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Les psychiatres analysent le cerveau de Kadhafi
Les psychiatres analysent le cerveau de Kadhafi
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4 mars 2011 | 6 commentaires
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Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
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Les psychiatres analysent le cerveau de Kadhafi

Les psychiatres analysent le cerveau de Kadhafi

Anouar El Sadat, successeur de Nasser en Egypte et figure de la guerre du Kippour, disait à propos de Mouammar Kadhafi qu’ « il est fou. Lorsqu’il était enfant, il est tombé d’un chameau, tête la première  ». Et les discours prononcés ces derniers jours par le ”Guide de la révolution libyenne”, désormais âgé de 68 ans, laissent effectivement laisser planer le doute quant à sa santé mentale. Après le désastre sanitaire imposé par cet homme à son pays, comme évoqué dans les colonnes de CareVox, le site Atlantico.fr s’est sérieusement posé la question de savoir si « Kadhafi est fou ». Et cet éditorial n’est pas le seul à effleurer la question.

Les médecins qui tentent actuellement par tous les moyens de rejoindre les régions libyennes les plus dépourvues en soins médicaux seraient bien tentés de faire un détour par Tripoli où siège ce qui pourrait être un cas d’école unique en psychiatrie. Inutile cependant, de chercher à cataloguer le guide de la révolution dont les orientations sont totalement imprévisibles. Nigel Eastman, professeur de psychiatrie à l’université St George’s de Londres, avertit ainsi que « lorsque le comportement d’un individu sort de notre cadre normal de pensée, d’une manière qui menace ou nuit aux autres, nous sommes tellement désemparés qu’il faut redoubler d’effort pour tenter de l’expliquer. Kadhafi est un homme très étrange et malfaisant. Mais dans son cas, parvenir à une interprétation valide est un exercice périlleux ».

Pour Kingsley Norton, spécialiste des troubles de la personnalité au West London Mental Health Trust (qui est une fondation de l’ouest de Londres pour la santé mentale), « les déclarations surréalistes et le calme affiché par Kadhafi pourraient être révélateur d’une résignation masquée à la suite des événements. Les gens sous pressions affichent parfois un calme déconcertant, conscients de leur sort et cherchant une fuite en avant ». Andrew Roberts, journaliste pour The Daily Beast, s’est plongé dans la lecture du Livre vert, publié par Kadhafi en 1975 pour essayer de percer le mystère du cerveau de cet homme qui a déclaré récemment que « la révolte en cours en Libye est l’œuvre de jeunes drogués. Ils ont 17 ans. On leur donne des pilules la nuit, on leur met des substances hallucinogènes dans leurs boissons, leur lait, leur café, leur Nescafé ». Il est resté ébahi d’une lecture parfois fascinante, sans pour autant avoir réussi à dresser un portrait du leader.

Libération, de son côté, a tenté de percer le mystère en confiant l’analyse du cas Kadhafi à Pascal de Sutter, professeur de psychologie à l’université de Louvain en Belgique et auteur de Ces fous qui nous gouvernent aux éditions Les Arènes. Contrairement à Eric Rouleau, journaliste, écricain et diplomate français qui est intervenu dans Le Figaro pour dire que Kadhafi, qu'il connait depuis 1971, est simplement mégalo, Sutter annonce une autre couleur : « Kadhafi est aujourd’hui un des rares dirigeants sur la planète qui soit vraiment fou. Il a d’ailleurs déjà eu des traitements psychiatriques ».

Pour Pascal de Sutter, pas de doute possible : « On retrouve un trio assez classique chez lui, de la paranoïa, un délire de grandeur et de la mégalomanie avec une composante importante de narcissisme. Psychopathe dénué de valeurs morales, il a une sorte d’esprit messianique. Il est convaincu qu’il a été choisi et il ne doit pas comprendre la contestation. De plus, il a de temps en temps des accès de schizophrénie ». Et c’est ce cocktail détonant qui lui aurait assuré la réussite de son coup d’Etat et son maintien au pouvoir. Mais la communauté de psychiatres reste perplexe. Michael Phelan, collègue de Kingsley Norton à Londres, répondrait ainsi volontiers à Pascal de Sutter qu’une stigmatisation à l’aide d’un comportement n’aide en rien à un l’élaboration d’un éventuel diagnostic : « Personne ne qualifie de fou un héros qui sauve des vies de façon irrationnelles, la folie étant seulement attribuée aux choses négatives »
 

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Commentaires
3 votes
par sonearlia (IP:xxx.xx7.169.234) le 4 mars 2011 a 21H52
sonearlia (Visiteur)

Pure propagande !

