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L’hypnose intégrative, ça marche
L'hypnose intégrative, ça marche
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21 octobre 2011
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Gérôme ETTZEVOGLOV, 6 articles (Hypnothérapeute)

Gérôme ETTZEVOGLOV

Hypnothérapeute
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L’hypnose intégrative, ça marche

L'hypnose intégrative, ça marche

L’hypnose intégrative, une approche orientée résultat.

L'hypnose

L'hypnose désigne un état spécifique qui se traduit par la modification du niveau de conscience dominant notre appréhension raisonnée du tout (environnement, pensées, sensations, image de Soi, de l'Autre...). La transe est un « état non-ordinaire de conscience »1 ; en d'autres termes, un état « extraordinaire de conscience ».
Légère, moyenne et profonde définissent communément les trois degrés d'intensité d'hypnose.
Bien employée, dans la relation d'aide, l’hypnose est profondément humaine, elle ouvre un espace transitionnel2 de liberté, la liberté d'explorer et de percevoir les mondes, intérieur et extérieur, individuel et partagé, dans une dynamique subjective d'évolution.
C'est une forme d'observation active qui représente un biais intime vers une ouverture existentielle appropriée tant dans sa codification perceptuelle que sa réification créatrice. 
Cette relation intime à soi et à son environnement est intrinsèquement grandissante ; elle offre une possibilité singulière de détachement de cadres polluants et restrictifs en vue d'évoluer confortablement dans la complexité acceptée de son « Moi ».
En d'autres mots, l'hypnose se définit par une appréhension atypique de toute information de quelque nature qu'elle soit, contextuelle, sociologique, émotionnelle, physique, biologique, psychologique, neurologique ; elle permet un repositionnent équilibrant. « Toutes les formes d'organisation sur le plan psychologique, physique et biologique, sont en fait des expressions de l'information et de ses transformations »3.
Elle tend à nous amener vers une réflexion temporaire irrationnelle (l'espace de transe) permettant de modeler ou remodeler une compréhension juste et appropriée (parce que propre à soi-même) qui fait sens et ainsi d'exister librement dans une réalité partagée complexe et imparfaite.
Il s'agit d'une alternative active et constructive à la tyrannie du « Je dois, il faut » ; elle participe d'un phénomène louable et autorégulateur menant au « je suis ».
L'hypnose ouvre des issues précieuses qui permettent de s'éloigner de l'influence pathogène du syndrome de l'utopie4, pour ainsi réveiller cette capacité innée et inhérente à chacun : l'aptitude à l'émerveillement simple de l'expérience enrichissante de vivre. 
De nombreuses définitions de l'hypnose existent ; la notion de « perceptude »5 proposée par François Roustang me semble une des plus proches du phénomène universel de transe.

L'hypnose intégrative

Elle trouve sa remarquable efficacité dans sa simplicité et repose sur sept piliers fondamentaux d'où découlent de nombreuses possibilités d'interventions hypnothérapeutiques claires et sécurisantes.

Aperçu des sept piliers simplifiés

L' anamnèse Intégrative ou l'interview préliminaire à la séance d'hypnothérapie,

Une séance d'hypnose intégrative commence toujours par une anamnèse inégrative. La définition classique de l’anamnèse est une récolte d’informations sur la problématique du sujet en vue d’une prescription de soins. Ici, elle ne vise pas à rechercher des causes mais uniquement à écouter et accepter la subjectivité de l’autre afin de créer une séance d’hypnothérapie hautement personnalisée. Cette anamnèse permet d'apprendre à parler le langage verbal et non verbal du sujet. Derrière chaque expression des mots et du corps, il y a une résonance symbolique subjective et « abstractive » puissante ; une signification extrêmement élaborée qui dépasse allègrement le concept du verbe, communément admis dans la définition aristotélicienne.
Alfred Korzybski (1879-1950), en 1937, au cours de son séminaire de sémantique générale propose : « l'origine de la plupart des désaccords réside dans l'utilisation d'un terme dans des sens différents, à des niveaux différents, dans des ordres d'abstraction différents. […] ; nous disons quelque chose, mais nous ne pouvons pas nous comprendre ' Mettez-vous au même niveau' »6
La célèbre métaphore de Korsybski : « Une carte n'est pas le territoire », repose sur un postulat : « Pour avoir le maximum d'utilité, toute carte, ou tout langage, doit avoir une structure similaire à la structure du monde empirique. De même, du point de vue d'une théorie générale de la santé, tout système ou tout langage devrait avoir une structure similaire à la structure de notre système nerveux. On peut facilement montrer que le système aristotélicien s'écarte structurellement de ces exigences minimales, alors que le système non-aristotélicien y est conforme. »7

