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La poupée, obscur objet de désir et de peur
La poupée, obscur objet de désir et de peur
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18 décembre 2013 | 1 commentaires
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Sarah Camara, 4 articles (Rédacteur)

Sarah Camara

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La poupée, obscur objet de désir et de peur

La poupée, obscur objet de désir et de peur
Poupées « doudou » chez l’enfant, poupées emblème de la fécondité, poupées vaudou… Protectrice ou maléfique, la poupée porte en elle toutes les représentations symboliques et sacrées.
 

La poupée et les psychanalystes

Dans l’antiquité, à la veille de leur mariage, les futures épouses donnaient en offrande leurs poupées à la déesse Artémis. Elles ne l’offraient pas à la divinité de la chasse mais à la déesse qui, par son aversion au mariage, avait décidé de rester chaste. Par ce geste les jeunes filles ritualisaient la fin de leur enfance, la perte de leur virginité et le passage à l’âge adulte. De tous temps, la poupée a revêtu un caractère symbolique et sacré.
 
Étonnement, Freud s’est assez peu intéressé à la représentation de la poupée dans la construction psychologique de l’enfant ou à son rôle dans sa socialisation. Les seules poupées qui l’ont vraiment interrogé sont celles de l’artiste surréaliste Hans Bellmer et Olympia, la poupée des Contes d’Hoffman. Chez Bellmer, c’est la manière dont il désarticulait ses poupées, amalgame entre rêve et réalité, et l'impression de transgression inhérente à son œuvre qui passionnait le psychanalyste. Le personnage d’Olympia, poupée animée si ressemblante à un être vivant, a été un exemple souvent cité par le maître dans ses travaux sur « l’inquiétante étrangeté ».
 
Ensuite, dès la fin des années 1940, Françoise Dolto s’est, elle, intéressée à la poupée comme objet symbolique. Elle imagine et confectionne une poupée avec un corps de femme et un visage végétal. Cette poupée-fleur permet à une de ses patientes, une fillette anorexique de cinq ans, de se libérer de son agressivité en la transférant sur ce jouet. Plus tard, Françoise Dolto publiera un livre : « Jeu de poupée » dans lequel elle explore le rôle de la poupée dans la construction de l’identité de l’enfant. Dans les années 1950, Donald Winnicott, pédiatre, psychiatre et psychanalyste anglais théorise, lui, le concept d’objet transitionnel : le célèbre doudou. Poupée ou jouet en peluche, objet sacré pour les tout petits, le doudou permet une transition rassurante entre la mère et le monde extérieur. 
 
 
Poupée fleur de Françoise Dolto
 
 

Le pouvoir des poupées à travers le monde

En Occident, si les psychanalystes ont étudié les poupées comme des objets structurants de l’enfance, ailleurs, quelle que soit la culture, quelle que soit la fonction, jouet ou fétiche, sacré ou profane, les poupées jouent le même rôle protecteur et/ou socialisant de l’enfance.
 
En Amérique du Sud, il existe un petit sac à poupées miraculeux. Dans ce minuscule paquet en paille tressée, se trouve des poupées miniatures. Le soir avant d’aller dormir, l’enfant raconte ses soucis, ses angoisses aux poupées. Ensuite il place le précieux sac sous son oreiller et pendant la nuit, les poupées mangeuses de chagrins et de cauchemars, libèrent l’enfant de ses peurs.
 
Les indiens Hopi des montagnes de l’Arizona ont créé des centaines de Kachina, poupées en bois peintes et représentant, l’eau, le feu, la pluie, ou encore des esprits bienveillants, farceurs etc. Deux fois par an, à l’occasion de fêtes rituelles, ces Kachina sont offertes aux enfants, ils les accrochent aux murs de leurs maisons et se familiarisent avec ces esprits magiques et protecteurs.
 
En Afrique, les poupées de la fécondité existent dans tous les pays de ce continent, même si elles se présentent sous différentes formes selon les ethnies. Confiées aux jeunes filles comme accessoires symboliques en vue de leur futur mariage et de leur grossesse, ces poupées incarnent la beauté et l'idéal féminin. Parvenue en âge de procréer, la femme porte sur elle cette poupée et s'assure ainsi d'obtenir un beau bébé. A son tour devenue mère, elle confiera sa « poupée enfant » à sa fille aînée afin que cette dernière poursuive le cycle de la fécondité.
 

Pourquoi les poupées sont-elles donc chargées de tels pouvoirs ?

Collectionneuse reconnue en Europe, Larisa Leonidovna Drozdova, esquisse des réponses : « Par son immobilité, son silence, son regard sans réponse, la poupée renvoie son propriétaire à son inconscient. Elle devient donc chargée de ses désirs et de ses peurs.  »
 
Larisa Drozdova ajoute encore que « La poupée peut être tour à tour le miroir de sa belle image ou de sa part d’ombre. Mais la poupée est aussi un archétype de la figure ancestrale de l’inconscient collectif. Elle devient donc porteuse des peurs et des désirs de la culture du groupe ou de la société. La poupée n’est donc pas toujours un bon objet, elle peut être également le support des superstitions ou une figure maléfique, une génie malfaisant. »
 
 
 
Poupée de la fécondité du Lesotho
 

La poupée ou le côté obscur de la force

Les poupées utilisées pour jeter des sorts apparaissent dès l’antiquité. Des poupées magiques en cire, chiffons ou bois ont été retrouvées dans des sanctuaires romains datant du 1er siècle après Jésus-Christ. Ces poupées existent dans toutes les cultures, même si les rites sont différents, le principe est identique. La poupée représente la personne à envouter et contient un élément de son corps, cheveux, ongles etc. La poupée est piquée d’aiguilles, coupée ou brulée à l’endroit où la personne visée doit être atteinte. Lors de ses voyages en Asie et au Mexique, Michel Nedjar, artiste plasticien s’est laissé envouter par la magie de ses poupées. Il confectionne des poupées-fétiches à l’aide de tissus, de chiffons et de sacs en plastique, de plumes et de morceau de bois. Il trempe ses œuvres dans des bains de terre et de sang. Quant la magie noire devient magie de l’art…
Sarah C.
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Commentaires
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par Marchaux (IP:xxx.xx6.207.223) le 18 décembre 2013 a 17H59
Marchaux, 94 articles (Rédacteur)

C’est un article un peut compliqué, mais intéressant !.