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Moi, schizophrène...
Moi, schizophrène...
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25 mai 2012 | 31 commentaires
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qyutiun, 1 article (Rédacteur)

qyutiun

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Moi, schizophrène...

Moi, schizophrène...

C’était il y a environ 13 ans, presque 14. J’étais alors étudiant. Les choses ont commencé quand j’ai découvert cette façon silencieuse qu’ont les esprits de communiquer entre eux, par des images, des impressions fugaces ou des mots. Les choses ont vraiment commencé quand cette découverte s’est imposée à moi, par la force des choses, d’une manière si forte, troublante, récurrente et indubitable que je ne pouvais plus raisonnablement l’ignorer.

Au début il était assez gênant de m’apercevoir que certaines des idées qui me venaient à l’esprit pouvaient ne pas être totalement miennes, qu’elles aient aussi bien pu être induites par le cheminement des pensées d’un autre. Mais le plus gênant était encore de penser que réciproquement, l’autre pouvait s’apercevoir de ce que je percevais sa pensée, puis de ce que moi même je pensais. Mon esprit était à nu. Chacun de mes états d’esprit, je le concevais désormais comme étant potentiellement perçu par d’autres, ce qui induisait de nouvelles pensées (comme des excuses ou des justifications) que normalement je n’aurais pas dû avoir dans l’enceinte privée de mon esprit.

Et ainsi de suite, en boucle. Comme une boule de neige dévalant la pente, grossissant dans sa chute, mon esprit s'emballe et je ne peux plus l’arrêter. Ca commence au réveil, ça s’installe doucement et ça ne me quitte plus de la journée. Il était devenu très difficile de sortir, de marcher dans la rue, de suivre des cours, d’assister à des réunions de famille : le regard des autres était devenu une véritable souffrance.

La paranoïa


Ce qui me troublait, c’était qu’une telle chose dont l’évidence me paraissait désormais éclatante fut à ce point cachée, ou ignorée. Cachée, forcément, car ces discussions que j’entretiens en mon esprit avec d’autres personnes, eux aussi, nécessairement, les entretiennent, et donc ils ne peuvent ignorer que ce phénomène existe... C’est en tout cas ce que je croyais. Je n’arrivais donc pas à comprendre, et je pu croire, par instant, qu’une espèce de règle tacite empêchait quiconque d’en parler ouvertement, bien que beaucoup fussent dans la confidence. Mais ce qui était silencieux devait le rester. Je suivais cette règle, surtout pour ne pas passer pour un fou, mais ce non-dit était pesant, presque invivable.

Puis je me suis aperçu assez rapidement qu’il n’était pas nécessaire d’avoir une personne en face de moi pour partager avec elle des pensées. Il me suffisait de l’avoir en mon esprit. Alors mes nuits devinrent blanches. Le même emballement, le même effet boule de neige, me faisait croire que chacune de mes pensées pouvait bien être perçue par quelqu’un — et immédiatement ça devenait vrai, puisqu’alors je pensais à quelqu’un. Je ne dormais quasiment plus et me réveillais l’esprit épuisé.

La nuit je voyageais sans jamais pouvoir m’arrêter, sans jamais pouvoir me taire. Est-ce que je n’incommodais pas tout le monde à penser trop fort ? Tout au plus pouvais-je essayer de penser à une personne pour en soulager une autre, mais tout ça n’était pas si simplement dépendant de ma volonté. Je n’arrivais plus à simplement me retirer en moi même, je n’étais plus jamais seul au calme. J’ai bien cru à cette époque que la paix de l’esprit m’était interdite à jamais, et bien que non croyant, j’ai prié de toutes mes forces pour que ce ne soit pas le cas.

Moi qui auparavant étais féru de science et de raison, fustigeant avec arrogance toute forme d'irrationalité, y compris religieuse, voilà que la simple possibilité de la télépathie, indubitablement constatée (et plus encore puisqu’elle était désormais, au centre de mon existence et en chacune de mes pensées, l’objet d’une confirmation permanente), voilà que cette simple possibilité avait simplement balayé les fondements très cartésiens de mon esprit, ouvrant la voie à différentes formes de superstition. C’est le pouvoir causal de l’esprit qui s’était révélé à moi, son absence de limites franches, et il n’y avait donc plus de raison de le croire cantonné à quoi que ce soit, ni dans l’espace, ni dans le temps, ni dans son domaine d’application.

J’ai donc naturellement renoué avec la pensée magique de l’enfance. J’envisageais que le hasard pouvait être porteur de sens, ou révélateur d’une volonté cachée. Je faisais toutes sortes d’associations entre ce qui me traversait l’esprit et les événements du monde extérieur, et j’ai commencé à avoir peur de mes propres pensées : si je pense trop ainsi, trop négativement, les choses vont se passer ainsi. Mais voilà que le simple fait de l’envisager m’y fait penser... C’est peut-être déjà trop tard. Comment fait-on pour ne pas penser à quelque chose ? Impossible. J’ai certainement raté plus d’un entretien important par l’entremise de ce type de prophéties auto-réalisatrices qui ruinaient toute confiance en moi.

Ma personnalité s’était donc dissolue petit à petit. Tout ce qui constituait auparavant les bases stables de ma vie intérieur et de ses frontières bien délimitées s’était simplement effondré, évanoui. J’avais perdu toute assurance. Je ne vivais plus rien normalement, puisque mon esprit était à nu, qu’il ne m’appartenait plus. J’étais à peu près incapable de me concentrer ni de vivre la moindre passion dans quelque activité que ce soit, trop obnubilé que j’étais par le simple cours de mes propres pensées, trop occupé à tenter, en vain, de le maîtriser ; comme un jet d'eau qui ne ferait que m'éclabousser quand j'essaie de le contrôler.

Le recouvrement


Voilà les difficultés dans lesquelles je me trouvais. Après plusieurs mois, un médecin m’a diagnostiqué schizophrène : j’avais des hallucinations auditives, j’entendais des voix... Bien entendu je ne l’ai pas cru : comment cet homme ose-t-il affirmer que mes propres pensées sont des hallucinations ? Quelle erreur de diagnostic. Le problème n’était pas dans la présence de pensées ou de sensations qui ne devraient pas être là, il était dans la croyance qui leur était associée. Et même ainsi on est loin du compte, car finalement ce n’était pas mon nouveau système de croyances qui posait problème, mais bien plus que l’ancien, celui que partagent tous les gens “sains”, s’était effondré irrémédiablement. Non pas l’apparition de nouvelles croyances, donc, mais la disparition d’anciennes, et toute tentative de les rétablir était de toute façon vouée à l’échec. Je ne pouvais plus croire, je n’avais plus aucune raison de croire, que la moindre pensée m’était nécessairement privée. Et vous tous, les gens “sains”, je vous le dit : vous avez tort de le croire.