Plus tard, Richard Bandler et John Grinder, s'appuyant sur ses travaux, ont simplifié ses modèles communicationnels et donner naissance au Méta-Modèle8.
Il est aisé d'appréhender dans le langage de l'Autre et dans les mots qu'il utilise la « porte d'entrée principale » d'élaboration de sa réalité au travers de ses cinq sens : Visuel, Auditif, Kinesthésique, Olfactif, Gustatif9.
Si un sujet vous demande : « Vous voyez ce que je veux dire » et que vous lui répondez : « Oui, j'entends bien », gageons que la relation communicationnelle est mal engagée. Le sujet se sentira incompris et restera hermétique au langage que vous utiliserez puisqu’il aura peu de sens, de « son point de vue » à lui.

La façon de proposer les questions nous offre aussi de nombreux indices.
Exemple dans le cas d'une induction hypnotique informelle. Si nous formulons la série de questions suivantes à plusieurs individus ayant eu ou non une expérience formelle d'hypnose : « Acceptons provisoirement que le développement d'intensité de l'hypnose corresponde à une action imaginaire. Que faites-vous derrière vos paupières pour aller en « transe » ? Fermez les yeux et prenez le temps de pouvoir répondre. Descendez-vous ? Montez-vous ? Êtes-vous dans un autre mouvement ? » « Décrivez votre expérience à voix basse jusqu’au silence ».
Dans la mesure où le sujet se prête à l'expérience, nous obtiendrons plusieurs réponses dont deux précieuses.

1. Une réponse hypnotique puisque pour « pouvoir répondre » il faut visiter un état d'hypnose s'intensifiant ou l'idée que l'on s'en fait, ce qui revient au même. C'est l'effet « Si magique » ou les « mécanismes émotionnels du Si » de Konstantin Stanislawki (1863-1938)10.

2. Des mots-clés et expressions-clés en lien avec la représentation interne que se fait le sujet d'une transe en développement.

Bien entendu, dans l'anamnèse intégrative, les questions sont fonction intégrante de ce que nous souhaitons obtenir. Elles sont orientées résultat et non solution. Dans cet objectif, nous pouvons accepter du sujet, à contre-pied de Korzybski que « la carte est le territoire ». C'est principalement sur cet axiome que l’hypnose Intégrative repose. Elle est diamétralement opposée à une approche multi-référentielle ; tout au contraire, elle intègre la carte et le territoire du sujet au service d’outils qu‘il crée inconsciemment durant l’interview préliminaire.
La séance d'hypnose intégrative sera hautement personnalisée, elle repose sur un des piliers majeurs de l'hypnose intégrative.

La résonance Intégrative

En physique, la résonance nucléaire est un phénomène de résonance à l’intérieur du noyau qui est dû aux transitions entre niveaux d’énergie.
En Hypnose Intégrative®, nous utilisons cette allégorie en comprenant le noyau comme le Moi profond, l’identité profonde préconsciente.
Derrière chaque mot utilisé, il y a une réalité individuelle créée inconsciemment. Elle résulte d’un mélange extrêmement élaboré d’expériences, de sensations et d’émotions. De ce processus naît une compréhension subjective du monde, l’illusion de la réalité. Ces mots sont résumés par des représentations mentales afin de permettre pensées, réflexions, mémoire, communication.
Le mot est ouverture et enfermement ; le paradoxe prend forme dans le mot. Réutiliser précisément et textuellement le langage du sujet, ses métaphores, ses expressions permet d’enclencher ce processus de résonance et ainsi dépasser le mot pour interagir sur les émotions qui sous-tendent le concept du mot. Le langage du sujet est un fil conducteur qui permet d’accéder aux sensations profondes, à toute la palette d’émotions et à ce gigantesque atelier de création d’états internes. L’état interne étant une composition minutieuse de vibrations émotives, il domine le système global de perception et de création de la réalité.

En résumé, la résonance intégrative est l’utilisation des émotions du sujet afin de créer un état interne qui favorise et accélère les changements souhaités par celui-ci.

