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Le commandant du Concordia, un « cas clinique » pour les psychiatres
Le commandant du Concordia, un «cas clinique» pour les psychiatres
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21 janvier 2012 | 5 commentaires
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Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

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Le commandant du Concordia, un « cas clinique » pour les psychiatres

Le commandant du Concordia, un «cas clinique» pour les psychiatres

Francesco Schettino, le commandant responsable du naufrage du Concordia, a été placé sous surveillance spéciale sous l’aile d’un psychologue le 16 janvier dernier. Placés quelques jours en cellule avant d’être assigné à domicile, il n’aurait pas manifesté d’intentions suicidaires, bien qu’étant jugé fragile. Pour les psychiatres italiens, le capitaine est un cas clinique : l’homme aurait été victime d’une régression infantile en perdant tous sens des réalités. Pour les psychiatres français, en outre, ce marin expérimenté de 52 ans pourrait avoir été victime de son instinct primaire de survie.

Dans le sillon de la tragédie qui a eu cours le 13 janvier dernier sur les côtes de l’île du Giglio, les recherches pour trouver les disparus se poursuivent. 21 personnes manqueraient encore à l’appel, et 13 victimes ont été identifiées. Le commandant du Costa Concordia Francesco Schettino, dont l’épave en partie immergée git en position instable sur des récifs, est accusé d’homicide par imprudence, naufrage et abandon de navire. Il est actuellement assigné à résidence mais encourt jusqu’à 15 années de prison. Aux dires des témoignages, cet homme originaire des environs de Naples fut, tout au long d’une carrière qui vient brutalement de se terminer, à la fois un « frimeur » et un « homme autoritaire ». Les mêmes questions reviennent : pourquoi s’est-il risqué à s’approcher autant de l’île de Giglio, et pourquoi, bien qu’il assure le contraire, a-t-il si rapidement quitté le navire ? Et il y a de curieuses constatations : Selon le parquet, « le commandant, après avoir abandonné le navire, est resté étrangement immobile sur la côte rocheuse du Giglio, regardant le navire en train de couler ».

De l’autre côté des Alpes, les experts s’interrogent. Selon Donatella Galliani, psychologue particulièrement active dans le domaine de la protection civile, « les déclarations de Francesco Schettino le soir du drame sont révélatrices de troubles de la personnalité. Il dissocie à outrance et se montre incapable de reconnaître ses propres erreurs ». Cette position est partagée par Francesco Bruno, psychiatre et criminologue : « Schettino ne prend pas en compte les règles. Il suit simplement ses instincts et ses pulsions sans rendre compte de risque. Nous avons à faire à un homme narcissique et exhibitionniste. A mon avis, cet homme est trop imbu de lui-même pour tenter un jour de se suicider ».

Et ce n’est pas Maria Pia Giuffrida, cadre pénitentiaire à la prison de Grossetto en charge du commandant lors de son placement en cellule, qui dirait le contraire : « Schettino s’est montré calme. Il n'avait pas du tout l'air désespéré et n’a versé aucune larme ». Alberto Siracusano, responsable du département des neurosciences à l’université romaine de Tor Vergata, se montre également perplexe : « Schettino a été incapable d’assumer son rôle, mais il ne s’est montré effrayé à aucun moment. Lors de sa conversation avec les autorités sur terre ferme, ses réponses furent un étalage de mensonges et de propos infantiles, insistant sur l’obscurité de la nuit. Ce comportement est typique d’une personnalité rigide ».

Massimo Di Giannantonio, professeur de psychiatrie à l’université de Chieti, se demande même si le commandant déchu n’a jamais été soumis à une évaluation neuropsychologique, car « cette mesure de précaution aurait pu mettre en lumière des zones d’ombre passées ». Les examens toxicologiques auxquels Schettino a bien voulu se soumettre devraient en dire davantage, et le médecin légiste qui se penche sur le capitaine sera en mesure de dire sous peu si l’homme actuellement le plus détesté d’Italie possède des traces de drogues diverses dans le sang. En France également, Francesco Schettino fait couler de l’encre chez les professionnels de santé. Pour Antoine Pelissolo, professeur de psychiatrie à l’université de Paris VI, l’instinct de survie a été flagrant : « Son premier réflexe a été d’assurer sa propre sécurité. Ce n’est que dans un deuxième temps qu’il a pensé aux passagers du bateau ». Selon cet expert, le réflexe de survie se mesure à des degrés variables : « Chez les animaux par exemple, les oiseaux préviennent par leur cri le reste de leur groupe, au risque de se mettre eux-mêmes en danger  ».

Le psychiatre Jean-Claude Seznec, quant à lui, indique que «  les hommes sont différents, avec des impulsions différentes. Et ce sont autant de caractères qui définissent les réactions ». Somme toute, ce spécialiste estime qu’ « on peut bien évidemment ne pas être d’accord avec le comportement qu’il a eu, mais il est difficile de le juger car nous ne sommes pas à sa place ».
 