Toujours est-il que j’ai commencé à prendre des médicaments, dont j’ai peine à dire s’ils m’ont été utile. Sans doute calmaient-ils mon esprit ? Il faut dire qu’à l’époque, il n’était plus vraiment question de parler d’état “normal”, et donc je ne suis pas certain d’avoir été en mesure d’évaluer ces effets. J’ai également suivi une cure psychiatrique, dont je n’ai aucune peine à dire qu’elle m’a été inutile. Il m’a semblé qu’un médecin refusant de comprendre que la télépathie était une réalité ne pourrait m’aider. Cependant j’évitais plus que tout d’affirmer ouvertement l’existence de la télépathie — préférant dire que tout allait bien, ou mieux, ce qui n’était pas totalement faux, de peur qu’on me croit fou. Cette situation délicate m’empêchait simplement d’entamer la cure avec mon psychiatre, quelle qu’elle puisse être, et il y mis fin après deux séances, avec pour justification un refus du patient de coopérer.

Les choses, effectivement, finissaient par s’améliorer, bien heureusement. En quelque sorte, j’ai fais ma thérapie seul.

Elle a consisté surtout en l’adoption d’une technique qui s’apparente à la méditation. Celui qui médite doit éviter de s’accrocher aux idées qui lui traversent l’esprit. Mais il ne doit pas non plus s’opposer à elles ni chercher à les repousser. Il ne doit pas vouloir les contrôler, simplement les laisser le traverser, comme des nuages. C’est ce que j’ai commencé à faire. Laisser couler. Ne pas chercher à tout maîtriser. Relativiser, ne pas avoir peur. Qu’importe que cette idée ci trouve son origine dans le cerveau d’un autre, ou pas ? Si je ne puis avoir la main sur le cours de ces pensées, qu’il en soit ainsi. Il est inutile de lutter. Qu’importe que celle là puisse être connue d’un autre, ou pas ? Et puis qu’en sais-je ? Je ne suis pas dans la tête de l’autre. Certaines associations s’avèrent être des coïncidences. Il faut faire le tri, il faut être sceptique.

Pourquoi croirais-je qu’une idée est vraie simplement parce qu’elle me traverse l’esprit ? Qu’untel ait une pensée qui puisse m’être communiquée sans un mot, voilà une chose ; qu’elle ne puisse être mal interprétée quand je la reçois en est une autre, et que cette pensée corresponde nécessairement à une vérité, c’en est une troisième. Alors dois-je prendre pour argent comptant tout ce qui me passe par la tête, toutes mes intuitions, simplement parce que j’en ai l’impression ? Certaines vérités sont bien trop locales pour être prises au sérieux : elles se défilent au premier changement de perspective. Alors peut-être, après tout, suis-je à l’occasion la victime d’effets de perspective...

Et puis au fond, que toutes les idées ne m’appartiennent pas ne signifie pas qu’aucune ne m’appartienne, ni que toutes soient étalées sur la place publique. Et qu’importe. Je n’ai pas à me poser ce genre de question. Je n’ai pas à rougir de ce que je pense, je n’ai rien à cacher. C’est moi le maître de ces lieux.

Ainsi j’ai commencé à reconstruire, petit à petit, une identité.

La télépathie


La télépathie ne s’apparente pas à un transfert d’information, pas même tout a fait à un dialogue, mais plutôt à un partage de pensée, imparfaitement maîtrisé, imparfaitement réalisé et dépendant de chacun des protagonistes et des circonstances. Il s’agit non pas d’un déplacement des pensées d’une personne à une autre, mais bien plus d’une absence de frontière entre les pensées des uns et des autres.

On ne saurait expliquer par la science pourquoi un esprit et un seul émerge en tel corps. Cette unité, fondamentalement incompatible avec la réduction scientifique du tout à ses parties, est bien mystérieuse. Et bien c’est simplement faux, ou pas tout a fait vrai, les choses ne sont pas si cloisonnées et les esprits se mêlent. Nous sommes bien plus dans le monde et bien moins dans notre corps que nous ne l’imaginons, bien plus avec les autres et bien moins avec nous même. Le monde est peuplé de pensées. Pas de dualisme, donc, pas d’âme derrière tout ça — bien au contraire, le plus pur naturalisme. Il n’est pas question de gagner au loto en prévoyant les nombres à l’avance, et pas même de transmettre à coup sûr quelque information précise à une autre personne. Il s’agit d’une chose bien plus diffuse, bien plus vague que ce que je m’imaginais en premier lieu : sentir une ambiance, saisir un état d’esprit. Le ressenti, l’intuition. Et parfois aussi des mots, des images et des phrases... Mais après tout, bien rares sont celles qui ne nous échappent pas aussitôt qu’on croit les détenir.

La télépathie n’est pas un phénomène extraordinaire ou magique qui se produirait dans des circonstances exceptionnelles, qui serait le fait de personnes exceptionnelles, mais un phénomène quotidien. C’est même, j’en suis persuadé, le fondement de toute forme de communication, même de celle de ceux qui l’ignorent. Elle est je pense au coeur de la cognition, c’en est simplement la forme la plus pure, le principe essentiel.

On pense qu’il est possible d’apprendre les idées d’un autre simplement en étant soumis à leur expression langagière par un espèce de décodage algorithmique mais c’est en fait une mise en contact avec l’idée elle même qui a lieu, et dont le langage n’est que l’induction. On pense que toute perception est réductible à la somme des sensations atomiques qui lui donnent lieu, mises en rapport aux souvenirs, mais ce n’est là qu’une simplification de principe qui ne résiste pas à l’examen. Si le battement d’aile d’un papillon peut générer une tempête à l’autre bout du globe, pourquoi donc la pensée silencieuse d’un autre serait-elle incapable de générer son double en mon esprit ? Ne serait-ce pas ça, le fondement de la communication ?

La télépathie telle que je la conçois est donc un phénomène quotidien mais diffus, vite dominé par la communication traditionnelle qui est bien plus efficace et bruyante. Voilà pourquoi la plupart des gens n’y croient pas. Il n’est pas besoin d’y croire pour réussir à communiquer. Il n’est pas besoin de connaître la loi d’archimède pour savoir nager. Les gens peuvent tout à fait entretenir des conversations télépathiques avec moi, et même entre eux, sans pour autant croire que la télépathie est réelle.

