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La maladie, l’handicap, générateurs de dépression ?
La maladie, l'handicap, générateurs de dépression ?
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3 juin 2009 | 4 commentaires
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Roseline, 56 articles (Rédacteur)

Roseline

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La maladie, l’handicap, générateurs de dépression ?

La maladie, l'handicap, générateurs de dépression ?

La dépression n’est pas uniquement liée aux personnes malades ou ayant un handicap. Elle touche tout le monde, à tout âge, toutes les origines, toutes les professions… Personne n’est à l’abri de vivre un moment de dépression dans sa vie. Mais, quand la conjugaison maladie/dépression ou handicap/dépression voit le jour, tout de suite la donne est beaucoup plus compliquée.

Qu'est-ce que la dépression ?
 
En psychiatrie, le terme dépression provient du latin dépression qui peut être traduit par « enfoncement ». C’est un trouble de l’humeur.
 
L’humeur, quant à elle, est « une disposition affective de base qui nous fait osciller de la joie la plus extrême à la tristesse la plus douloureuse. C’est en fait un état d’esprit qui va influer sur la manière dont nous allons percevoir et interpréter les évènements.
 
La dépression, c’est le creux de l’humeur et c’est différent d’avoir des idées noires un coup de blues ou encore un chagrin. Ces idées négatives sont normales et apparaissent à des moments cruciaux de la vie (décès d’un proche, annonce d’une maladie, un accident venant mettre un terme à un projet en raison d’une perte d’autonomie…) »
 
C’est une maladie fréquente, qui touche presque 20 % des personnes au cours de leur vie.
Le risque évolutif, le plus terrible est le suicide. Vous pouvez compter 70 % des personnes décédant par suicide en France qui étaient touchées par la dépression qui n’a pu être, le plus souvent, diagnostiquée et traitée.
 
La question la plus souvent retrouvée chez les personnes dépressives est « A quoi bon ? ».
Ils font référence à deux choses : Une interrogation sur le sens de la vie et puis la notion du bon et du mauvais, du bien et du mal. Le thème récurant de la dépression est la mort.
 
Les psychiatres parlent de syndrome dépressif. Les raisons de ce terme sont les suivantes :
  • C’est un syndrome qui dure dans le temps. Il ne se limite pas seulement à une réaction, un évènement douloureux, …
  • La maladie imprègne toute la personne que ce soit son être ou son âme. Elle ne touche pas uniquement le mental (la façon de penser, la réflexion,…), mais aussi les attitudes, les comportements, les discours,…
  • La personne affectée ne possède plus d’esprit critique, de capacité à raisonner, à gérer les choses de façon raisonnée,…
  • En résumé, toute la personne est touchée : son mode de penser, son corps, ses attitudes,…
Au sein des groupes de paroles de l’Aide Sociale aux Personnes handicapées, la chose la plus remarquée est le manque d’informations.
 
 
La dépression est due à la maladie, ou la maladie provoque-t-elle la dépression ?
 
Beaucoup de questions sont posées pour définir la barrière entre une dépression et un coup de déprime dû aux conséquences d’une maladie ou d’un handicap. Il est noté par les professionnels que la question la plus fréquente est la suivante : « Comment arriver à repérer au niveau du comportement de la personne handicapée ou malade, les signes qui montrent que la personne glisse vers une dépression plutôt que vers la mélancolie ? »
 
Lorsqu’une personne handicapée ou malade se trouve en face d'une situation difficile, elle va devoir passer par différentes étapes qui correspondent à un travail de deuil :
  • Le refus, la dénégation : cela correspond à un grand traumatisme engendré par la maladie et/ou le handicap. Cela correspond à une auto-défense.
  • La révolte, la colère : C’est le fameux « pourquoi moi ? ». La personne a besoin de traduire son sentiment d’injustice et/ou une révolte projetée sur autrui.
  • Ensuite, une phase de marchandage voit le jour. La personne touchée veut devancer la réalité pour la fuir, mais n’y parvient pas. Elle se trouve donc confrontée à la perte.
 
La dépression est une étape particulièrement longue et répétitive. Elle arrive toujours suite à la prise de conscience de la perte. Pas seulement la perte physique, il y a aussi les pertes des projets qui avaient mis en place avant la maladie et/ou le handicap ou ceux qui ne se réaliseront jamais même s’ils n’étaient pas prévus auparavant. C’est le moment de reconstruire sa vie, une image de soi qui va devoir prendre en compte les changements liés à la maladie et/ou au handicap, les diminutions physiques ou mentales,…
 
Ce travail de deuil va repasser en boucle à chaque difficulté, mais sans toujours arriver jusqu’à la dépression. Nous pouvons donc dire que les caractéristiques de la dépression sont divisées en deux parts :
  • la part comportementale :
La personne pleure, est triste, subit une diminution de l’intérêt, change de poids en maigrissant ou en grossissant, dort mal, …
Elle peut, également, se voir confronter à l’asthme, à la perte d’énergie, à la diminution de la façon de penser et de se concentrer.
  • la part psychologique :
La personne se sent dévalorisée, coupable. Elle se replie sur elle-même et se désintéresse des autres.
Elle a, aussi, du mal à exprimer ses véritables sentiments, sa douleur morale, ses plaintes corporelles.
 
