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L’addiction sexuelle : entre obsession et tabou !
L'addiction sexuelle : entre obsession et tabou !
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25 mai 2011 | 8 commentaires
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R. Bartet, 52 articles (Journaliste )

R. Bartet

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L’addiction sexuelle : entre obsession et tabou !

L'addiction sexuelle : entre obsession et tabou !

Le sexe s’affiche. Il est partout et fait recette : publicité, télévision, DVD, journaux, Internet… Pourtant, il existe encore un certain tabou autour de l’addiction sexuelle. Si l’affaire Strauss-Kahn l’a largement évoquée, des anonymes sont chaque année de plus en plus nombreux, selon les psychanalystes, à franchir leurs portes pour essayer de mettre un nom autour d’un comportement compulsif des plus troublants.

Les Etats-Unis ont, comme souvent, déjà pris une longueur d’avance sur la France en la matière ! Le pays compte son lot de people « addicts sexuels » : Tiger Woods, Michael Douglas David Duchovny et Charlie Sheen, tous prétendument guéris après s’être fait soigner dans des cliniques spécialisées ou centres de désintoxication prévus à cet effet et avoir fait un mea culpa public à la Bill Clinton.
En France, s’il n’existe pas encore de telles cliniques, des consultations d’addictologie dans de nombreux centres hospitaliers sont destinées à soigner un comportement « déviant » dont on parle encore assez peu : l’addictologie sexuelle.

Une véritable pathologie

Ce comportement compulsif, au même titre que la boulimie ou le jeu, entraîne une dépendance au sexe similaire à celle observée par une drogue. Le docteur Nathalie Dudoret, médecin sexologue la décrit comme « un type de conduite que le sujet est poussé à accomplir, par une contrainte interne, associée à un syndrome de manque et syndrome anxio-dépressif dont l’orgasme joue un rôle d’anxiolytique naturel ». Or l’addiction sexuelle reste honteuse, surtout si le diagnostic n’a pas été posé par un spécialiste. Selon le Docteur Reed, la spirale addictive se manifeste par un cycle enchaînant 4 phases répétitives :

  • La première phase dite obsessionnelle  : le malade est dans un état d’absorption interne. Son champ mental est totalement occupé par des préoccupations sexuelles. Il est alors en phase de « drague compulsive » et multiplie la recherche de partenaires.
  • La seconde phase de ritualisation intensifie les obsessions compulsives liées au sexe. L’addictif fait une véritable « fixation » amoureuse.
  • La troisième phase est la phase d’exécution proprement dite de l’acte sexuel dicté par les deux premières phases.
  • La dernière et quatrième phase est une phase de désespoir et d’impuissance du malade face à son comportement.

Serge Hefez définit ainsi le trouble : «  la compulsion, non pas du registre du désir, mais de celui du besoin : d’un besoin qui s’impose et agit contre la volonté consciente de l’individu ».

Une vie sous le signe de la dépendance

Les malades expérimentent notamment la peur du manque, aux syndromes bien réels pouvant provoquer des douleurs thoraciques, des insomnies et des angoisses. Les crises, récurrentes et irrépressibles, ne s’apaisent que grâce au passage à l’acte sexuel et à l’atteinte de l’orgasme. Mais une fois ce moment de libération et d’apaisement passé, le malade éprouve un sentiment de culpabilité et souvent de souffrance. Il risque alors une baisse de l’estime de soi et un syndrome dépressif.

C’est sans compter les problèmes d’ordre psychologique, relationnels, familiaux et professionnels. Les malades, pour multiplier leur quête de sexe, se coupent de leurs réseaux et amis. Ils ont une vie cachée qui prend progressivement le dessus pour finalement ne se résumer qu’à l’assouvissement de leur besoin de sexe. La vie amoureuse devient impossible, le temps libre se rétrécit. Les addicts contractent même parfois des dettes : un article du journal britannique The Guardian de janvier 2008 révélait qu’en Angleterre, une personne sur 4 contacterait un service d’aide au surendettement pour faire face à des dépenses… liées au sexe.

Il n’y a pas de profil type de l’accro au sexe

Si les addictions peuvent commencer avec des films pornographiques, des forums de rencontre et sites spécialisés sur Internet ou par une dépendance sexuelle solitaire, les malades eux, proviennent de tous les milieux sociaux, culturels, toutes origines confondues. Le Professeur Thibaut, psychiatre au CHU de Rouen, estime qu’ils représentent 3 à 6 % des personnes ayant des rapports sexuels et que 80 % d’entre eux sont des hommes.

Les spécialistes reconnaissent également que la plupart de ces malades sont poly-addictifs cumulant parfois leur addiction avec une autre dépendance : tabac, alcool, travail… Si les causes de cette addiction sont encore mal perçues, on les associe souvent à une vulnérabilité personnelle et psychologique liée à au vécu, des facteurs génétiques, une problématique de l’engagement ou encore un déficit d’attachement.