Vous n’êtes pas obligé de me croire, c’est ma vision des choses, mais j’ai aujourd’hui suffisamment de connaissances en philosophie de l’esprit contemporaine pour savoir que ces vues ne sont pas si irrationnelles qu’il n’y parait, ni si incompatibles avec le savoir scientifique, qu’elles portent même parfois de jolis noms...

Les gonds


Ainsi les gens pratiquent la télépathie comme Monsieur Jourdain fait de la prose. Ils laissent courir leur pensées sans trop y accorder d’importance, pensant les uns aux autres, ensemble, mais chacun dans son coin.

Je n’ai qu’à faire comme eux : n’y accorder aucune importance. Quoi de plus ridicule qu’une personne qui, dans un lieu public, comme à l'affût de signaux invisibles, semble se répondre à elle même par diverses expressions du visage ? Faisons donc bonne figure. Faisons comme si de rien n’était. L’important, la seule chose qui compte, est de reprendre les rennes de mon esprit. Non pas en croyant que je dois maîtriser la moindre de mes pensées — c’est la meilleure façon de perdre pédales — mais au contraire en me concentrant, de manière pragmatique, sur ce qui est à ma portée, sur ce qui est de mon ressort, en me limitant volontairement à ce que je maîtrise et sans me préoccuper des autres. Commençons petit, ne soyons pas trop exigeant. Mais surtout, ne renions rien.

Ainsi j’ai pu reconstruire, petit à petit, un noyau dur, un nouveau moi. J’ai pu le consolider, l’étendre. J’ai pu recouvrer un monde intérieur. Ce moi n’est pas aussi rigide qu’avant — mais n’est-ce pas sa rigidité qui l’avait fait s’effondrer ? Il est donc plutôt — n’ayons pas peur des clichés — comme le roseau qui ploie sous le vent.

Wittgenstein parle de ces “gonds” de la pensée, ces certitudes au sujet desquelles il n’est pas même question de parler de vrai ou de faux, puisque ce sont sur elles que l’on base nos jugements. Ce sont les gonds sur lesquels s’articulent nos croyances, comme une porte qu’il faut fixer pour qu’elle puisse tourner librement. Rétrospectivement, je conçoit la schizophrénie comme la rupture d’un gond. Certaines croyances qui étaient constitutives de mon esprit, de tout mon être, ont simplement volé en éclat, et la porte, faute d’être fixée, s’est mise à branler de manière incontrôlable.

Je ne pense pas, quand une telle chose se produit, que la meilleure chose à faire soit de réparer le gond. Pourtant c’est un peu ce qu’on fait quand on dit à un malade qu’il est victime d’hallucinations et que puisqu’il en souffre, ce sont ces hallucinations qu’il faut éliminer. Doit-on parler d’illusions, à propos de la vie intérieur d’un schizophrène ? La notion même de vérité a-t-elle sa pertinence ici ? La télépathie est contestée sur le plan scientifique, certes, mais demande-t-on à tout être sain de se conformer à la vérité de son temps, de se faire l’écho du consensus scientifique ? Jusqu’à quel point faut-il intégrer les représentations socialement établies pour être considéré comme “sain” ?

Et puis quelle erreur et quelle suffisance que de penser que la souffrance d’un sujet puisse provenir de croyances fausses, alors qu’il s’agit bien plus de l’absence d’une croyance que tout le monde pense vraie. Non pas d’un quelconque désir qui aveugle, mais d’un doute qui ronge, d’une perte de foi, excessive, peut être, mais légitime, en la clôture de l’identité individuelle.

En traitant le patient ainsi, on tente désespérément de fixer la porte sur d’anciens gonds affaiblis. Un jour, à n’en pas douter, elle rechutera, et de nouveau, il faudra la refixer. Mieux vaut donc repartir à zéro et chercher de nouveaux gonds, avancer pas à pas pour trouver des points d’appui sûrs. Au fond le schizophrène a besoin de philosophie plus que de psychologie. Ce n’est pas lui même qu’il doit questionner (il est déjà obnubilé par sa propre personne), pas même son histoire personnelle ni ses relations familiales, qui jouent souvent un rôle accessoire, mais plutôt ses représentations du monde, sa perception de la réalité ; encore une fois, non pas dans l’optique d’une restauration, surtout pas d’une normalisation, mais dans celle d’une reconstruction sur de nouvelles bases. Rien ne sert d’imposer ni de restaurer des croyances : seul le doute peut soigner le doute.

Facile à dire, n’est-ce pas ?

Aujourd’hui


C’est vrai, c’est plus facile à dire qu’à faire. D’ailleurs mon intention n’est pas de juger la pratique thérapeutique actuelle. J’en ai une connaissance bien trop parcellaire. Et puis mon cas n’est certainement pas parmi les plus graves, et il n’a pas valeur de généralité. De plus, les choses étaient peut-être plus compliquées et plus intriquées alors qu’elles ne le paraissent aujourd’hui. Je n’en révèle ici que les aspects les plus prégnants. Je ne veux rien affirmer de catégorique, simplement exprimer un avis et partager mon expérience. J’espère que mon expérience pourra en aider d’autres à mieux comprendre.

Aujourd’hui, je vais mieux, merci. J’ai repris la barre du navire. Plus personne n’a le droit de me dire ce que je dois penser, et je n’ai tout au plus qu’un intérêt curieux pour ces idées qui éclatent en moi comme du pop corn, ce qui, j’en suis persuadé, loin d’être un quelconque symptôme, est un phénomène des plus communs de l’esprit. Parfois il m’arrive de me demander d’où, de qui elles peuvent bien venir, et même parfois — quelle folie ! — d’en tenir compte... Ce genre de questions et ce genre d’attitudes, peut-être, d’autres ne les ont pas.

Je n’aurais pas la présomption d’insinuer, d’un air entendu, qu’il existe une norme à l’existence et que vous et moi savons ce qu’il en est. Je ne vous dirai donc pas que j’ai recouvré une vie normale. Simplement, aujourd’hui, ma schizophrénie — si tant est qu’elle existe toujours, qu’elle ait jamais existé, mais peut-être devrais-je dire ma croyance en la télépathie, bien qu’il me semblerait plus naturel de parler de ma connaissance ou pratique de la télépathie, comme il me paraîtrait saugrenue de parler de ma croyance en la communication — cette chose, donc, aujourd’hui, ne me fait plus souffrir et ne constitue pas un obstacle à mes relations sociales ni à mes projets. Elle est a peu près invisible. Donc, oui, en un sens, on peut dire que je suis normal, parfaitement normal : je suis conforme à ma propre norme, et cette chose, jadis monstrueuse mais qu’aujourd’hui on devine à peine, fait partie de cette norme.

