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Kim De Gelder, schizophrène : Une affaire Breivik en Flandre ?
Kim De Gelder, schizophrène : Une affaire Breivik en Flandre ?
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8 juin 2012
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Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
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Kim De Gelder, schizophrène : Une affaire Breivik en Flandre ?

Kim De Gelder, schizophrène : Une affaire Breivik en Flandre ?

Alors que le procès d’Anders Behring Breivik en Norvège attire les médias du monde entier, un cas tout aussi intriguant hante la Belgique. « Est-il fou où ne l’est-il pas ? » : A 1 400 kilomètres du tribunal d’Oslo, en effet, cette question taraude également la chambre d’accusation de Gand qui devra statuer définitivement si, oui ou non, Kim De Gelder, qui a tué deux bébés et deux femmes d’un âge avancé, est responsable de ses actes. Pour les experts, Kim De Gelder est un schizophrène qui « feint par moments un trouble psychotique ». Les juges se prononceront le 28 juin prochain sur son éventuel renvoi vers les assises. Mais la défense, par la voie de l’avocat Me Jaak Haentjens, est résolue : Kim De Gelder a sa place dans un asile et nulle part ailleurs. Plusieurs psychiatres, ayant eux aussi analysé l’intéressé, partagent cette dernière position.

Il a poignardé à mort trois personnes dans une crèche en 2009. Les experts en sont convaincus : Le meurtrier, Kim De Gelder, souffre d’un grave trouble de personnalité. Mais, comme veux surtout l’indiquer Dirk Van der Kelen, président du tribunal de 1ère instance de Termonde, « il savait ce qu’il était en train de faire et était en état de faire la distinction entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas ». Kim De Gelder, atteint de schizophrénie, et qui aurait une personnalité narcissique et antisociale, est ainsi "trop" responsable aux yeux de la chambre du conseil pour prétendre pouvoir faire l’objet d’un internement : Rapport des experts à l’appui, Dirk Van der Kelen a écarté toute idée de folie : « Il feint par moments un trouble psychotique. Il a même déclaré qu’il avait la possibilité de ne pas mettre ses plans assassins à exécution ».
 
Kim De Gelder, renvoyé vers la chambre des mises en accusation, saura donc le 28 juin s’il devra comparaître ou non aux assises. Il est à noter que les parents de Kim De Gelder avaient demandé au psychiatre de leur fils (suivi depuis l'enfance) de faire colloquer ce dernier dans un établissement deux ans avant les faits. Ce qu’il n’a pas fait, car il ne considérait pas que cette mesure était nécessaire. Les parents du schizophrène avaient ainsi déposé plainte pour abstention coupable car ils étaient persuadés que le psychiatre aurait pu éviter que les crimes ne se produisent. La chambre du conseil de Termonde a cependant fini par prononcer une ordonnance de non-lieu en faveur du psychiatre.
 
Me Jaak Haentjens, l’avocat de la famille De Gelder, n’en démord pas : « Le psychiatre jouissait d’une large expérience et avait reçu beaucoup d’informations des parents, qui avaient été confrontés les cinq années précédentes au mal de leur fils. Mais ce professionnel de santé a expédié l’affaire comme un problème de communication entre les parents et leur fils et les a envoyés promener ». Jaak Haentjes en est par ailleurs convaincu : Kim De Gelder, « qui souffre de psychose schizophrénique », n’est pas responsable de ses actes. Cette position est partagée par Karel Ringoet, neuropsychiatre et contre-expert qui a effectué une analyse psychiatrique approfondie sur le tueur.

Le neuropsychiatre estime ainsi que « les actes de Kim De Gelder ne peuvent s’expliquer que par la démence. Sa seule motivation ? L’illusion folle qu’il pouvait protéger ses victimes du mal en les tuant. Il entend des voix. Il est malade, gravement malade même. Dans son abondant passé médical, les pensées démentes étaient déjà fortement présentes. Ce n’est pas pour rien que ses parents voulaient le faire interner ». Pas moins de quatre psychiatres avaient rendu des avis opposés sur l’état mental de Kim De Gelder lorsqu’il était adolescent : Deux d’entre eux le considéraient comme un schizophrène, et les deux autres en parfaite santé. In fine, c’est le médecin de famille qui a eu le dernier mot. Et pour ce dernier, « Kim De Gelder ne représentait pas un danger pour lui-même ni pour autrui ».

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