JamesHolmes est accusé d’avoir tué 12 personnes et blessé 58 autres le 20 juillet dernier dans un cinéma de la banlieue de Denver, dans le Colorado, lors de la projection du film BatmanTheDarkknightrises.
Cet homme particulièrement étrange, qui affirme être le Joker, est
placé en isolement dans l’attente d’une évaluation psychiatrique. Et le
jeune homme de 24 ans, qui fut étudiant en neurosciences,
n’est pas à un contact près avec le corps médical : Peu avant le
massacre, il avait envoyé à un psychiatre de son ancienne université un
cahier contenant ses dessins du massacre projeté, accompagnés par des
écrits explicatifs.
Le comportement de JamesHolmes suscite de vives interrogations chez les experts. Quelle est donc la personnalité de ce jeune meurtrier qui, lors de sa première comparution devant la justice lundi dernier, est resté muet comme une carpe, l’air hagard sous ses cheveux teints, semblant vouloir rejoindre la troupe du Magicien d’Oz sur la scène d’un théâtre. Tout le monde est encore abasourdi, comme la mère de l’accusé, qui se fait un sang d’encre pour son fils placé en isolement. Retour en arrière. JamesHolmes fut un adolescent timide mais brillant, ayant grandi dans une famille qui ne manquait de rien. Il a décroché un diplôme en neurosciences. Mais il n’y a pas si longtemps, JamesHolmes avait échoué à valider son troisième cycle universitaire en médecine à l’Université du Colorado.
Et selon TMZ, voilà que l’étudiant déchu se met à fréquenter plusieurs prostituées, notamment dans les quelques mois précédant le carnage. Certaines d’entre elles le décrivent comme un homme normal, voire charmant et agréable. Mais selon The National Enquirer, le voilà subitement avec un fantasme malade en tête : « Il voulait tuer ChristianBale, qui joue dans Batman, avec le reste du casting et Dieu sait combien de personnes avec. Il voulait frapper un grand coup sur NewYork, qui représente GothamCity dans le film. C’était devenu un monstre dérangé ». Et cet esprit désormais survolté se met à dessiner et à remplir un cahier de croquis du massacre qu’il projette de commettre. Des écrits accompagnent ses œuvres.
Le tout est envoyé par la poste à un professeur en psychologie de son ancienne université du Colorado dans les jours qui on précédé le drame. Selon TheChristian Science Monitor, « le fait d’avoir expédié ce colis au professeur psychiatre est probablement un signe révélateur d’une dépression et d’une isolation psychologique, qui aurait peut-être fait suite à son échec en dernière phase des études au campus ». Après la tuerie du 20 juillet, au cours de laquelle JamesHolmes portait le masque à oxygène de Bane, l’adversaire de Batman dans TheDarkknightrises, les médias se lancent dans une surenchère d’hypothèses sur le profil psychologique de l’accusé.
Selon le psychologue MichaelMantell, de SanDiego, « il est beaucoup plus malade que ce à quoi nous nous attendions. Il pourrait s’agir d’un grand schizophrène, mais la préméditation des attaques est incompatible avec un épisode psychotique total ». En France, le psychiatre et psychanalisteSamuelLepastier estime de son côté que « le passage à cet acte meurtrier aurait pu être une tentative de triompher d’une souffrance psychique insurmontable autrement ». Quoi qu’il en soit, l’examen clinique et l’évaluation psychiatrique dont JamesHolmes fera l’objet percera peut-être le mystère.
Une chose, pour l’heure, surprend le personnel pénitentiaire du centre de détention du comté d’Arapahoe, où le féru des aventures de l’homme chauve souris est placé en isolement : JamesHolmes, qui y construit de petites marionnettes dans sa cellule et crache sur tous ceux tentant de s’approcher de lui, se présente sans arrêt comme étant le Joker, et ce depuis son arrivée. Sa passion pour cet ennemi juré de Batman serait ancienne : Selon certaines sources non vérifiées, JamesHolmes était accroc à la vicodine : c’est cette drogue qui a tué HeathLedger, le comédien qui a incarné le Joker dans le premier volet de la trilogie Batman, sorti en 2008. Et un membre du personnel de l’infirmerie du pénitencier a confié aux journalistes que « JamesHolmes parle comme si rien ne s’était produit. Je pense qu’il essaye vraiment de passer pour un fou ».
L’accusé joue-t-il la carte de la folie ? Selon MarissaRandazzo, ancienne chercheuse en psychologie des services secrets américains, « il peut avoir connu un épisode psychotique, notamment lors de l’audience à cause du stress. Mais il ne faut pas le sous-estimer : Pendant ses études en neurosciences, il a mené des travaux précisément sur les maladies cérébrales dont il est question dans cette affaire ». En fin de compte, les dessins qu’il a envoyé au professeur de l’université du Colorado pourraient être décisifs dans le verdict des psychiatres : Selon l’expert ScottRobinson, qui s’est confié au DenverPost, « Si les dessins de JamesHolmes se présentent comme étant l’œuvre d’un malade mental, cela jouera en faveur de la défense et l’accusé pourrait prendre le chemin d’un asile psychiatrique. En revanche, s’il s’agit d’un travail reflétant la pensée d’une personne structurée et organisée, l’accusation s’en trouverait renforcée ». Une âpre bataille sera ainsi suivie par l’Amérique et le reste du monde : le face à face entre ce nouveau Joker et les experts psychiatres.
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