On m’avait parlé, à l’époque, d’une possibilité de rechute. Mais d’où pourrait-elle venir ? Je ne me suis jamais contraint par la force à retrouver un mode de pensée “normal”. C'aurait été me renier, accepter d'être fou. C'est pourquoi en dépit de la souffrance qu'elle me procurait, je n’ai jamais essayé de refouler la "folie", d'y voir un "mal", de l’éliminer, vivant ensuite dans la peur qu’elle revienne un jour me hanter. Je ne l’ai pas enfermée dans un placard que j’aurai fermé à double tour, priant pour qu’il ne cède pas. Non, je l’ai mangée. Je l’ai pleinement digérée.

Elle est toujours là, en chacune de mes pensées, mais elle ne m’inquiète plus, bien au contraire : c’est une richesse formidable.

Aujourd’hui j’ai renoué avec l’esprit rationnel de mon enfance, mais il est sans doute plus ouvert et plus souple, plus subtil, moins affirmatif, et donc bien plus durable qu’il ne l’était. Aujourd'hui je ne crois plus aux identités comme à des choses invariables et définies. Je ne crois plus que mes gonds puissent tenir indéfiniment et je suis près à les lâcher s’il le faut. Qu’importe. Je ne m’accroche pas aux certitudes. Le doute est mon sérum. Le ciel peut bien me retomber sur la tête. Je le laisserai, tant que faire se peut, me traverser comme un nuage.

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Commentaires
4 votes
(IP:xxx.xx0.151.94) le 25 mai 2012 a 11H42
 (Visiteur)

Salut qyutiun, ton article a ouvert un jeu d’échos et de résonnances en ma présence... Pour des études ’alternatives’ (comprendre issues de tradition différentes) de l’homme, de sa conscience et de l’esprit (en vrac) : Krishnamurti/Gurdjieff/Castaneda/Melchizédek. Je te confirmes, rien ’d’anormal’ dans tes perceptions.

2 votes
par qyutiun (IP:xxx.xx6.166.214) le 25 mai 2012 a 15H30
qyutiun, 1 article (Rédacteur)

Merci pour ces références !

4 votes
par zic_quili (IP:xxx.xx2.58.118) le 25 mai 2012 a 12H53
zic_quili (Visiteur)

Bonjour, touchant et interessant votre article. Votre vecu, en fait.

Remplacez le mot "Telepathie" par le mot "Empathie". C’est, pour moi, une cle pour essayer de ressentir ce que vous exprimez, et des lors, tout coule de source, tres naturellement. Sans peur, sans obsession, sans paranoia. Oui, une communication privilegiee est basee sur l’empathie. Comme vous l’ecrivez si bien, des lors, la forme comme le contenu, l’energie degagee, la qualite des silences font de cette communication un moment de partage des pensees, de partage de son moi/de son monde interieur, cree une richesse humaine particuliere mais sans que cela soit associe a un quelconque trouble, une quelconque anormalite ou maladie .

Peut-etre desormais avez-vous une fascinante capacite d’ecoute et de comprehension des personnes de votre entourage. Un privilege que vous meriteriez bien, vu le chemin de croix traverse.

3 votes
par qyutiun (IP:xxx.xx6.166.214) le 25 mai 2012 a 15H33
qyutiun, 1 article (Rédacteur)

C’est effectivement cette voie médiane entre un rationalisme trop exigu et la "paranoïa" qu’il convient d’atteindre pour trouver l’équilibre. Reste que l’empathie revêt parfois des formes étonnantes...

0 vote
par zic_quili (IP:xxx.xx2.58.118) le 26 mai 2012 a 22H34
zic_quili (Visiteur)

Pourriez-vous nous dire quelles formes etonnantes l’empathie peut prendre ? Je serais interesse de lire votre reponse, car je pense que, maintenant que vous avez trouve votre equilibre, vous etes en mesure de ressentir et de communiquer d’une maniere qui peut etre extraordinaire :)

Par rapport a la "folie" que vous avez integree a votre moi dans un processus d’acceptation qui vous a permis de trouver une stabilite, une paix interieure, comme vous nous l’expliquez tres bien, cela m’a immediatement rappele ces paroles de Thiefaine « La folie m’a toujours sauvé et m’a empêché de devenir fou ». Il ne fait pas allusion a la meme chose, je suppose, mais je trouve l’analogie amusante.

0 vote
par qyutiun (IP:xxx.xx0.215.141) le 27 mai 2012 a 22H32
qyutiun, 1 article (Rédacteur)

En réponse à zic_quili : Je faisais simplement référence à ce qu’il y a dans l’article, à des choses vécues comme "paranormales". Je ne suis pas sûr d’être quelqu’un d’extraordinaire, après tout...

2 votes
par montagnais (IP:xxx.xx9.17.186) le 25 mai 2012 a 14H59
montagnais (Visiteur)

"Le ciel peut bien me retomber sur la tête. Je le laisserai, tant que faire se peut, me traverser comme un nuage."

Excellent article.

Il existe des modes de communication et de perception en dehors de la pensée.

1 vote
par qyutiun (IP:xxx.xx6.166.214) le 25 mai 2012 a 15H37
qyutiun, 1 article (Rédacteur)

merci !

1 vote
par easy (IP:xxx.xx5.42.174) le 25 mai 2012 a 15H39
easy (Visiteur)

Bonjour

Vous dites que la science ne reconnaît pas la télépathie et qu’il n’y a pas de raison de suivre son avis.

Il se trouve que le sujet de la télépathie a été considéré par tous les êtres humains depuis la nuit des temps et selon tous les biais possibles et imaginables. La science ne s’en étant mêlée que récemment.

Et il se trouve aussi que ce concept de télépathie a été énormément désiré. Dès qu’ils l’ont pu, les hommes ont créé le téléphone.

Ce concept a donc été très fouillé et très désiré.

Or, malgré tous les biais d’étude, toutes les expériences et tous les désirs qu’elle existe, la télépathie n’est pas établie. Même quand deux personnes veulent télépather, elles n’y parviennent pas.

L’esprit de chacun reste donc confiné en son secret et ne passe pas à l’extérieur s’il ne s’exprime pas, volontairement ou involontairement et au minimum par quelque attitude ou odeur. Autrement dit, une personne isolée des autres par un mur ou la distance ne peut pas avoir sa pensée découverte par qui que ce soit.

La schizophrénie m’a intéressé puisque j’ai volontairement passé plusieurs années à fréquenter des personnes qui se considéraient comme atteintes de ce syndrome. J’ai pu remarquer qu’elles souffraient toutes de ce que vous décrivez, à savoir l’impression que leurs pensées ne sont pas sous leur contrôle en particulier sur le plan de leur domiciliation ou privatisation.

