Chez les animaux à l’état sauvage, le stress constitue une réaction naturelle et salutaire qui leur permet de faire face au danger. À l’approche du lion, par exemple, chez les gazelles une grosse poussée d’adrénaline les fait s’enfuir à toute allure ; une fois en sécurité, la tension retombe vite. En cas de sécheresse dans la savane, les animaux peinent pour trouver à boire et à manger. Si cette situation persiste, ils subissent un stress, moins fort mais qui peut durer. Leur organisme s’adapte alors à ce nouveau contexte, mais plus ou moins bien.
Bon ou mauvais stress ?
Nous autres, humains, sommes également soumis à des stress courts et intenses liés à des situations extrêmes qui nous poussent à réagir. Le bon stress nous alerte et nous stimule pour répondre à un danger. C’est également un outil pour relever un défi ou dans un processus de création. Le mauvais stress survient quand nos possibilités d’adaptation sont dépassées, et que se produisent des dommages physiques ou psychologiques.
Les défenses antistress
Le stress est lié aux trois principaux systèmes de régulation biologique de notre organisme. Le système nerveux autonome, involontaire, responsable de la sécrétion d’adrénaline en cas d’attaque physique ou de mauvaise nouvelle par exemple. Le système neuroendocrinien, ensemble de glandes qui sécrètent et diffusent des hormones, notamment le cortisol qui stimule les réactions positives. Et le système immunitaire qui défend l’organisme contre les intrusions et agressions de toutes sortes. Le cerveau est le chef d’orchestre de ces trois systèmes.
Repérer les signes d’alerte
Pour une même situation stressante, tout le monde ne réagit pas de la même façon. Mais, quand elle se prolonge, il faut s’inquiéter : les défenses immunitaires s’épuisent, ouvrant la porte à des troubles et des maladies.
Le mauvais stress correspond à des agressions physiques et psychiques trop vives et/ou durables. C’est le stress lié à notre mode de vie et au travail. Moins élevé mais fréquent, il n’appelle pas de réponse immédiate. Dispute, accrochage en voiture, ordinateur qui tombe en panne au pire moment, bruit… Au quotidien, les raisons d’être stressé ne manquent pas. Mais il n’est pas toujours possible de s’enfuir ou de contre-attaquer.
Les degrés de stress
Les signes d’alerte sont les premières réactions du corps : rythme cardiaque accéléré et tonus musculaire augmenté. Les symptômes varient d’une personne à l’autre : diarrhée, bouche sèche, maux de tête ou d’estomac, perte d’appétit, nausées… Dans tous les cas, cette réaction transitoire permet de s’adapter plus efficacement au stress.
D’autres stress sont inhérents à notre mode de vie moderne, où les règles sont la vitesse et la compétition. À l’école, au travail et plus généralement dans la société, tout bouge, change et nécessite des ajustements et des adaptations rapides. Rendez-vous importants, concours, nouvelle orientation professionnelle ou affective, épreuve sportive, accident… là encore, l’organisme fait face.Quand le stress est plus grave, décès d’un proche par exemple, l’organisme peut encore réagir, plus ou moins bien, grâce à ses trois systèmes de défense. Si les situations de stress se prolongent, ces réactions sont insuffisantes et les défenses immunitaires dépassées. C’est l’état de stress.
Les effets sont alors insidieux et se font sentir progressivement, à l’insu de la personne qui le subit. Transports, surmenage, harcèlement au travail, conflits avec les enfants, problèmes financiers récurrents, maladie d’un proche… autant de facteurs de stress qui minent, abaissent les défenses immunitaires et finissent par provoquer ou aggraver certains troubles, voire des maladies.
De l’ulcère au psoriasis
Ces atteintes vont du plus léger au plus grave.
Tensions musculaires, fatigue et douleurs au dos et au cou surtout, tendinites.
Troubles digestifs et intestinaux, gastrite, ulcère, syndrome du côlon irritable. Même la rectocolite hémorragique, une maladie auto-immune, évolue souvent en fonction du stress.
Maladies de peau, eczéma et psoriasis, mais aussi zona et herpès, bien qu’un virus soit en cause dans ces deux maladies.
Problèmes cardiaques, tachycardies, poussées d’hypertension artérielle favorisant infarctus et accident vasculaire cérébral.