Les traitements : médicaments et thérapies

Les thérapies varient en fonction des médecins et des spécialistes. Le traitement médicamenteux est souvent initialement préconisé et passe par la prise d’antidépresseurs et/ou d’anxiolytiques. Il s’accompagne souvent par la suite d’une thérapie individuelle (comportementale et/ou cognitive) et/ou de couple. Les associations d’aide aux addicts sexuels sur le modèle américain des Alcooliques Anonymes peuvent être un bon recours, mais sont beaucoup moins florissantes qu’outre-Atlantique.

Il est difficile, voire impossible, de conditionner la guérison au principe usuel de suppression totale du comportement addictif, (comme c’est le cas pour la boisson, la drogue, ou le jeu par exemple). On ne peut en effet prôner une disparition totale du sexe. Les psychiatres font en tout cas en sorte de faire retrouver à leurs patients une sexualité « normale » ou d’origine, en essayant d’éviter les rechutes et les autres formes de dépendances.

Si les « drogués du sexe » nous semblent parfois relever du comique ou de la presse people, mieux vaut se souvenir que, détectée suffisamment tôt, la maladie s’en soignera d’autant mieux !

SOURCES

  • http://www.psychologies.com/Couple/Problemes-sexuels/Libido/Interviews/Qu-est-ce-que-l-addiction-sexuelle
    http://actualite.nouvelobs.com/addiction%20sexuelle/
    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/l-affaire-dsk/20110515.OBS3194/les-agresseurs-sexuels-ne-sont-pas-des-sex-addicts.html
    http://savoir.fr/Addictions_sexuelles
    http://www.maxisciences.com/d%E9sespoir/quand-la-sexualite-devient-une-obsession-et-remplie-toute-la-vie-c-est-comme-une-drogue_mrm70951.html
    http://www.doctissimo.fr/html/sexualite/mag_2000/mag0908/se_2230_addictions_sex_niv2.htm
    http://www.lefigaro.fr/sante/2011/05/21/01004-20110521ARTFIG00002-certains-seducteurs-n-acceptent-pas-la-resistance.php
    http://www.jim.fr/en_direct/pro_societe/e-docs/00/01/E6/0E/document_actu_pro.phtml
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Commentaires
1 vote
par L.S. (IP:xxx.xx4.91.225) le 25 mai 2011 a 13H17
L.S. (Visiteur)

Bonjour,

" ...3 à 6 % des personnes ayant des rapports sexuels et que 80 % d’entre eux sont des hommes. " je suis prêt à prier que 80 % des membres actifs du monde de la publicité visible sont des femmes et que 3 à 6 % d’entre elles profitent de leurs gains pour aller vivre nues sur des yachts...Quel est donc le rôle de ses femmes qui sont toujours prêtes à poser leur culotte pour vendre un appareil électrique ou une crème à raser ? N’est ce pas !

1 vote
par Frédéric Duval-Levesque, psychopraticien et hypnothérapeute (IP:xxx.xx1.250.40) le 25 mai 2011 a 15H25
Frédéric Duval-Levesque, psychopraticien et hypnothérapeute, 156 articles (Psychopraticien certifié)

Bonjour,

Bel article bien écrit.

J’aimerais le reproduire sur mon blog, avec toutes vos références bien entendu. Mais impossible de cliquer quelque part pour vous le demander ! Que faire ? Merci.

Cdt,

F.Duval-Levesque http://psychotherapeute.wordpress.com/ http://www.carevox.fr/auteur/psytoulouse

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par Kalevala (IP:xxx.xx5.55.146) le 25 mai 2011 a 16H24
Kalevala (Visiteur)

Posons nous pourquoi nous sonnes arrivées là ? car à quoi sert de démultiplié les thérapies, si par ailleurs tous les supports médiatiques uses et abuses de messages à connotation sexuelles. La dégradation et la dépravation est lié à la banalisation de l’érotisme, de la pornographie qui s’attribue une vertus artistiques qui en réalité n’en a pas . Le sexe fait vendre, et tant pis pour les dégâts collatéraux sur les personnes faibles, il touche autant les hommes que les femmes, saut que pour les femmes c’est tabou d’en parler car bien entendue ce m’est que les hommes qui sont pervers. La sexualité est une affaire intime qui n’aurai jamais due sortir de cette intimité et devenir une affaires commerciales , nous trompons pas le sexe rapporte gros très gros et pas et les clients, ne sont pas les pornographes, non ce sont des grands groupes financiers qui agis dans la pub.

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(IP:xxx.xx4.196.50) le 25 mai 2011 a 18H48
 (Visiteur)

il doit aussi y avoir une étude demontrant qu un homme pense au moins 10 fois au sexe durant une journée, le soir quand on rentre on est gonflé a bloc^^ ba oui ya du sexe qui s étale partout , des minettes qui s habillent sexy, dans la rue , au travail , pour se calmer il faut une copine ou aller sur le net .De la a devenir addict ya un pas , si on a sa dose regulière ya pas de raison d en devenir fou

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par clostra (IP:xxx.xx2.243.85) le 25 mai 2011 a 19H57
clostra (Visiteur)

Est-ce à dire que les adicts du sexe sont (tous) des violeurs ?