De nos jours, la science découvre des caractéristiques biologiques aux schizophrènes. On remarque des anomalies physiques. Mais mis à part ces réalités physiques éventuelles, comme je cherche toujours à faire un lien entre les schizophrènes et les autres, comme je crois que la schizophrénie révèle de manière spéciale des mécaniques mentales propres à tous, je me demande s’il n’y aurait-il pas chez eux, comme chez tout le monde et en plus de leur problème physique, un problème psychanalytique né du fait suivant :

Parmi les mille et une questions qui se posent à l’enfant, il y en a un gros paquet dont la réponse peut lui être apportée par n’importe qui. Exemple "Pourquoi papa s’arrête-t-il aux feux rouges ?"

Si pour x raison ce ne sont pas ses parents qui lui apportent la réponse, n’importe qui peut y répondre à leur place et cette réponse publique collera assez bien avec la "non-réponse" des parents. Car une non-réponse peut comporter tout de même des indications allant dans un certain sens.

Comme il est très probable que le père s’arrête aux feux rouges pour exactement les mêmes raisons que tout le monde, le fait qu’il n’ait pas dit explicitement à son enfant pourquoi il s’arrêtait mais qu’il ait bien, aux yeux de son enfant, regardé les feux puis freiné s’ils étaient rouges, collera sans difficultés avec la réponse que lui ferait n’importe qui d’autre.

Mais en dehors de ces questions communes, il y en a tout un autre paquet pour lesquelles les réponses de tiers sont invalides ou ne servent à rien.

Exemple : "Comment se fait-il que papa soit toujours en retard pour venir me récupérer à l’école ?"

Dans ce genre de questions, même si le père y répondait, d’une part il ne prouverait pas qu’il dit ce qu’il sait, d’autre part des tiers auront des réponses différentes. Il existe des tas de questions dont seuls les parents détiennent la vraie réponse mais ce sont précisément les questions auxquelles ils ne répondent quasiment jamais.

Tous les enfants du monde se retrouvent donc avec des doutes ou angoisses qu’ils refoulent ou s’efforcent de refouler pour trois grandes raisons :

La première c’est que les parents, parce qu’ils en ont le droit social, ne se gênent guère pour livrer des réponses bidons très humiliantes pour l’enfant car il est pris pour un idiot (les parents semblant alors considérer soit que leur enfant restera puéril toute sa vie, soit qu’il n’aura pas de mémoire et oubliera cette réponse bidon. Ils mettent alors en doute la qualité intellectuelle de leur enfant)

La seconde c’est que les parents s’accordent le droit voire le devoir social d’ériger un tabou sur les questions auxquelles ils ne veulent pas répondre. "Il est interdit de répondre à cette question" Autrement dit il est interdit de poser cette question, autrement dit quiconque la pose est soit fou soit suspect de vouloir transgresser un tabou, donc coupable.

La troisième c’est que les tiers pratiquent eux aussi ces méthodes. La société entière valide le droit de ne pas répondre à certaines questions ou d’y répondre en mentant. Ce ne sont pas les politiques qui me démontreront le contraire.

La question "Pourquoi maman fait-elle du charme aux autres hommes ?" ou "Pourquoi maman préfère ma soeur à moi ?" sont des questions lourdes et les enfants n’en obtiennent jamais les vraies réponses. Ils restent donc à tout jamais dépendants de leurs parents sur le plan psychanalytique. Aliénation au silences ou dénis parentaux.

Je me dis alors que si cette situation provoque chez la totalité des gens au minimum des névroses, elle provoquerait chez les schizophrènes quelque chose de plus déstabilisant et obsessionnel (dont les paranoïas)

Ce phénomène des "questions dont seuls les parents on la clef" s’aggrave encore par d’autres faits annexes. Alors que les parents s’accordent le droit de mentir ou de raconter des conneries, ils exigent de leur enfant la vérité. Et ils poussent le bouchon allant jusqu’à dire "Si tu mens je le saurai car je verrai ton nez s’allonger et de toutes manières, mon petit doigt me rapporte tout"

L’enfant est bizuté. Sa pensée est à nu face à des adultes parfaitement protégés. Et le comble c’est qu’il est considéré qu’en racontant aux enfants des histoires à dormir debout, on les protège. On va donc affirmer à un enfant qui aura eu la "malchance" de découvrir la vérité, qu’il n’a pas été protégé et qu’il est donc détruit.

Alors, une fois devenu adulte à son tour, l’ex enfant aura toujours l’impression que plus il approche de la vérité de son histoire, plus il se défait. A son tour il va préférer le déni. Il aimera juger et condamner les autres mais il évitera soigneusement de s’introspecter.

Je vous pose donc la question suivante : Voyez-vous, dans votre passé, des questions dont seuls vos parents ont la réponse et auxquelles ils n’auraient jamais répondu ? Et si oui, extimez-vous que ces questions sans réponse vous ont épuisé en efforts de refoulement ou d’enterrement et formé quelque noeud gordien ? Ou, ce qui revient au même, enviez-vous les enfants qui grandissent dans des peuples où il vous semble régner la transparence relationnelle, où la pratique du mensonge vous semble peu pratiquée (Ou, si l’enfumage y est pratiqué, il serait admis pour tous, enfants compris) ?

(Si d’autres visiteurs ont quelque avis à apporter à ce sujet, je serais heureux de les lire)

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par Liz (IP:xxx.xx8.107.130) le 26 mai 2012 a 00H18
Liz (Visiteur)

Je suis bien d’accord avec vous. J’ai trois garçons adultes maintenant,dont un avec les mêmes qualités. Je dis qualités parce que pour moi (qui imagine la vie, depuis mon enfance) c’était le bonheur. J’ai éduqué mes enfants dans l’esprit de vérité et si je ne connaissais pas la réponse je préférais le dire plutôt que de dire un mensonge. Mais, celui que je regrette le plus, c’est celui du père noël, qui a vraiment déçu mon fils après qu’il est su la vérité. Je continue de voguer dans mon imaginaire et d’y croire. Je continue aussi à croire en lui. Est-ce que cela lui nuit ? Je ne sais pas. J’aime ce qu’il me raconte depuis toujours. Mais c’est face à la société, l’école par exemple, qu’on nous poussait à consulter les médecins, tellement il était différent des autres. Et moi, qui leurs ai toujours dit de rester différents, d’être eux mêmes parce que c’était pour moi la pure vérité. Je les voyais merveilleux avec ces qualités. Aujourd’hui, presque tous mes amis(es) sont partis ailleurs. (peur d’attraper la maladie !) Merci des témoignages...la réflexion continue...