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Commentaires
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par le journal de personne (IP:xxx.xx1.223.225) le 21 janvier 2012 a 11H03
le journal de personne (Visiteur)

Concordia : Naufrage à l’italienne

Abbandonato... Povero !.... le pauvre... il a passé la nuit sur un rocher... rivé... après avoir vu de ses propres yeux, dériver son bateau... capito ?... No capito ! Ho... là... là ! Qu’est-ce que vous voulez me laisser entendre ? Que ce n’est pas le capitaine coraggio ? Rien que de me l’entendre dire... ça m’écœure... toute cette presse nauséabonde... cette justice à une vitesse... et cette horrible rumeur : que le capitaine n’a pas assuré... quelle horreur... mais mon mari n’est pas assureur... il est navigateur ... c’est... come dire ? Un ingénieur... pas un maître nageur.... un homme... pas un surhomme. Les règles ? Quelles règles ? En Italie, ce sont les femmes qui ont des règles... pas les hommes. Qu’est-ce qui vous ferait plaisir ? qu’on jette à la mer, le seul homme qui sache vraiment ce que c’est que la mer ? Vous l’auriez préférée morta la gallina... Mais elle est vivante... oui je suis d’accord... je vous l’accorde... il n’était pas sur le bateau au moment où il aurait fallu qu’il y soit... Non... il ne s’est pas précipité, il a anticipé... et reconnaissez-lui au moins le mérite d’être le premier à sortir sa tête de l’eau... Oui... il entendait les gens hurler... Atroce ! et il se disait que tant qu’il était dedans, il ne pourrait rien faire pour eux... Il lui fallait un pied à terre pour bien diriger les opérations de sauvetage... un ancrage sur terre oui... et je crois qu’il a eu raison... sinon je serai déjà veuve. Et vous, vous n’auriez pas eu l’occasion de faire votre sale boulot... en me posant toutes ces questions à la con... Quoi ? Un capitaine ne doit jamais quitter son navire en cas d’incident ? Quand est-ce que vous voulez qu’il le quitte alors ? Je réponds : en cas de force majeure : la vie... Il a tout plaqué... parce qu’il s’est senti un peu plus en phase avec la vie qu’avec son bateau...point barre. Et puis il n’en était même pas le propriétaire...Il n’allait pas saigner pour des valeurs boursières ? Pour une image de marque ? Pour une presse de caniveau ? Non... Ne prononcez pas ce mot "responsable". Capito ? Il a fait un calcul... puis il a sauté... parce qu’il préfère encore passer pour un lâche que pour une tâche... oui c’est l’instinct d’auto-conservation , de la légitime défense en quelque sorte... il s’est senti menacé par les flots... et leur a abandonné le bateau... Qu’est-ce que vous dites ? Qu’il a fait une fausse manœuvre... qu’il y a erreur de pilotage ? Et pourquoi vous ne dîtes pas faute d’aiguillonnage ? Non... à son corps défendant, je dirai que s’il a essayé de se rapprocher un peu trop de la côte... c’est parce qu’il a le mal de mer. Et s’il a fait ce métier de galérien... c’est parce qu’il n’y avait aucun rital pour le faire... Non... il n’est pas rital... il est napolitain... d’origine... donc, vous comprenez que pour lui, la vie... c’est vraiment vital ! Perché ? Parce que ça ne lui a rien coûté

http://www.lejournaldepersonne.com/...

1 vote
par focalix (IP:xxx.xx2.88.145) le 23 janvier 2012 a 11H28
focalix (Visiteur)

Bonjour,

Ce site est médical, et cet article traite de l’état de santé du capitaine. Votre réponse est à charge contre la justice et la presse, mais par nature un médecin n’est ni juge ni journaliste. Vous êtes donc hors sujet !

Pour le style célinien il y a un peu de ça... les points de suspension surtout !

2 votes
par easy (IP:xxx.xx5.42.174) le 23 janvier 2012 a 13H02
easy (Visiteur)

@ Focalix

Médical ? Ce papier ? Alors qu’il publie un avis médical ? Su un forum ouvert à tous vents et où chacun pourra y puiser de quoi C/C à l’infini ? Et non sur quelque Napoléon du passé mais sur une personne encore en vie qui doit prochainement être jugée ? Et cela à une semaine du drame, seulement, alors que la masse est totalement hystérisée ?

Arrrrhh, où en est rendue la médecine !

Enfin, "La médecine" c’est ici trop large, trop forfaitaire, amalgamant et injuste. Pardon pour ceux des médecins qui ne sont pas puérils, qui se comportent en véritables responsables et qui restent silencieux. Mais c’est ainsi, il suffit qu’un médecin agité du bocal se mette à se répandre en public sur le diagnostic qu’il fait d’une personne (qu’il n’a jamais vue ni examinée de près. Car il serait alors éthiquement et juridiquement responsable) pour que tout le corps médical se retrouve sali et réduit.