8 votes
par Christian Navis (IP:xxx.xx0.182.254) le 5 mars 2011 a 10H43
Christian Navis (Visiteur)

Kadhafi n’est pas fou, dans le sens "altération des fonctions cognitives" ou "perte des repères allant jusqu’à la méconnaisssance de ses actes", ou encore "mauvaise perception ou inadaptation à son environnement". Bien au contraire, il a donné maintes preuves de sa ruse, de son pragmatisme, de son art de tromper les gens, et de sa capacité à rebondir. Ses extravagances, calculées, s’inscrivent dans un processus théâtral de propagande qu’il maîtrise parfaitement.

Par contre, comme Hitler, Staline, Saddam, Kim Jong Il (liste non exhaustive) c’est un sociopathe, doublé d’un mégalomane paranoïaque : aucune empathie, aucune respect d’autrui + l’illusion d’être un super génie + l’envie de tuer toute personne qui ose le contrarier. En d’autres termes, il correspond davantage à la typologie du serial killer, dont chaque crime impuni est une jouissance qui renforce son sentiment de supériorité. Devant une cour, en tant que caractériel, agressif mais intelligent et conscient de ses actes, il serait considéré comme parfaitement apte à subir une sanction pénale.

3 votes
par clostra (IP:xxx.xx2.127.242) le 5 mars 2011 a 11H10
clostra (Visiteur)

Qu’est-ce que la folie ?

On prétend que ceux qui nous gouvernent trouvent la force d’obtenir le pouvoir dans un traumatisme souvent d’enfance. Et les autres se sentent protégés par ceux qui "haussent le ton". Car nous sommes tous porteurs de traumatismes d’enfance.

Le pouvoir rend-il fou ?

En tout cas, la démocratie dans son infinie sagesse (? !) a imaginé l’alternance, le pluripartisme, le débat démocratique pour se protéger.

Le pétrole rend-il fou ? On sait que l’indépendance d’un pays repose sur ses capacités d’autosuffisance en matière d’énergie. De quoi augmenter le pouvoir peut-être jusqu’à la folie de ce dictateur qui se dit investi d’une mission mondiale. Et il a peut-être raison après tout...

En tout cas, il semble mieux armé que les dictateurs tunisien et égyptien, pour faire valoir des arguments qui ont fait long feu.

Quelqu’un disait sur un forum que "on verrait ce qu’on verrait" quand la Jordanie aura ou sera sur le point de basculer.

Un vieux dicton français prétend qu’"en France on n’a pas de pétrole mais on a des idées".

A propos de folie, dans une émission récente, un psychologue, professeur en psychologie, expliquait ou donnait des pistes sur la folie, en disant que notre cerveau, à la lumière du réel, chaque instant imaginait tous les possibles de la situation : n’est-ce pas la folie des psychiatres que de ne s’arrêter que sur celui qui les intrigue ou les inquiète ou pour lesquels ils n’ont pas de solution. La folie, c’est également l’interprétation...

Il suffit peut-être de dire à Kadhafi qu’il a bien travaillé et qu’il est temps maintenant de se reposer avec autour de lui sa famille très aimante, ses fils en particulier.

1 vote
par rodier_a (IP:xxx.xx3.245.183) le 6 mars 2011 a 00H01
rodier_a (Visiteur)

Faut vraiment qu’il y ait des psychiatres très cons, vraiment très cons pour se permettre ce genre d’analyse : la psychiatrisation de la société, ou les psychiatres sont les nouveaux chantres du bon et du mauvais, comme les curés d’antan, est fatigante et dangereuse. C’est de la pure idéologie au service d’une nouvelle vérité révélée car issue d’une pseudo science, donc incontestable. Si les psychiatres veulent penser le monde, qu’ils se fasse philosophes et non médecins. De toute manière, on se fiche de savoir si Kadhafi est fou ou non, la réponse à cette question n’a strictement aucun intérêt ou plutôt présente de nombreux intérêts : en déclarant fou Kadhafi ou un autre, on ne fait qu’apporter une pierre de plus à la justification, en toute bonne conscience, à une intervention militaire externe, car comment pourrait-on-humainement-tolérer-qu’un-pays-soit-dirigé-par-un-fou ? Nouvelle atteinte au droit international après la saisine d’un conseil de sécurité et par ricochet de la cour pénale internationale tous deux juridiquement incompétents pour traiter ce type d’affaire et que les médias n’ont de cesse de nous présenter comme légitime. Après le droit comme habillage juridique à ce drame terrible qu’est une guerre civile, voici venu le temps des psychiatres ....

0 vote
par Michel (IP:xxx.xx4.232.96) le 12 novembre 2011 a 22H46
Michel (Visiteur)

"Et les discours prononcés ces derniers jours par le ”Guide de la révolution libyenne”, [...] laissent effectivement laisser planer le doute quant à sa santé mentale." Il pourrait sembler superflu de rajouter aujourd’hui un commentaire à cette note : parce qu’il est évidemment notoire que la personne concernée ne prononcera plus jamais le moindre discours... mais du coup, le doute ne continue-t-il pas à planer ? Il n’est pas près d’être levé celui-là !