L'hypnothérapeute pourra tester les effets de résonance intégrative au travers d'une simple induction. Il suffira, dans un premier temps, de recueillir dans l’interview préliminaire, les mots et éléments métaphoriques sous-jacents à l’idée de l’hypnose que se fait le sujet.
Dans un second temps, demander au sujet de fermer les yeux afin d’imaginer la zone la plus profonde de son cerveau et d’y fixer toute son attention. Ensuite, sur l’expiration, vous répéterez uniquement ses mots et métaphores (sans aucun effet de style ni syntaxe particulière) en effectuant quelques passes hypnogènes. Vous lui préciserez de laisser résonner ces mots au plus profond de lui. En deux à trois minutes, vous obtiendrez une transe très profonde.

La fable intégrative

Elle puise son étonnante efficience dans sa force de résonance. Contrairement à la métaphore, au conte thérapeutique ou philosophique, la fable intégrative ne consiste pas à inventer ou utiliser une histoire dans l’objectif de dissimuler des messages en lien avec les objectifs de la thérapie. Bien au contraire, le principe d'isomorphisme en est absent ; le sujet aura la possibilité d’identifier et reconnaître son langage, ses mots, ses expressions, ses métaphores, ses allégories, ses paraboles et ses onomatopées. La fable intégrative permet, au travers de la subjectivité du sujet, de modeler l’illusion qu’il a créée et qui fait sens en lui (principe de réification). Ce procédé créera un processus de résonance intégrative qui aura pour effet une forme d'auto-recadrage émotionnel qui permettra au sujet une appréhension nouvelle d'informations pathogènes, une redéfinition du message. Ce recadrage émotionnel est bien différent d'un recadrage cognitif puisque, par sa nature même, le processus est inversé. Nous ne partons pas d'une idée, d'une pensée, d'une croyance ou d'une culture pour aller vers un affect mais bel et bien d'un affect pour aller vers la naissance de nouvelles pensées.

Les autres piliers, la pseudo-régression intégrative, la propagation intégrative, la transcendance intégrative et les suggestions post-hypnotiques intégratives offrent, dans leur spécificité originale, de réelles opportunités de changement rapide.

En définitive, nous pouvons dire que l'hypnose intégrative est centrée sur le codage affectif et émotionnel de la construction singulière des réalités individuelles et collectives. Elle ouvre à de nouvelles formes de communication intra et interpersonnelles. C'est un outil thérapeutique qui permet un réaménagement ou une transformation des états internes permettant ainsi une relance des processus psychiques utiles à un retour à l'équilibre.

G. ETTZEVOGLOV, Formateur, Hypnothérapeute, Superviseur.

SOURCES

  • 1 Nachez, M. (1999), Les états non ordinaires de conscience, Essai d'anthropologie expérimentale, Thèse de doctorat de science humaines, SEPTENTRION.
    2 Dans la forme "topologique" des phénomènes transitionnels de D. Winnicott, à savoir celle d'un"espace potentiel" tel qu'il le définit: « J'ai introduit les expressions « objet transitionnel » et « phénomène transitionnel » pour désigner la zone d'expérience qui est intermédiaire entre […], l'activité créatrice primaire et la projection de ce qui a été introjecté, […]. ». et « […], je m'intéresse à la première possession et à la zone intermédiaire qui sépare le subjectif de ce qui est perçu objectivement. ». Winnicot, D. W. (1969), De la pédiatrie à la psychanalyse, PAYOT, p.110.
    Winnicot, D. W. (1975), Jeu et réalité, l'espace potentiel, GALLIMARD.
    3 Stonier, T. (1990), Information and the internal structure of de universe, New York, Springer-Verlag.4 Watzlawick P. , Weakland J. , Fish R. (1975), Changements, SEUIL, POINT, p. 66-80.5 « En second lieu, si l'on admet que l'être humain dispose de deux modes différents de percevoir, que, pour faire bref, j'ai nommé perception et perceptude [...], un objet qui s'achève quand il commence, qui s'évanouit dans sa capture. Pour lui donner un autre nom: c'est le style propre, la singularité. » Roustang, F. (2003), Il suffit d'un geste, ODILE JACOB, p.191-1926 Korzybski, A. (1964), Séminaire de sémantique générale, INTERZONE EDITION, p.110.7 Korzybski, A. (2001), Une carte n'est pas le territoire, L'ÉCLATp. 118 Bandler, R. (1993), Le temps du changement, LA TEMPÉRANCE, p. 159.9 Bandler, R., Grinder, J. (2005), Les secrets de la communication, L'HOMME.10 Stanislavski, C. (2001), La formation de l'acteur,PAYOT.
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