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par Mara (IP:xxx.xx9.54.244) le 26 mai 2012 a 20H22
Mara (Visiteur)

Bonjour, Votre paragraphe : Autrement dit, une personne isolée... Je m’élève contre cette affirmation péremptoire que je sais fausse de par mon expérience. Je sais que la réaction qu’a éveillé Galilée reste d’application de nos jours malgré les progrès scientifiques, il est plus aisé de réfuter tout phénomène non encore répertorié que d’étudier la possibilité de champs électromagnétiques ou autres créant des singularités. Je serais ravie de vous donner des précisions si vous me contactez sur mon site. Civilités. Mara

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par qyutiun (IP:xxx.xx0.215.141) le 27 mai 2012 a 22H22
qyutiun, 1 article (Rédacteur)

Pour répondre à easy : concernant mon rapport à la vérité, je dois dire que mes parents ont un principe très marqué qui est de ne jamais mentir aux enfants. Il s’agit d’un principe moral assez fort, là où la plupart des parents font preuve de plus de pragmatisme. Pour cette raison par exemple, ils ne m’ont jamais fait croire (ni à mes frères et soeurs) au père noël. Autrement dit, mon cadre familiale est exactement l’inverse de ce que vous décrivez (bizutage, etc.) et a même pu induire chez moi et mes frères et soeurs une certaine naïveté une fois confronté au "monde extérieur". Par ailleurs mes frères et soeurs ne sont pas du tout schizophrène (même pas un peu).

Concernant le fait que la télépathie ne soit pas établie par la science malgré les essais, c’est en partie une idée reçue. Il est plus juste de dire qu’elle n’entre pas dans le paradigme actuel de la science, et donc toute preuve formelle de la télépathie serait de toute façon rejetée. D’ailleurs c’est peut-être déjà le cas (voir les expériences Ganzfled). Pour ce qui est du fonctionnement de la science par paradigme rejetant les anomalies, lire Kuhn. Enfin je pense que la télépathie a lieu sur un niveau plus qualitatif qu’informationnel, ce qui n’entre pas non plus dans le cadre de ce qui peut être véritablement testé scientifiquement.

Peut-être généralisez-vous un peu vite en affirmant que la télépathie a été de tout temps désirée. Il s’agit plutôt d’un fantasme de la science fiction, donc assez récent, et peut-être est-ce justement le téléphone, créé d’abord par souci pratique comme extension du système postal (via le télégramme) et non pour "faire de la télépathie", qui a fait germer cette possibilité. Dans les périodes antérieures, moins marquées de culture scientifique, elle était peut-être simplement vécue naturellement sans forcément porter un nom, parmi les autres éléments surnaturels ? Dans le vodoo par exemple.

Dans mon cas, je peux vous garantir que je ne l’ai pas vécu comme un désir, loin s’en faut. Plutôt comme une découverte effrayante, sur la base d’expériences qu’on pourrait qualifier de "paranormal" (en tout cas vécues comme telles), et que je n’ai jamais demandé à avoir, que je n’ai pas cherché, et qui m’ont "retourné la tête". Il y a donc bien une expérience vécue, concrète, à la base qu’on ne peut passer sous silence en invoquant des causes psychologiques familiales.

Peut-être votre approche psychanalytique vous pousse-t-elle à voir des désirs là où il n’y en a pas. Le problème étant qu’avec ce type d’approche, si on ne trouve pas ce qu’on cherche, on le trouve quand même ! Précisément, l’échec de la psychanalyse dans le traitement de la schizophrénie me parait être fondé sur cette confusion consistant à vouloir faire du refoulement des désirs l’alpha et l’omega de la vie psychique, quand justement, ici, il s’agit plutôt d’un problème de croyance et de représentation que de désir. A ce titre, l’approche de Jung (qui propose justement un cadre de compréhension des phénomènes vécus comme paranormaux) me parait bien plus intéressante.

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par Seed (IP:xxx.xx7.110.253) le 25 mai 2012 a 16H44
Seed (Visiteur)

Salut ! excelent article ! je vis la même chose... j’espère qu’un jour on se rencontrera... en chaire et en os lol Bonne continuation pour tout !

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par lloyd (IP:xxx.xx7.236.37) le 25 mai 2012 a 22H01
lloyd (Visiteur)

Le plus bel article et certainement le plus important que j’aie jamais lu. Bravo pour l’analyse de ce que tout-un-chacun, je pense, peut ressentir ; mais que peu tentent seulement d’admettre et de comprendre. D’ailleurs y a-t-il seulement quelque chose à comprendre ?

Peut-être une chose, au fond : être fou, c’est un peu comme être libre... non ?

Encore mille mercis pour ce magnifique article.

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par mélusine (IP:xxx.xx6.75.25) le 25 mai 2012 a 23H11
mélusine (Visiteur)

merci pour ton message,je n’ai jamais eu de problèmes liées à la schizophrénie mais je me suis rendue compte,après une psychanalyse que je ne savais pas qui j’étais,que beaucoup d’idées que je croyais miennes ,en fait ne m’appartenaient pas,je suis un peu comme une éponge qui capte toutes les émotions des autres et je n’arrive plus à déterminer mes propres frontières et où le phénomène a été le plus flagrant,c’est l’an passé où j’ai vécu une passion folle avec un collègue de travail,l’état passionnel était tel qu’on ne pouvait pas se parler directement mais j’avais l’impression qu’il y avait un lien télépathique très fort et aujourd’hui où je ne le vois plus,à certain moments,je me sens complètement retournée émotionnellement sans raison apparente et j’ai l’impression que cette émotion ne vient pas de moi ,mais plutôt que je capte sa propre douleur ;ça ne m’était jamais arrivé avec une telle intensité et j’aimerai bien savoir si d’autres personnes ont vécu le meme phénomène.Je remercie easy pour son commentaire car je pense que le fait de ne pas pouvoir délimiter ses propres limites est du à une éducation "perverse" c’est à dire où les choses n’étaient pas clairement énoncées et donc on a l’impression de ne pas exister en temps que personne entière.

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par Nang" (IP:xxx.xx3.78.200) le 25 mai 2012 a 22H44
Nang" (Visiteur)

Je me pose en contre le commentaire d’Easy. La télépathie est utilisée par les aborigènes du désert central.... entre tribus éloignées, ils s’envoient des messages par l’esprit... et ça marche. Des anthropologues tout ce qui a de plus sérieux en ont fait l’expérience (Barbara Glowczewski, CNRS/ EHESS).

