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La structure état limite
La structure état limite
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27 juillet 2010 | 1 commentaires
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David Etienne, 1 article (Rédacteur)

David Etienne

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La structure état limite

La structure état limite

Suite à de nombreux articles lus sur Carevox je souhaite amener ma pierre à l’édifice d’une meilleure connaissance de la personnalité “Etat limite”, au travers d’un témoignage.

J’ai suivi une formation en relation d’aide pendant 3 années. Or un des participants a une personnalité “Etat limite”. Je préfère d’ailleurs appeler cela la “structure état limite”. Il s’est ouvert à nous de manière sincère nous expliquant ce qu’il ressentait et répondant aux questions des autres personnes du stage dans l’optique de mieux se connaître et mieux comprendre l’autre. C’est assez rare car au niveau de son fonctionnement, un état limite n’est pas naturellement poussé à se dévoiler, bien au contraire. Je retrace ici quelques uns de nos échanges. Ce témoignage éclairera peut-être différemment la “structure état limite”.
Pour mieux comprendre ce qui suit je souhaite simplement donner, avant, quelques explications sur la “structure état limite”. Une personne possédant cette structure est une personne qui possède une partie névrosée et une partie psychosée. C’est ce qui lui donne ce fonctionnement très particulier et qui peut parfois lui poser des problèmes.

D. nous a parlé de plusieurs points.
Il nous a décrit cette différence qu’il a ressentit par rapport aux autres et cela depuis tout jeune. Il avait l’impression de ne pas fonctionner comme les autres. D’une part les questions qu’il se posait n’étaient pas des questions vraiment courantes à son âge. Et puis les jeux de ses camarades ne l’attiraient pas particulièrement. Il n’avait pas les mêmes intérêts. Passer une adolescence dans ces conditions est décrit par D. comme une souffrance.
Cette différence dans le fonctionnement il la ressent bien sur toujours. Ce qu’il a du mal à comprendre dans ceux qui l’entourent c’est leur manière de toujours se plaindre. Pour lui c’est une perte de temps. S’il veut quelques chose il fait ce qu’il faut pour l’avoir. Mais à quoi sert-il de se plaindre. C’est donc compliqué pour lui de suivre les discussions de personnes qui expriment constamment leurs plaintes. Il a donc tendance à se couper de temps en temps des autres. Tout cela ne facilite pas ses relations sociales. Cette particularité lui permet aussi de poser un regard différent sur une autre personne puisque la plainte personnelle n’intervient pas et qu’il peut ne pas rentrer dans celle de l’autre.
Lui posant des questions sur sa partie psychosée, J. nous a aussi parlé de cet état ou il est parfois allé quand ses sentiments devenaient trop forts et le submergeaient. C’est un état ou tous les désirs sont possibles et d'où il est difficile de revenir. Et quand il en revenait c’était pour se rendre compte qu’il avait fait des choses qui le surprenaient.
Il nous a aussi parlé de son fonctionnement qui fait qu’il prend automatiquement du plaisir dans tout ce qu’il fait. Et on ressentait dans ses mots plus que de l’envie et bien plutôt un besoin absolu, vital et qui va de soi.
Enfin il nous a parlé d’une réelle souffrance qu’il vivait et sur laquelle la notion d’état limite lui a permis de mettre des mots.

C’est le témoignage d’une personne et il est bien difficile, voir dangereux, de décrire un ensemble à partir d’un cas. Il existe en plus différentes personnalités dans la structure état limite. Mais ce témoignage de A. permet de mieux toucher du doigt le fonctionnement d’une personne qui a une structure état limite. Ce fonctionnement est parfois une réelle souffrance et peut poser des difficultés dans l’entourage. Mais cela lui permet aussi de posséder des qualités particulières qui peuvent être très utiles ; sa capacité d’avoir ce qu’il veut en allant droit au but, son regard sur les autres, sa capacité à décider sans état d’âme particulier.

Ce texte est un très court résumé de ces échanges entre A. (état limite) et moi-même (bon névrosé). Mais ce fut pour moi un réel enrichissement car en découvrant quelqu’un de si différent, c’est aussi un peu de moi que j’ai trouvé. Par exemple j’aurai eu du mal à voir mon besoin de plainte constant si je n’avais rencontré quelqu’un qui mettait le doigt aussi froidement et justement là-dessus.
Pour conclure et extrapoler, ce simple exemple peut laisser imaginer le champs infini qui reste à débroussailler, celui de l’autre. Car d’autres fonctionnements existent encore comme celui des psychosés ou l’idée de partage devient de plus en plus difficile. Mais en cherchant à comprendre l’autre c’est une peu de nous que nous découvrirons. Et si nous l’acceptons c’est une partie de nous-même que nous accepterons.

David Etienne - Psy - Praticien en relation d'aide analytique
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Commentaires
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par Patinounette (IP:xxx.xx9.80.225) le 3 août 2010 a 13H28
Patinounette (Visiteur)

Votre article m’a frappé car je retrouve beaucoup de point comun entre le descriptif que vous faites et une personne qui m’est très proche. C’est parfois difficile de le comprendre. Effectivement je vois les même comportements que je trouve parfois très froids. C’est ce recul par rapport aux sentiments qui est difficile. Parfois il semblerait presque qu’il y ai de la cruauté. Merci en tous les cas pour ce témoignage-réflexion qui m’éclaire un peu le visage de celui avec qui je partage beaucoup. Je suis allé sur votre site d’ Aide psychologique que j’ai trouvé sur votre fiche d’auteur pour voir si je trouvais des réponses supplémentaires. Je n’ai rien vu. Je suis allé aussi sur d’autres sites ; il semblerait que la "structure état limite" présente plusieurs profils différents dont beaucoup de témoignages parlent de scarifications. Pour le cas de la personne que je connais ce n’est pas le cas. Pour la souffrance qu’elle ressent par contre il semblerait que oui.