Le mal étant désormais fait, acceptons la réalité de ce papier-diagnostic-jugement, aussi primaire soit-il (Ma vieille chienne aurait pu le rédiger) et passons alors à l’autre volet

Est-ce qu’à la suite d’un tel exposé-jugement-diagnostic sur une personne mise en examen et en pleine hystérie contre elle (valant largement celle contre DSK) il y aurait des personnes qui ne seraient pas de plein droit de commenter ?

Est-ce que nos analphabètes, nos rustres, nos idéalistes, nos taulards, nos schizophrènes et nos borderlines sont interdits de dire ce qu’ils pensent, de la cible pilorisée si ça les inspire, de la pilorisation si ça les inspire ?

Enfin, pour répondre plus directement à l’auteur de cet article qui n’a du médical que sa dimension la plus autoritariste et arrogante, je dis que quels que soient les aspects immatures ou irresponsables de ce commandant, ils ont contribué faire son identité et son utilité jusque là.

Enormément de gens ont été utilisés ou récupérés pour ce qu’ils ont de flamboyant. Et auront été bien entendu jetés aux chiens à la suite d’un drame Non pas que les gens les sentent réellement uniques responsables, non. Au contraire. Les gens savent très bien in petto qu’ils sont tous co responsables car ils sont trop aimé la frime et les catharsis joyeuses. Mais comme nul n’a envie d’être lapidé, chacun trouve bien plus commode et opportun de se liguer contre un bouc émissaire C’est la peur, la bête trouille de se retrouver co responsable d’un drame, non le sentiment de justice, qui pousse les gens au lynchage d’un meneur de bal.

Toutes les personnes qui ont demandé à être prises en photo avec le commandant ont contribué au jeu du narcissisme (du commandant, d’eux-mêmes les passagers, de la croisière et in fine de notre système, nettement plus flamboyant que modeste)

3 votes
par captain beefheart (IP:xxx.xx6.176.25) le 23 janvier 2012 a 13H05
captain beefheart (Visiteur)

Je pense que 90 % de nos hommes et femmes politiques ont les mêmes problèmes psychiques que ce capitain coulé.

0 vote
par ZARASUD (IP:xxx.xx2.148.225) le 24 janvier 2012 a 08H32
ZARASUD (Visiteur)

Le "cas clinique" du commandant du Concordia n’est que l’expression ultime du manque inquiétant de formation "aux risques accidentogènes induits par le comportement humain" des officiers en milieu maritime.

Il convient de bien intégrer que L’ HOMME est AU COEUR DE LA SECURITE MARITIME. On constate malheureusement que les stages Facteurs Humains, en milieu maritime sont presque inexistants.

En Mars 2010 au cours des Journées Internationales de l’Enseignement et de la Recherche maritimes Ecole de la Marine Marchande, Marseille, on découvre cette conclusion : Pourquoi les questions concernant le comportement sont-elles peu appréhendées dans le monde maritime ?

Il est très symptomatique de constater qu’un équipage en milieu aéronautique est entraîné systématiquement et fait des stages FH.... il sait gérer au mieux l’aspect comportemental délicat de la MACHINE HUMAINE en équipage….. et à l’opposé le Commandant d’un navire demeure le PACHA sans que l’on puisse émettre une quelconque remarque concernant ses décisions.

Très bien la marine Colbert….. mais il va falloir évoluer un peu car tout l’arsenal électronique d’un bateau ne sert plus à rien lorsque le PATRON décide unilatéralement sans contrôle d’un autre membre d’équipage.

Le Commandant du Concordia était décrit comme tyrannique…. ayant des rapports de domination….ses ordres souvent arbitraires….ajoutons à cela une incohérence dans la hiérarchie des priorités. Cet homme présentait tous les patterns d’un être non adapté au commandement en situation d’urgence. Si, au cours de stage FH il avait fait une formation G.M.M….. celle que l’on donne aux pilotes de combat…. l’accident du Concordia ne se serait pas produit !

Très intéressantes, les opinions des psychiatres, mais elles arrivent à postériori alors qu’elles auraient pu être structurantes au sein de stages Facteurs Humains.

En conclusion, tout ce drame aurait pu être évité si la formation de "la machine humaine " avait été correctement faite.

PETIT DETAIL FINAL qui va faire hurler certains….l’être humain dit "moderne" doit intégrer avec lucidité et courage….. le fait que la gestion neuro-centrale fondamentale de son comportement est le CORTEX PRÉFRONTAL...... qui n’a réellement que 100.000 ans d’existence .... donc très loin d’être adapté aux situations stressantes.

Nous pouvons continuer a ignorer le point de détail qui précède et nous réfugier dans un consumérisme bien adapté au contexte du moment… mais alors il ne faut pas pleurer face au type de drame comme celui du Concordia.