’évitement augmente la peur, et qu’il est donc utile de se « forcer » à regarder l’autre dans les yeux. C’est une des techniques utilisées au cours des thérapies comportementales et cognitives, que l’on peut considérer d’une certaine manière comme une « rééducation » du regard.

Pr Antoine PELISSOLO, psychiatre
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Commentaires
2 votes
par pantoufle (IP:xxx.xx3.85.192) le 23 janvier 2011 a 16H40
pantoufle (Visiteur)

Regarder quelqu’un c’est une affaire très personnelle qui n’a rien à voir avec une phobie ou une quelconque soumission, il y a des gens que je trouve sympa et que d’autre n’aimeront jamais, les psy vont toujours chercher midi à 14h et essaye toujours de mettre tout le monde dans la même boite.