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Passer son bac à 13 ans : des conséquences psychologiques pour ces jeunes « génies » ?
Passer son bac à 13 ans : des conséquences psychologiques pour ces jeunes « génies » ?
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28 août 2012 | 4 commentaires
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Angélique Kosinski-Cimelière, 2 articles (Psychologue)

Angélique Kosinski-Cimelière

Psychologue
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Passer son bac à 13 ans : des conséquences psychologiques pour ces jeunes « génies » ?

Passer son bac à 13 ans : des conséquences psychologiques pour ces jeunes « génies » ?

Avoir des années d’avance sur ses camarades de classe n’est pas toujours évident. Un enfant précoce est aussi souvent hypersensible et aura tendance à préférer la compagnie des adultes. Il faut faire attention à leur maturation psychique. Dans le Finistère, une élève particulière a passé le baccalauréat en juin dernier. Explications.

Sabine n’a que 13 ans et pourtant, elle a passé le bac, avec quatre années d’avance sur ses camarades de classe de Quimper. Elle fut la plus jeune candidate de l'édition 2012 du baccalauréat de France. Passionnée de mathématiques et d’histoire, la lycéenne serait encore en 4e si elle n’avait pas sauté quatre classes. Le mot est à demi prononcé mais nous sommes en présence d’une enfant « surdouée ». Que signifie ce terme ? Quels sont les avantages et les inconvénients d’une intelligence hors norme ? Existe-il des établissements scolaires spécialisés pour accueillir les précoces ?

La précocité, c’est quoi ?

Un enfant précoce a des centres d'intérêt qui ne sont pas de son âge

Un enfant dit précoce présente des capacités intellectuelles supérieures à la moyenne des enfants de son âge. Seul un test réalisé par des psychologues permet de vérifier de tels faits. Il est fiable et mesure un Q.I (quotient intellectuel). Il analyse comment l’enfant met en place son savoir par rapport à une donnée, comment il utilise son stock de connaissances et l’envergure de ses connaissances.

Ce test ne donne pas seulement un chiffre mais permet d’élaborer une analyse qualitative. On regarde quelles sont les capacités de l’enfant mais également comment le sujet utilise ses capacités face à un problème donné. En résumé, nous analysons les connaissances scolaires et les connaissances dites propres, celles que l’enfant acquiert seul, en autodidacte.

Mais attention, l’enfant précoce présente également un revers : c’est un enfant hypersensible. Il a peu de relations avec ses pairs préférant la compagnie d’adultes. Ses centres d’attraction sont différents des enfants de son âge qui se préoccupent des petites voitures ou de poupées. L’enfant précoce préférera observer les interactions entre les fourmis, par exemple et s’intéressera à des thèmes plutôt philosophiques pour son âge : la création du monde, l’univers, la guerre et la paix dans le monde et autres divertissements de ce genre.

Des enfants singuliers

Grosse pression pour les enfants précoces

Comment reconnaitre un enfant précoce ? Très tôt, un enfant précoce aura de l’avance sur les autres. Il marchera tôt, parlera tôt et fera moins de bêtises. Bien des parents sont fiers d’avoir un enfant à fort potentiel. Ces enfants sont singuliers. Ils sont brillants à l’école, comprennent plus vite que les autres. Ils peuvent également présenter une vitesse de traitement de l’information très élevée. Ces éléments font forcément pencher vers une tendance à faire sauter une classe.

Ces éléments induisent forcément un ennui en classe, un désinvestissement social par rapport aux enfants de son âge. L’enfant précoce s’identifie plus au monde des adultes. Les questionnements sont plus intellectualisés, plus raisonnés. D’où un risque de décrochage avec leur milieu scolaire.

Prendre son temps pour grandir

Les enfants précoces sont certes brillants mais, ils fréquentent souvent les cabinets de psys ! Pourquoi ? Une fois qu’ils ont sauté une ou deux classes, leurs capacités intellectuelles sont enfin prises en compte. Ils s’épanouissent intellectuellement. En revanche, la maturation psychique n’est jamais au rendez-vous. Le psychisme évolue toujours dans un temps donné qui n’est pas toujours celui de l’acquisition intellectuelle. On peux dire que tel ou tel enfant est plus mature à son âge mais cette avance est rattrapable par les autres.

En d’autres termes, un enfant précoce risque d’être encore plus en décalage s’il saute beaucoup de classes. En effet, un enfant de 16 ans n’a pas du tout les mêmes centres d’intéret qu’un jeune de 12 ans. Le premier commencera à s’intéresser aux relations amoureuses tandis que le second commencera à découvrir l’existence du bisou sur la bouche ! Le Q.I n’a plus rien à voir.