Cette étape de dépression prépare à l’acceptation de la perte physique et à l’amour de soi. Elle est nécessaire pour affronter enfin la réalité de la maladie et/ou du handicap. C’est une façon de travailler sur un désinvestissement du corps, des parties perdues. De ce fait, c’est un moment de la vie de la personne touchée où elle peut paraître exigeante, perturbée, agressive,…
 
 
Un travail de deuil
 
Si vous prenez le temps de discuter avec une personne handicapée, elle vous révèlera que le handicap physique fait naître une blessure de l’esprit en plus de celle du corps. Le corps qui est nôtre et avec lequel la personne vie, avec lequel elle se montre aux autres change. De ce fait, une vie différente va devoir se mettre en place.
 
« Cette atteinte de l’intégrité corporelle se vit dans l’angoisse, car chaque geste de la vie quotidienne renvoie la personne handicapée à son manque. La personne handicapée veut que la situation redevienne comme avant, elle souhaite un retour “à la normalité » et ce souhait va provoquer de la douleur, car elle est confrontée à la réalité de la situation. »
 
Tout devient angoissant : la peur de l’échec physique, celle de l’imprévu à gérer, celle de ne pas parvenir à faire face à sa nouvelle vie, le manque de confiance dans les aides techniques, la sensation d’être un boulet pour chaque être de son entourage …
 
Ces idées sont continuellement présentes et déstabilisent journalièrement la personne concernée. Les relations humaines sont perturbées, agitées car il persiste une forme de dépendance envers les autres.
 
Le rapport aidant/aidé est difficile à vivre car la personne handicapée est encore et toujours renvoyée à son manque, à son handicap. Il arrive que certaines personnes refusent, d’ailleurs, d’être aidées. C’est à cet instant que naît bien trop souvent un sentiment de rancœur et d’agressivité.
 
Le refus de l’aide est un palliatif au refus de la douleur, du handicap,… Le regard de l’autre est alors indispensable. La personne handicapée que ce soit par la maladie ou par un réel handicap, ressent le besoin de recevoir de la reconnaissance en tant que personne, malgré un handicap.
 
C’est pour cela que les spécialistes se demandent si, à ce niveau, le handicap est un facteur de la dépression ou si la dépression est un facteur du handicap…
 
Les deux pensées sont explicables en adaptant l’argumentation.
  • Le handicap peut engendrer la dépression chez certaines personnes sans que ce soit une obligation. Cela va dépendre de nombreux facteurs environnementaux comme l’origine du handicap, le type de handicap, les conséquences de celui-ci au sein de l’environnement familial et/ou professionnel, le soutien de l’entourage, … Ils ne sont pas les seuls.
  • Chaque être est unique et donc les facteurs internes sont également présents comme le caractère, la façon de gérer le quotidien et/ou une situation difficile,… Le vécu est donc présent dans la gestion du handicap et/ou de la maladie. C’est un des facteurs primordiaux.
La dépression peut-être un facteur du handicap. En effet, la réponse est affirmative le plus souvent dans les handicaps sociaux. « Les conséquences peuvent être dramatiques : exclusion sociale et professionnelle, handicap majeur, et trop souvent, suicide. Les caractéristiques comportementales et psychologiques de la dépression font que la personne dépressive se replie sur elle-même évite tout contact social, voir les fuit, ce qui à la longue, entraîne l’isolement. » 
 
La dépression est souvent incomprise alors que l'aide de l'entourage est importante
 
Comme je le disais précédemment, tout le monde peut-être atteint par la dépression : les personnes handicapées, les personnes malades, les personnes valides, les personnes en pleine forme physique,…
 
Même l’entourage d’une personne malade et/ou handicapée qui se trouve confrontée à une situation difficile peut-être touché. Ce n’est pas facile de trouver sa place face à la difficulté à reconnaître ce proche qui change, qui se comporte étrangement par périodes, qui refuse son handicap et/ou sa maladie, mais aussi face à la difficulté de devenir « l’aidant ».
 
Cette maladie est malheureusement incomprise le plus souvent. Mais, l’environnement ainsi et surtout la famille joue un rôle majeur. Or, cette maladie transforme négativement les relations sociales par leur diminution.
 
