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Mal-être au travail : Comprendre les mécanismes
Mal-être au travail : Comprendre les mécanismes
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25 octobre 2013 | 1 commentaires
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Sophie

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Mal-être au travail : Comprendre les mécanismes

Mal-être au travail : Comprendre les mécanismes

Le travail, c’est la santé ? Pas tout à fait, si on en croit un rapport de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) paru en 2011. Ce dernier met en lumière les « Mythes et réalités sur la santé mentale et l’emploi » et lève le voile sur les problèmes de santé mentale au travail qui toucheraient 20 % des travailleurs au sein des 34 pays membres. Enième symptôme de la crise, de la confiance toujours plus fuyante entre le salarié et sa hiérarchie ou véritable problématique de santé publique, le mal-être au travail mérite une prescription d’urgence.

Métro, boulot, bobo

Que ce soit dans les grands groupes ou les petites structures, la « bureauphobie » guette tous les employés. Ce mal-être en milieu professionnel se traduit le plus souvent par une souffrance mentale dont lessymptômes sont multiples : fatigue récurrente, troubles d’adaptation mineurs, stress voire états dépressifs. Ce malaise est selon Heinz Leymann, psychologue pionnier dans la recherche sur le harcèlement moral, « beaucoup plus un phénomène résultant des conditions de travail qu’un champ de règlement des conflits personnels ». Aussi, « les sources essentielles sont : l’organisation du travail, la conception des tâches, l’animation et la direction des exécutants. Toute défaillance dans l’un des trois domaines entraîne des effets biologiques de stress, mine les forces et les structures sociale ».

Et les facteurs sont nombreux. Amélie Oudry, psychologue du travail, insiste sur la pression psychologique ou le harcèlement moral, vecteurs de problèmes managériaux souvent liés à une surcharge de travail. De plus, le manque de reconnaissance au travail et les problèmes de communication peuvent exacerber la perte de sens du salarié pour son travail. L’instabilité peut également être créée par « l'infantilisation  » qui constitue une norme managériale en France et qui entrave rait l’épanouissement personnel du salarié. D’autre part, les conditions environnementales (pollution sonore, confort des équipements, préservation de l’intimité) jouent aussi un rôle important.

Le stress devient une réalité inquiétante dans le monde du travail et entraine des conséquences négatives tant sur le bien être des travailleurs que sur les performances des organisations. La lutte contre le stress au travail représente sans doute l’un des grands défis que devront relever les gouvernements, les employeurs et les syndicats au cours des années à venir.

Des PME aux grands groupes : une épidémie française

Les suicides au travail qui ont marqué l'actualité de ces dernières années ont conduit, au-delà des événements individuels, à la cristallisation du débat sur l’existence de tensions au sein du monde du travail français. C’est que la France s’illustre tristement parmi les pays rongés par le mal être au travail et compte les travailleurs les plus insatisfaits et stressés au niveau européen. Un paradoxe au vu des conditions de travail en apparence favorable dans notre pays et qui pointe ainsi une anomalie dans le modèle français de gestion de l'environnement professionnel. La Poste en est un exemple criant puisqu’un récent rapport dénonce une « réelle souffrance au travail ». Une souffrance qui fait écho au malaise repéré chez France Telecom et posant alors plus largement la question de la gestion des entreprises publiques. Le secteur privé n’est pas en reste. La filiale française d’Ikea s’est distinguée par ses pratiques douteuses entraînant une 73% de travailleurs sous pression dénonçant le déficit de dialogue au sein des entreprises françaises. Ils estiment parfois ne pas pouvoir compter sur l'aide de leurs managers, regrettent le manque de soutien de leurs collègues et des syndicats avec lesquels ils ont peu de contacts. Parfois-même, ils sont victimes d’une stratégie actionnariale : la Compagnie du Vent, PME filiale de GDF Suez, a été confronté à cette mouvance de salariés en perte de repères, « dépouillés de leur travail » et dont la « culture historique est écrasée » par la logique de groupe de GDF Suez, accusé de « siphonner » les actifs immatériels de l’entreprise. « Le manque d’information, et ne pas savoir s’ils peuvent en parler, provoque de la peur, des maux de ventre, des pleurs, des consultations médicales », confie même la psychologue du travail.

