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Les schizophrènes norvégiens ont peur d’être assimilés à Breivik
Les schizophrènes norvégiens ont peur d'être assimilés à Breivik
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7 décembre 2011
Auteur de l'article
Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
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Les schizophrènes norvégiens ont peur d’être assimilés à Breivik

Les schizophrènes norvégiens ont peur d'être assimilés à Breivik

Anders Behring Breivik, l’auteur des attentats en Norvège survenus l’été dernier, a été examiné par les psychiatres Torgeir Husby et Synne Sørheim. Ces derniers ont conclu que l’intéressé est atteint de schizophrénie paranoïde. Pour beaucoup de personnes victimes de cette maladie, la pilule est amère. Parmi eux, Tor Espen Skeie, ancien journaliste et champion de handball qui a été atteint de schizoprénie. Ce dernier s’est confié au quotidien norvégien Fædrelandsvennen, par l’intermédiaire de l’agence de presse NTB : « Il est important pour moi de ne pas être assimilé à Breivik ».

Le couperet des experts est tombé. Anders Behring Breivik est fou. Il est plus précisément schizophrène paranoïde. Ce diagnostic a pris de court une grande partie de la population en Norvège. Et si la stupéfaction est palpable à bien des niveaux, on peut également observer un malaise chez des personnes atteintes du même trouble mental. Parmi eux, Tor Espen Skeie, ancien journaliste et champion junior de handball. Cet homme âgé de 45 ans est devenu schizophrénie paranoïde lorsqu’il a atteint la trentaine. A l’issue du verdict des psychiatres qui se sont penchés sur Breivik, on peut mesurer la colère de Tor Espen Skeie dans les colonnes du quotidien de Kristiansand, Fædrelandsvennen : « A mon avis Breivik n’aurait pas du obtenir ce diagnostic. En rendant cette conclusion, les experts ont assimilé un fou hors norme aux vraies victimes de cette maladie ».

Psychotique à plusieurs reprises depuis sa plongée dans la schizophrénie, Tor Espen Skeie a fait le choix, dans un premier temps, de ne pas prendre de médicaments. Même lorsqu’il était victime d’hallucinations ou lorsqu’il entendait des voix. Mais il tient tout particulièrement à souligner la limite de la maladie : « Je n’ai jamais rien fait de criminel et je ne me suis jamais montré dangereux pour mon entourage ». Pour Tor Espen Skeie, le fait même de s’exprimer au lendemain des attaques du 22 juillet fut un choix difficile : « J’ai eu peur d’être d’office catalogué par certaines personnes, mais le vœu du Premier ministre norvégien Jens Stoltenberg de tendre vers davantage d’ouverture et de transparence m’a rassuré. Et je me suis dit que je pouvais apporter ma pierre à l’édifice ».

Tor Espen Skeie dit avoir ressenti un sentiment ambigu dans les jours qui ont suivi le verdit des psychiatres chargé de se prononcer sur Breivik : « D’un côté j’étais assez soulagé car l’événement est désormais mis dans une perspective médicale, et les gens ne se focalisent plus sur une faillite supposée de la politique d’immigration en Norvège. Mais je suis également triste pour les témoins de ce drame, les proches de Breivik et la société dans son ensemble. Curieusement, je ressens même parfois un peu d’empathie pour Breivik car je sais ce que c’est que d’être malade ».

Tor Espen Skeie espère même que Breivik, dans son propre intérêt, ne puisse guérir de sa folie, car « s’il venait à comprendre tout le mal qu’il a fait, il en mourrait de honte ». Pour sa part, l’ancien journaliste et champion de handball, loin de l’univers de Breivik, affirme avoir déjà traversé les épisodes les plus difficiles de sa vie de malade : « J’avais une perception différente de la réalité. Je délirais, et il était impossible de partager ma vision des choses avec mon entourage ». Tor Espen Skeie a fini par prendre des médicaments, et s’il reste actuellement dans l’incapacité de reprendre une activité professionnelle, il vit néanmoins dans son propre appartement. Et souligne-t-il, « Je mène une vie normale ».

Photo : Tor Espen Skeie (source : radiofrihet.com)
 

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