Malheureusement, le patient a besoin de plus de monde au moment où la désertion se fait ressentir.
« Dans notre société, la dépression, comme le handicap, est encore trop souvent mal comprise et considérée. C’est donc tout un travail au niveau de la société et des mentalités qu’il est nécessaire de faire. De plus, si l’on veut éviter que les projections de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) se vérifient et s’aggravent il est essentiel d’agir afin que la dépression ne devienne pas la deuxième cause mondiale de handicap. »
 
D’après ces constats, il faut prendre en compte la dépression comme une réelle maladie, mais qui est soignable. En plus, les personnes touchées peuvent en guérir. Il est essentiel que l’entourage médical, familial, amical fassent attention aux changements qui interviennent chez la personne concernée. Et, il est vital que cette dernière se soigne, qu’elle parle, qu’elle écoute, qu’elle admette son problème,… Cela permettrait de soigner le physique, comme le mental et le bien-être.
 
Demander de l’aide n’est pas une honte ! Se soigner permet d’éviter d’en arriver bien trop souvent au pire. Alors, pensez-y tous et prenez soin les uns des autres !
Roseline Buarotti

SOURCES

  • Etude l’ASPH : Le handicap ou la maladie génère-t-il la dépression ?, Wikipedia : la dépression.
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Commentaires
0 vote
par clairvoyance (IP:xxx.xx8.6.135) le 4 juin 2009 a 21H33
clairvoyance (Visiteur)

Auparavant,on appellait ça un coup de blues ou "une baisse de régime"....dorénavant la psychiatrie a réussi de par sa bible(le DSM) a rajoutter une centaine de soi-disants "maladies"...même la timidité,les problèmes avec les maths etc...sont devenus des "maladies". Et qui dit maladie dit "médocs",antidépresseurs et autres drogues !! La psychiatrie vient de s’attaquer aux addos,aux étudiants,aux enfants ...sommes-nous tous fous ? Surement pas !! http://www.mensongepsy.com/fr/?p=1466

1 vote
par J-Luc (IP:xxx.xx4.94.201) le 4 juillet 2009 a 20H48
J-Luc (Visiteur)

Bonjour, Le refus est une réaction obligatoire et naturelle ! L’acceptation est à proscrire sans quoi l’aveu d’échec est avéré. Il ne s’agit pas d’accepter ou de refuser le handicap, le choix n’existe pas puisqu’on doit, purement et simplement, vivre avec son handicap ! L’autre choix, le seul, l’unique, est de ne plus vivre. Personne ne peut accepter d’être un sous humain bien trop souvent infantilisé par tous ! il faut absolument refuser ça ! Non, je n’accepte pas mon handicap ! Depuis 15 ans, je refuse cette tétraplégie qui me cloue sur cet horrible fauteuil roulant et cette puanteur de poche de sonde vésicale ! mais j’ai fait le choix de vivre malgré ça, parce que la vie est courte et que je n’en aurait pas d’autre ! Ce handicap m’empêche de vivre pleinement ma vie et ça me mets en colère. Cet ersatz de vie ne me convient absolument pas mais je ne l’abandonnerait pas tant que la médecine paliera aux souffrances. Je vis avec ce terrible fardeau, c’est trés difficile mais je vis Vous, humains "valides" qui me cotoyez de très près ou de très loin, acceptez mon choix de vouloir VIVRE...

2 votes
par Roseline (IP:xxx.xx9.245.173) le 5 juillet 2009 a 20H26
Roseline, 56 articles (Rédacteur)

Tu as tout à fait raison J-Luc... Il y a un choix à faire. Et, il faut l’assumer, gérer les autres, expliquer les maladresses, se justifier, se faire joyeux,... C’est un choix très difficile à faire surtout si l’ajout des douleurs, des difficultés liées au handicap, des humiliations,... sont pris en compte. Maintenant, ton choix mérite également le respect. Tu es un être vivant. Tu as ta place sur terre comme tout le monde. Nous ne sommes pas en plein jungle avec la loi du plus fort. La société nous permet de faire le choix de vivre, alors respecter ce choix si difficile à prendre ! Un handicapé ne se permettrait pas de penser que les valides ne devraient pas exister... Alors, si tout le monde pouvait être un minimum humain, cela permettrait une meilleure cohabitation. Courage à toi en tout cas ! Je me doute que tu auras la force de te battre pour VIVRE !! Alors, profites de ce que tu peux ! C’est toujours ça de gagné !

0 vote
par marie (IP:xxx.xx6.7.166) le 14 avril 2016 a 22H48
marie (Visiteur)

moi aussi j’avais des problèmes de dépression et fatigue car je me trouve incapable de profiter de mon escalier, alors mon marie a trouvé la solution c’est l’achat d’un monte escalier, Maintenant je me sens bien car j’ai récupéré mon indépendance.

Pour les gens qui sont dans la même situation que la mienne je vous leur conseille tout d’abord de ne pas baisser les mains par contre essayez de trouver des solutions, l’achat d’un monte escalier est juste l’une parmi une multitude des alternatives.

On ce qui concerne les monte escalier voici un blog que vraiment il ’ma beaucoup aider concernant l’achat, l’installation et autre. www.fauteuilmonteescalier.bl...