En 2009, l’Agence Nationale pour l’Amélioration des Conditions de Travail (ANACT) a ainsi mis en place le Plan d’urgence pour la prévention du stress au travail afin de palier à une situation délétère liée aux mutations de « l’économie française, qui est passée d’une économie essentiellement industrielle, marquée par des accidents physiques, à une économie davantage tournée vers les services et la financiarisation  ». Elle propose ainsi un instrument de prévention : le document unique d’évaluation des risques (DUER). Selon Jean-Claude Delgenes, directeur de Technologia un cabinet actif dans la lutte du suicide au travail, la France aurait ainsi « quasi rattrapé son retard dans la compréhension globale du phénomène  ». La mobilisation demeure au vu des prévisions de l’OCDE qui révèle que « la précarisation croissante des emplois et l'augmentation actuelle des pressions au travail pourraient entraîner une aggravation des problèmes de santé mentale dans les années à venir ».

Des solutions homéopathiques

Si la prise de conscience de la souffrance au travail est effective, il s’agit désormais de passer du diagnostic à l’action en proposant des solutions concrètes et en ouvrant la discussion sur le sens du travail et sa finalité. Car c’est bien ce débat essentiel qui est au cœur de l’histoire de milliers de travailleurs. La lutte contre le mal être au travail sous toutes ses formes passe par un travail en profondeur, au cœur des mentalités et des pratiques de l’entreprise. Elle suppose une réarticulation délicate du triptyque « travail, performance et gouvernance des entreprises  » et une attention toute particulière au rôle des acteurs (managers, partenaires sociaux, experts…) ainsi qu’à la confiance indispensable entre eux, favorisant ainsi un dialogue social de qualité. L’inspiration est peut-être à chercher Outre Atlantique ; en témoignent les techniques de management à l’anglo-saxonne qui commencent à faire des émules dans les entreprises de tous horizons choisissant la voie du bien-être. On remarque ainsi la multiplication des stratégies de prévention du stress, d’amélioration de l'environnement de travail grâce à l’introduction du loisir et de la détente sur le lieu même du travail. Espaces de détentes, salles de gym voire de massages, cafétéria zen, création d'espaces verts fleurissent. Les nouvelles techniques de management ont la côte à l’instar du « Friday Wear  », de la “gamification”, de l’utilisation de réseaux sociaux d’entreprise qui insistent sur la cohésion. Car il s’agit selon Mohssine Benzakour, psychosociologue, de favoriser « le développement d’une vision partagée, mettre en œuvre et en vie des valeurs communes,  réhabiliter la personne humaine au cœur des organisations ». Une entreprise est un écosystème technique, certes, mais également humain. Une démarche sur laquelle méditer sachant qu’un gain de 10 % sur la qualité de vie au travail est plus facile à obtenir que 1 % de performance économique.

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Commentaires
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par Alain Astouric (IP:xxx.xx8.92.221) le 29 septembre 2014 a 17H08
Alain Astouric, 7 articles (Rédacteur)

On n’arrête pas le progrès. Pendant des siècles, ce fut : « Le travail est un trésor. » (La Fontaine), « Le travail est souvent le père du plaisir. » (Voltaire), « … malheur à celui qui s’occupe, si son travail n’est pas la source de ses instant les plus doux. » (Diderot), etc. Maintenant c’est « … le harcèlement au travail … la souffrance au travail… le stress professionnel… ». Cherchez l’erreur. D’après "Encadrer une équipe : la conduite des hommes", Éditions Chronique Sociale http://astouric.icioula.org/