Comme ceux-ci (les violeurs) utilisent généralement un subterfuge conscient ou inconscient (je pense qu’il est conscient) d’enfermer l’autre dans leur besoin (si j’ai bien lu) "je vois que tu en a envie"* qui prouve à quel point l’autre les intéresse peu. Ce que devraient leur rappeler les femmes qu’ils côtoient car, si le sexe est un paradigme des relations sociales homme/femme, bien des déductions s’imposent sur la "dictature masculine".

*lisant un ouvrage qui comprenait une scène racontée par un médecin face à une patiente, je suis restée extrêmement perplexe sur des paroles qu’aurait eu cette jeune femme qui aurait dit au médecin qu’ "il en avait envie". J’en ai conclu que soit il avait changé les sexes des personnages, soit c’était lui qui avait dit ça à sa patiente. Sincèrement, cette scène racontée m’a fait découvrir une différence fondamentale entre sexualité féminine et masculine, tant cette phrase-là dans la bouche d’une femme m’est apparue incongrue, peu crédible.

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par dom y loulou (IP:xxx.xx8.138.99) le 25 mai 2011 a 22H31
dom y loulou (Visiteur)

comme déjà dit, plutôt que de me branler le cerveau je préfère l’outil que la nature m’a donné pour cela. ;)

je conseilles la lecture de Wilhelm Reich "superposition cosmique" qui traite très bien du sujet

le sexe n’est pas une addiction, même si vous y pensez toute la journée parfois, il est le siège de l’énergie vitale, l’endroit de votre corps qui vous relie à ce que vivent TOUTES les créatures, des micro-organismes aux galaxies : l’orgasme.

Et l’orgasme a une fonction libératrice pour les émotions. avant-même d’avoir la fonction procréatrice. Pas étonnant, dès lors, qu’on y pense si souvent. Point barre.

Pour ce qui est de la vraie perversité, la seule qui soit vraiment une plaie en ce monde et qui engendre toutes les autres formes de perversités, provient de ces gens qui interdisent tout aux autres en s’octroyant bien pire que ce qu’ils jugent parfois mortellement.

Ceux-là jugent en permanence les autres pour leurs faits et gestes, comme s’ils étaient Amour créateur en personne.

Ils ne le sont pas. Ils cachent leurs méfaits derrière leurs doigts accusateurs voilà tout et voudraient se déresponsabiliser en plus. Infect.

Ça c’est la vraie perversité qui enfante les crimes les plus odieux.

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par Gaspard (IP:xxx.xx8.131.119) le 26 mai 2011 a 09H29
Gaspard (Visiteur)

Dom y loulou a dit l’essentiel de ce que je pense à ce sujet.

Et d’ailleurs, pourquoi ça ne serait pas ceux qui ne pensent pas assez souvent au sexe qui seraient les malades, des tarés de l’énergie vitale souhaitant réformer le monde à la mesure de leur inhibition ou de leur impuissance ?

Le problème que pose la sexualité sur le plan culturel est lié à sa grossièreté à cause de l’exploitation commerciale de la frustration sexuelle générale. Il faut donc cultiver son désir, affiner ses plaisirs et cesser de poser les problème en terme de tiédeur idéal, comme si l’homme parfait était celui qui n’avait que des désirs mous. La beauté des papillons, la vigueur des saumons remontant les courants des torrents et toutes les couleurs des fleurs (organes sexuels des plantes) n’existent que parce que la nature entière déborde de désirs. Celui qui n’est pas "accro" au sexe est tout simplement déjà mort.

Alors vivez, baisez, dans le respect de l’autre et en lui offrant le plus de plaisir possible.

0 vote
par clostra (IP:xxx.xx4.254.78) le 26 mai 2011 a 10H02
clostra (Visiteur)

Les Gaspard, Dom et Loulou...

Je n’aurais pas dit ça comme ça...Mais la poésie de ce feu d’artifices cosmique me toucherait bien dans sa nième dimension New Age. l’orgasme étant finalement un bien court moment dans l’immensité du vide sidéral...et souvent avec une contre partie (car nous sommes "finis", plutôt enfermés dans un corps de chair : le "retour du bâton", l’évanescence des endorphines...) Aussi peut-être courrons-nous tous (avis aux joggeurs) vers de nouveaux rivages, s’ils ne nous captent tels les "lotos eater" du pauvre Ulysse, dont il eut bien du mal à se défaire.

Le temps humain est moins cosmique, plus comique également : 6 jours de travail pour cultiver, moissonner, vendanger, et assembler le tout dans le pain et le vin, puis le 7ème jour pour consommer ces biens de la terre, ensemble...

L’orgasme est un peu...routinier à la longue...le cosmos n’en peut plus de se rétracter et de s’étirer Trouvez autre chose !