C’est précisément parce que nous avons le téléphone aujourd’hui que nous avons affaibli ces facultés naturelles. Plus nous avons d’outils pour communiquer, plus nous devenons déficients. Les aborigènes peuvent également se suicider par simple effet de leur volonté : ils s’allongent par terre et se "débranchent". Ils meurent en 24 heures. Tous les australiens savent cela car c’est un réel problème pour les autorités qui ne savent pas comment gérer ce type de situation (beaucoup d’aborigènes se suicident en prison, même nus dans des cellules vides).

Des expériences très intéressantes sur la télépathie, la prescience, la vue à distance, la télékinèse, la biokinèse, etc, ont été réalisées en laboratoire et les résultats ne sont, certes, pas mirifiques mais en tout cas suffisamment supérieurs à ce que le hasard devrait trouver pour être tout à fait significatifs. Vous en trouverez des dizaines en fouillant dans la bibliothèque de l’IMI (nombreuses recherches y sont citées, incluant le protocole, les volontaires, les procédures, etc, le tout bien détaillé, avec analyse des résultats, qu’ils soient qualitatifs ou quantitatifs).

Il faut savoir également que les armées (France, US, URSS, Chine pour ce que j’en sais) ont financé une partie de ces recherches (l’autre étant restée totalement secrète confinée aux seuls labos militaires). La CIA a eu crédit illimité pendant 30 ans pour travailler dans ce domaine. On peut, sans trop prendre de risque, avancer qu’ils auraient interrompu plus tôt ces recherches s’il n’y avait rien à trouver.

Pour la schize en effet, le symptôme principal est l’incapacité à limiter son corps à son sac de viande —> d’où la sensation d’être contrôlé, d’être attaqué, de perdre son intégrité corporelle (sang, oreilles, cheveux, boyaux, pensées, avec parfois de bizarres sensations d’élasticité corporelle, de discontinuité temporelle, etc). Le schizophrène ne connait pas ses limites corporelles : son corps n’est pas enfermé dans sa chair, son esprit n’a pas de limite rationnelle. Donc, oui, vous entrez parfaitement dans cette catégorie. Mais êtes-vous malade ?

Question : pourquoi n’essayez-vous pas de faire des tests de télépathie ??? Au moins, si vous vérifiez de façon rationnelle qu’il n’y a pas de connexion mentale, vous serez plus renseigné sur votre maladie (et vice-versa, dans le cas où les tests infléchiraient la courbe du hasard). ça m’intéresserait d’en faire quelques uns avec vous, si ça vous chante.

PS : si vous demandez aux gens "sains" où se trouve le siège de leur pensées, ils vous montreront du doigt leur tête. C’est complètement idiot. Internet siège-t-il dans le disque dur de votre ordinateur ? Non. Pareil pour nos pensée : elles ne sont pas dans nos têtes, elles sont... ailleurs.

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par mat (IP:xxx.xx1.244.104) le 26 mai 2012 a 07H33
mat (Visiteur)

bonjour. votre experience me fait penser au début du livre ’eveil du 3° oeil’ de Christophe Allain il y décrit exactement la meme angoisse au début d’etre submergé par les pensées des autres, puis le travail effectué pour que ca devienne vivable, puis un outil de cheminement le texte jour par jour. http://evolutionspirituelle.over-bl... une reference de plus ;) d’autre part, la personne est tres accessible sur son blog actuel http://espritdelaforet.over-blog.com/ bien à vous M

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par qyutiun (IP:xxx.xx0.215.141) le 27 mai 2012 a 22H43
qyutiun, 1 article (Rédacteur)

Merci pour les références, je commence à lire...

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par qyutiun (IP:xxx.xx0.215.141) le 27 mai 2012 a 22H49
qyutiun, 1 article (Rédacteur)

En réponse à Nang : ça m’aurait branché à l’époque, enfin un peu après, mais je ne pense plus être aussi "doué" maintenant.

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par Pierre (IP:xxx.xx3.145.77) le 26 mai 2012 a 08H50
Pierre (Visiteur)

J’ai vécu pendant plusieurs mois dans des conditions proches, des pensées qui ne m’appartenaient pas traversaient mon esprit, des ordres, des conseils m’étaient donnés. J’étais dans un état d’angoisse presque permanent. Mais les hasards de la vie m’ont fait rencontrer une personne qui m’a tout simplement expliqué que je n’étais pas tout seul. Il y avait une "entité" s’était fixée à moi. Cette personne m’en a rapidement débarrassé. Ensuite, tranquille, plus de voix, plus d’influence extérieur semblant venir de l’intérieur. J’ai voulu aller plus loin pour comprendre et j’ai appris à "sentir" avec mes mains les contours de certaines entités, qui se greffent sur les humains. Il y a en de toutes sortes, et elles sont attirées par nos dysfonctionnements psychiques, angoisses, peur, colères... C’est un monde surprenant et passionnant, nous sommes loin d’être seuls et de nous connaitre.

http://www.geniedulieu.ch/index.php...

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par betameche (IP:xxx.xx0.17.13) le 27 août 2013 a 19H01
betameche (Visiteur)

Bonjour, je suis atteind de la schizophrénie depuis ma plus dure enfance, j’ai regardé attentivement ce forum et vous ètes en train de parler d’entités pouvant influencer un individu.

Quelle stabilitée émotionnelle pouvé vous nous donner, si nous n’avons pas le controle de ses entités ? Ou donnés nous l’adresse de votre guérisseur, histoire de guérir tout le monde, merci d’avance !

L’intelligence et la magie que dégage une seule personne, peux faire beaucoup de dégats surtout quant elle prétend que la solution n’est pas psycologique avant tous, mais ressort du paranormal, je n’oublie pas dans quel site je suis !

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par Salvatore (IP:xxx.xx6.11.231) le 26 mai 2012 a 09H54
Salvatore (Visiteur)

Il y a des choses qui peuvent dépasser la rationalité.

Je pense que tu es peut être médium.

Ni voit pas la une chose dénué de sens, mais dans tout ce que as décris, j’y reconnais beaucoup d’attributs.

Je sais que beaucoup de choses peuvent faire perdre la tête et la rationalité quand on comprends pas ce qu’ils nous arrivent.

Je dirais que pour moi j’ai du apprendre, pour retrouver l’équilibre.

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par Charles Valois (IP:xxx.xx0.30.28) le 26 mai 2012 a 14H50
Charles Valois (Visiteur)

Merci pour cet article qyutiun, et pour ce témoignage qui regonfle sacrément le moral. Donc on peut faire autre chose que de vouloir absolument "soigner" les gens ? J’ai toujours pensé que le monde ses schizos avait beaucoup à nous dire (et comme je suis moi-même borderline ce monde ne m’est pas étranger). Je l’ai écrit dans une chanson, si cela t’intéresse http://charlesvalois.blogspot.fr/20... En effet je crois que tu n’est pas dans un monde étranger mais que tu vois différemment l’étrangeté du monde.