Quelles solutions ?

Ne pas hésiter à stimuler l'enfant précoce tout en l'écoutant

Les enfants surdoués ont tendance à être stigmatisés. Ils sont mis en avant pour leur intelligence mais les gens ont tendance à occulter leur psychisme. Ce sont des enfants particulièrement fragiles psychiquement parce-qu’ils sont obligés de grandir plus vite que les autres et sont plus fins face aux interprétations, aux interactions sociales. Je pense qu’ils ont au contraire besoin d’anonymat et de compréhension. S’ils souffrent trop au sein d’un établissement scolaire classique parce que trop différents et trop enviés (hélas !), ils sont rejetés. Avec toutes les conséquences que cela suppose.

Une des solutions est de stimuler l’intellect par le ludique en l’inscrivant, par exemple aux échecs, à des rencontres de réflexion, sans oublier le physique. Une tête sans stimulation corps n’est rien !

Et si votre enfant semble toujours triste, décalé, sans ami, n’hésitez pas à l’inscrire dans une école dite spécialisée pour les surdoués. L’enseignement y est différent puisque les professeurs ne se contentent pas de faire découvrir le programme officiel. Ils vont toujours plus loin dans la réflexion puisque les élèves vont plus vite que la moyenne. Par ailleurs, ils savent les stimuler. Et plus important encore, c’est que tous ces enfants sont identiques. Ils ne se sentent donc pas exclus ni jalousés par les autres. Il faut toujours être à l’écoute de ces enfants si particuliers.

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Commentaires
4 votes
par Camille (IP:xxx.xx4.218.51) le 28 août 2012 a 14H26
Camille, 453 articles (Rédacteur)

PPDA (Patrick Poivre d’Arvor), bachelier à l’âge de 15 ans, illustre bien cet article.

0 vote
par Paconform (IP:xxx.xx3.58.53) le 28 août 2012 a 18H18
Paconform (Visiteur)

En gros il y a deux tiers d’échec à l’école parmi les surdoué et la réussite du troisième tiers ne sera le plus souvent que scolaire/professionnel. Ne pas maintenir ces enfants à l’école pour en éviter les nuisances, le monde est beaucoup plus riche ailleurs, mais... il faut que vous soyez des parents DISPONIBLES. Il faut ACCOMPAGNER (et pas DIRIGER), il faut ALIMENTER (pas stimuler). Vous devrez vous surveiller pour ne pas heurter sa sensibilité, son sens de l’équité, son respect de la vie (ne pas écraser d’insecte). Ne manquez pas de renforcer la confiance qu’il a en lui, dans les autres et surtout en vous, il a besoin, plus encore que les autres enfaqnts d’avoir la preuve que votre protection parentale est sans faille et sans conditions etc...etc...

0 vote
par Contrelabienpensance (IP:xxx.xx9.115.174) le 29 août 2012 a 11H30
Contrelabienpensance (Visiteur)

Merci pour cette réponse évidente. L’échec des surdoués s’élève à des dizaines de milliers chaque année, un vrai scandale. Il faut revoir tout le système mais comme l’école ne rapporte rien, personne ne veut s’en occuper.

Bien à vous

2 votes
par Christian Navis (IP:xxx.xx0.35.128) le 29 août 2012 a 13H16
Christian Navis (Visiteur)

L’erreur majeure amha est de tracer une ligne arbitraire, à partir de laquelle on détermine qui serait en avance ou en retard. Comme si tous les humains étaient égaux dans l’ordre des capacités de l’esprit et surtout identiques dans leur "vitesse" de progression.

C’est d’ailleurs un bizarrerie de l’égalitarisme français : on trouve normal que, dans les sports, certain(e)s courent, sautent, nagent plus vite que les autres. Et les jeunes chez qui on détecte des performances supérieures sont choyés, couvés, entraînés pour faire de futurs champions.

Mais on répugne à admettre que certain(e)s dotés par la nature de facultés intellectuelles inhabituelles puissent devancer leurs contemporains. Aussi fait-on comme s’ils n’existaient pas, meilleur moyen de les décourager pour les déclarer ensuite inadaptés ! Or les vraies élites, celles qui enrichissent une nation, sont celles de l’esprit et de la créativité. Pas les satrapes de la finance, de la politique ou des média. Le comprendra-t-on un jour ?