Dans ce cas, à défaut, pourquoi ne pas lever quelque lièvre ? Ainsi pouvons-nous transférer le doute sur un autre sujet ; en remontant tout simplement au titre de la présente note, par exemple : "Les psychiatres analysent le cerveau de Kadhafi". Ça ne va pas être facile à présent : personne ne sait où a été inhumé le ”Guide” ! Pourtant, ce serait plus facile si on le savait : pour parler grossièrement, on l’aurait pour ainsi dire sous la main. Alors que de son vivant -soit du temps où "les psychiatres analysaient le cerveau de Kadhafi" (sic)-, ils ne l’avaient PAS DAVANTAGE sous la main : comment diantre faisaient-ils alors pour "analyser" cet organe -de loin le plus complexe- de l’anatomie humaine... HORS de tout champ CLINIQUE ? C’est vraiment très fort !

À moins évidemment que ce ne soit très [...] comme le suggère rodier_a ci-dessus. Que ce soit de la pure idéologie, je suis bien d’accord avec lui. Là où je le serai moins, c’est qu’elle soit "au service d’une nouvelle vérité révélée" : parce que révélée (c’est-à-dire, tombant plus ou moins "toute cuite" dans le bec) ou le fruit de réflexions approfondies et d’une fastidieuse recherche, comme son nom l’indique, une vérité est censée être une VÉRITÉ : pas franchement un tissu d’inepties faisant la part belle aux concepts les plus fumeux entretenus au sein d’une atmosphère pédante d’illusions, de mensonges et d’hypocrisies corporatistes. "Car issue d’une pseudo science, donc incontestable" ? À un tel degré de falsification du réel, même le "pseudo" n’est plus d’aucun poids pour fournir la béquille "scientifique"© ! http://www.mensongepsy.com/fr/?p=3491 http://www.mensongepsy.com/fr/?p=42... Par conséquent, non seulement cela n’a plus rien d’"incontestable"... mais voici surtout venu plus que le temps où la "psychiatrie"© aura été suffisamment testée, s’est révélée à l’usage suffisamment détestable pour que la contestation à son sujet fusse moins une option qu’un strict minimum vital.

Sans compter que ces braves gens se plaisent décidément à se tirer une balle dans le pied ! Ainsi de ce monsieur Sutter qui nous "annonçait une autre couleur : « Kadhafi est aujourd’hui un des rares dirigeants sur la planète qui soit vraiment fou. Il a d’ailleurs déjà eu des traitements psychiatriques »." CQFD... et merci en passant de l’aveu implicite ! Il faut vraiment avoir la tête dans le sable pour ignorer encore de nos jours la nocivité de ces traitements "psychiatriques"© qui permettent de "préciser" le "diagnostic"© APRÈS les "soins"© : ce qui s’appelle marcher sur la tête... et accessoirement s’entêter dans le marché : http://www.agoravox.fr/actualites/s... http://psychotrope.canalblog.com/ar... http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-...


http://www.agoravox.fr/actualites/s... http://www.agoravox.fr/tribune-libr... http://benzodiazepines.wordpress.co... http://www.centpapiers.com/vos-medi... (On pourrait ainsi emplir des pages entières de liens conduisant à quantité de témoignages au sujet des résultats cliniques obtenus : il suffit de se baisser pour les ramasser...)

C’est dire que pour répondre à la question au-dessus : "dans quelle catégorie psychiatrique classeriez-vous les chefs d’état qui déclarent une guerre alors que leur pays n’a pas été attaqué ?", la première chose est encore de ne pas entrer dans un tel schéma (même si la question est manifestement un brin ironique) de vouloir à tout prix classer quoi que ce soit -ou qui que ce soit- dans ce type de catégorie. "Comment justifier l’injustifiable ?" Avec la "psychiatrie"©, précisément (!) : sans doute est-ce d’ailleurs grâce à CETTE fonction qu’elle tient debout. Et à cette fonction seule (ne profitant évidemment qu’à ceux qui ont "besoin" de justifier à tout prix LEUR injustifiable en temps de "paix"...) : parce que l’alibi "médical"© -ou "scientifique"©- a quant à lui largement acquis des relents nauséabonds de putréfaction...

0 vote
(IP:xxx.xx4.102.84) le 30 avril 2011 a 14H51
 (Visiteur)

Et dans quelle catégorie psychiatrique classeriez-vous les chefs d’état qui déclarent une guerre alors que leur pays n’a pas été attaqué ? Comment justifier l’injustifiable ?