Avec toute mon amitié.

Charles

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par qyutiun (IP:xxx.xx0.215.141) le 27 mai 2012 a 22H46
qyutiun, 1 article (Rédacteur)

merci !

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par r1 (IP:xxx.xx4.91.102) le 27 mai 2012 a 01H15
r1 (Visiteur)

tu as en tout cas un don pour l’écriture. Tes pensées semblent parfaitement bien exprimées, bon courage et bonne continuation.

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par Dreyou (IP:xxx.xx8.86.9) le 25 juin 2012 a 10H18
Dreyou (Visiteur)

Bonjour

A mon sens il y a là, la dimension d’une sensibilité exacerbée, une singularité que certains partagent et qui fait peur à beaucoup. Tout ce qui dépasse l’entendement des cinq sens communs. Mais il faut garder l’espoir car la science rejoint la fiction ( comme on dit) petit à petit. De plus en plus de personnes éveillent leur conscience à l’existence de l’unité primaire, une conscience source, collective, qui se divise et se décline à l’infini. Cela rejoint la question de l’infiniment grand à l’infiniment petit et que tout a un sens et est lié d’une certaine façon. Je crois fortement au pouvoir de la pensée pour avoir expérimenté en conscience la cause à effet. Personnellement, je me sens comme le devoir d’évoluer dans le sens d’une forme d’intégrité de pensées la plus positive et créative du beau autant que possible. Car, j’ai cette conscience de l’effet et des conséquences (de l’influence) que cela peut avoir. Aussi, je sais que toutes mes pensées ou mes ressenties ne m’appartiennent pas . Je travaille la transmutation vers le positif si je puis dire même si cela est parfois difficile. Tout reste relatif et du chemin reste à faire pour aller vers une forme de simplicité intèrieure, de légèreté intèrieure qui apaise. Je ne pense pas être trop gaga, lol ! Même si je dis des choses bizarres. IL n’est parfois pas évident de trouver les mots pour exprimer ce que l’on veut dire. Chacun ayant ses propres représentations et ses propres expériences de vie et sa façon d’exprimer les choses. Ce que je trouve génial c’est que les langues se délient et que de plus en plus de gens (qui n’y parraissaient pas) pourraient paraître fous aux yeux d’autres. Mais pourquoi cette folie d’aujourd’hui ne serait elle pas la normalité de demain ? Après tout !

Merci pour cet article et je suis d’accord avec r1. :-)

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par fraisier (IP:xxx.xx1.55.115) le 29 août 2012 a 20H30
fraisier (Visiteur)

excellent article, c’est la premiere fois que je peux lire et comprendre quelqu’un qui a ressenti ce que j’ai pu ressentir....

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par Marc (IP:xxx.xx1.163.83) le 16 mars 2014 a 18H29
Marc (Visiteur)

Bonjour à tous,

Et tout d’abord, merci à qyutiun pour cet article fort instructif et bien écrit.

Serait-il possible de me contacter en privé via : legrandmc@hotmail.fr

J’aurais en effet besoin de tes lumières, au-delà de ce que tu as déjà écrit ici, car je suis l’objet de phénomènes pour le moins insolites depuis plus de deux ans et demi dont certains ressemblent fort à ce que tu décris ici. (Captation de pensées d’autrui, perception claire de pensées extérieures à ma propre psyché, images - non hypnagogiques - et sons perçus dans ma propre intériorité, en esprit, et non pas par les sens comme de façon traditionnelle, intuitions cohérentes sur des sujets dépassant largement mes capacités intellectuelles, synchronicités régulières, etc.)

J’ai en effet des raisons de penser que tu pourrais m’aider à éviter quelques écueils et à comprendre mieux ce qui se passe, ces phénomènes s’inscrivant dans un programme plus vaste et plus complexe encore que je ne peux expliquer ici.

En retour, je te dirai tout ce que j’en sais ou pense savoir.

En te remerciant par avance, tant il est difficile de croiser des personnes, francophones ou anglophones, qui vivent des phénomènes et expériences similaires aux miens.

Marc

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par Ariane (IP:xxx.xx4.194.94) le 28 mars 2014 a 10H32
Ariane (Visiteur)

Bonjour à tous, Peut-être est-ce déjà mentionné plus haut mais il y a différentes approches et sources d’information disponibles pour vous éclairer ou vous aider : www.inrees.com (Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires) et le magazine Inexploré ; www.revfrance.org (Réseau français sur l’entente de voix) ; www.rev-belgium.org (idem belge)

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par M (IP:xxx.xx0.74.99) le 22 juin 2014 a 09H23
M (Visiteur)

Tu n’es pas en état de maladie mentale du tout. Tu as été déstabilisé par une sensibilité hors du commun. J’ai vécu et je vis encore la même chose. Je ne vais pas dans la tête des autres, ce sont leurs pensées, émotions, images qui viennent dans la mienne sans que je demande rien. J’ai eu des centaines de preuves (confirmations a posteriori que j’avais "vu" juste). Comment est ce que ça pourrait être une maladie mentale ? J’ai eu connaissance de choses que je n’avais aucune chance de savoir autrement ! Je n’ose en parler à personne, j’ai eu trop peur d’être étiquetée schizo moi aussi. Alors j’ai appris a gérer par moi même, douloureusement parfois. Finalement se centrer sur soi même, ses propres émotions et désirs se fait peu a peu sans trop de mal, pour moi le plus dur ça a été d’arriver a admettre qu’un truc théoriquement impossible se passe en fait tous les jours. Je ne sais pas ou trouver les éléments pour que tout ça devienne enfin cohérent pour moi. Et je ne crois pas aux tests ou experiences car pour moi c’est basé sur les émotions et sentiments. Bref j’ai réussi a vivre avec et même parfois ça m’a sauvée de voir venir les idées des autres, mais je vis toujours dans un gros paradoxe au niveau de ma logique. En tous les cas je ne doute pas de mon équilibre mental, je sais pertinemment que je n’invente rien. Courage et merci de ton témoignage.

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(IP:xxx.xx0.87.236) le 13 septembre 2014 a 19H44
 (Visiteur)

Magnifique ce tu écris, ça me touche réellement.. En effet, il m’arrive parfois de capter ce genre de chose, ce ressentis ou encore ces synchronicités, force est de constater qu’il faut éviter d’en faire une fixette, et ne jurer que par ça. Je ne suis pas schizophrène, mais je m’intéresse de près à la question. C’est un équilibre à avoir.. Il n’y a qu’un pas entre la folie est la vérité :) Merci à toi.