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Nucléaire : le premier risque est psychologique
Nucléaire : le premier risque est psychologique
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18 mars 2011 | 2 commentaires
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Laurence Roux-Fouillet, 95 articles (Sophrologue)

Laurence Roux-Fouillet

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Nucléaire : le premier risque est psychologique

Nucléaire : le premier risque est psychologique

Ce matin sur Europe 1, le Pr Jean-Claude Artus, spécialiste de la médecine nucléaire au centre de Valdaurelle à Montpellier faisait le point sur les risques de santé liés à une catastrophe nucléaire. Or il relève que le premier risque encouru... est psychologique.

L'organisme est sensible à la radioactivité - mesurable en millisieverts (voilà un mot précis que nous avons dû ajouter à notre vocabulaire). Un taux estimé comme "dangereux" à partir de 150, avec risque de développer, à terme, des cancers. Ou pas. Or les symptômes d'une irradiation (nausées, vomissements, fatigue...) n'apparaissent qu'à partir d'une exposition à 1000 millisieverts. Entre les deux, impossible de savoir si on est "contaminé" ou non, par un rayonnement que l'on ne sent pas. Impossible de savoir si on court un danger, si on risque d'être malade, et quelles conséquences cela aura. L'ennemi est invisible, le risque aléatoire, et l'anxiété certaine. Pour les japonais, cette catastrophe entre en résonnance dans leur inconscient collectif avec le traumatisme d'Hiroshima et Nagasaki, qui laissera certainement des traces psychologiques sur plusieurs générations. On a réveillé une peur ancienne que l'on croyait enfouie. 

Parmi les "liquidateurs" de Tchernobyl, beaucoup sont morts par suicide, après des phases dépressives assez longues. L'incertitude qui pèse sur une personne potentiellement irradiée génère une anxiété pour toute la vie.
Qui plus est, ce risque psychologique touche aussi les personnes non directement concernées, par contagion de l'angoisse. Les médias ne sont pas étrangers à la propagation de ces mauvaises ondes... Ainsi, les Européens que nous sommes s'interrogent sur les conséquences de ces radiations sur le vent, l'air que nous respirons, les aliments que nous allons manger... Que dire de l'avenir de nos enfants !

Ces événements concentrent toutes les caractéristiques d'un stress d'angoisse : imprévisibilité, aléa, absence de contrôle. Nous nous sentons aussi démunis qu'apeurés.
Depuis le début de cette semaine, se succèdent dans mon cabinet des personnes (clients, élèves, stagiaires...) réellement angoissées par la situation. Cela me rappelle les "crises" précédentes, qui génèrent des réactions dans les jours qui suivent : crise financière de 2008, pandémie grippale de 2009... Avec cette peur latente qui tourne en boucle "C'est de pire en pire, qu'est ce qui va se passer maintenant ?" 

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Commentaires
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par Chosun (IP:xxx.xx1.222.253) le 22 mars 2011 a 07H53
Chosun (Visiteur)

Il est des notions fondamentales en matière de nucléaire que peu connaissent. Il y a souvent (voire tout le temps confusion entre irradiation et contamination). Nous sommes irradiés lorsque nous nous trouvons dans le champs d’un matériaux irradiant. Ex : si vous vous trouvez proche d’un amas d’uranium, plutonium, radium (etc soit tout autre nucléide radioactif) vous êtes alors soumis à une irradiation. Cette irradiation cesse si vous vous éloignez de la source. Vos cellules auront peut être souffert en fonction de la puissance de cette source et du temps pendant lequel vous avez été soumis à ces radiations. Par contre vous serez contaminés lorsque des éléments radioactifs ce seront déposés sur votre corps, vos vêtements, voire si vous les avez ingérés. Vous êtes alors vous même devenu une source de radiation (et donc vous êtes alors dangereux pour votre entourage) et il faut d’urgence que vous soyez décontaminé. Ainsi, lorsque l’on voit des techniciens japonais scruter le corps de leur congénères avec un détecteur ,c’est non pas pour voir s’ils ont été irradié (c’est impossible de le savoir à moins qu’ils aient des symptômes "médicaux") mais pour savoir s’ils ont été contaminé. Ceux qui auront été détecté "positifs" devront être décontaminé (lavage des vêtements, douche du corps etc...)

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par Aristide (IP:xxx.xx3.209.34) le 22 mars 2011 a 18H39
Aristide (Visiteur)

On sait maintenant qu’une catastrophe nucléaire telle que celle de Fukushima peut arriver partout, y compris chez nous. Si ce n’est pas par un tremblement de terre, un tsunami, ce peut-être par une économie de moyen ou d’équipement, par une grande sécheresse, une erreur d’appréciation, une panne, une maladresse technique, un acte de terrorisme, une grave tempête, ... ou la conjonction de deux voire trois évènements simultanés ou successifs. Car les précédents accidents, même en France, prouvent que tout n’est pas prévu, loin s’en faut.

L’idée qu’il pourrait être nécessaire de faire sa valise rapidement et brutalement pour partir définitivement en tout abandonnant génère une angoisse bien palpable actuellement chez les habitants vivant aux environs d’une centrale nucléaire (19 en France). Les conséquences psychologiques de cette angoisse actuelle et sans doute durable se manifesteront sûrement bientôt.