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Hypnose Flash, hypnose rapide et instantanée
Hypnose Flash, hypnose rapide et instantanée
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21 juin 2011
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Gérôme ETTZEVOGLOV, 6 articles (Hypnothérapeute)

Gérôme ETTZEVOGLOV

Hypnothérapeute
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Hypnose Flash, hypnose rapide et instantanée

Hypnose Flash, hypnose rapide et instantanée

Les processus historiques simplifiés.

 
L’histoire de l’hypnose qui nous est parvenue m’a permis d’observer que les inductions hypnotiques, dans leurs formes, rituelles et communicationnelles, ont plus évolué conceptuellement que fondamentalement. Certes, le fossé est immense entre le magnétisme animal (1) de Franz-Anton Mesmer (1734-1815) et le monoïdéisme de James Braid (2) (1795-1860). En effet, ce dernier va emprunter au Baron Hénin de Cuvilliers (3) (1755-1841) le vocable « Hypnotisme » et le définir comme étant : « Un état particulier du système nerveux, déterminé par des manœuvres artificielles ou encore, un état particulier du système nerveux, amené par la concentration fixe et abstraite de l’œil mental, sur un objet, qui n’est pas par lui-même de nature excitante. »(4)
 
Précurseur de Charcot, Braid pose sa théorie de l’hypnose comme état neurologique spécifique et réfute définitivement toute idée de fluide. Il donne naissance au « Braïdisme » en induisant l’hypnose par monoïdéisme qui consiste en « […], une diminution de la faculté d’attention amenée par la pensée exclusivement attachée à un objet unique, à une pensée unique »(5).
Il va sans dire que Dave Elman et Milton H. Erickson, figures majeures du 20ème siècle, ont marqué un tournant dans l’histoire de l’hypnose. Leur regard sur cette pratique et leur expérience a donné naissance à deux directions contemporaines marquant des forme d’inductions différentes. Force est de constater que dans le fond, dans le processus rien n’est nouveau ou tout est ancien.
 
Globalement, on retrouve chez Elman des formes d’induction dites rapides (longues aujourd’hui), classiques dans leur structure. Ses suggestions sont directes avec évocation imposée, basées sur l’utilisation volontaire par le sujet de son imaginaire. Elles sont épurées d’artifices linguistiques et axées principalement sur la relaxation du corps puis de l’esprit et sont accompagnées de « passes hypnotiques ».
 
Chez Erickson, le style est dit permissif, sans l’être systématiquement (Erickson savait être directif). Ses suggestions sont indirectes plus axées sur l’évocation d’expériences universelles et plus confusionnelles dans leur rhétorique (utilisation d’un langage non spécifique). Il concentre ses efforts vers des processus psychologiques de dissociation, d’absorption et confusion. En résumé, Elman et Erickson usent tous deux d’inductions hypnotiques progressives. Le style d’Erickson lent est indirect et permissif, celui d’Elman plus rapide (replacé dans son époque), direct et directif.
Les avancées neurophysiologiques , sociologiques, anthropologiques, communicationnelles et mathématiques, ont apporté un éclairage précieux qui permet de comprendre les processus d’induction pratiqués depuis toujours sous différentes appellations et présentations.

Gardons à l’esprit que toutes informations, de quelque nature qu’elles soient ( visuelles, auditives, kinesthésiques,olfactives, gustatives) sont, majoritairement traitées inconsciemment. Cet axiome définit les processus sous-jacents aux inductions hypnotiques flash® que j’enseigne aux professionnels de la relation d’aide. Les vidéos proposées sur le site (www.hypnose-flash.org) au bas de la rubriques hypnose flash® ne sont que des extraits qui visent à montrer que nous pouvons déclencher une transe profonde en quelques secondes sur des sujets non-préparés.
 

Rites et induction hypnotique

J’observe que certains praticiens, quels que soient leurs formations, leurs titres, leurs approches et leur expérience, se privent de rites symboliques, « hypnogènes » fort utiles.
 
La tendance actuelle, au nom de la démystification, aspire à une hypnose dépourvue de tout ce qui participe de l’hypnose profonde, jusqu’à devenir une hypnose « homéopathique », qui, il me semble, l’est plus dans un objectif de confort et de sécurité, au profit de l’opérateur que du sujet.
 
L’hypnose Flash® est une approche qui évitera à bien des opérateurs des efforts qui se résument souvent à enchaîner sans discontinuer : « Peut-être ou peut être pas » pendant une durée sans fin (20 à 45 mn ; remarquons que ces interminables minutes, finissent par assommer d’ennui les sujets. L’ennuie étant un processus hypnotique à part entière). L’hypnose Flash® permet d’obtenir des degrés d’hypnose plus intenses ou profonds qu’avec certaines inductions complexifiées que l’on dit être « nouvelles » depuis plus de 30 ans.
Plus sérieusement, lorsque nous évoquons le terme rite, il ne s’agit de rien d’autre que d’adapter à son sujet tous les processus enseignés en hypnose Flash d’une façon sérieuse avec intentionnalité. J’évoque ici la notion de rite au sens des « rites d’interaction » (6) d’Erving Goffman (1922-1982). Formalisés, ils marquent un passage d’une dimension à une autre (rapports sociaux, cycle de vie, grade, changement, initiation), en l’occurrence d’un état de conscience, dit de vigilance normal à un état de conscience altéré temporairement.
Rassurons-nous, inutile de prendre une voix pathétique, ni même de s’affubler d’une tenue particulière. Inutile de transformer sons cabinet en roulotte de diseuse de bonne aventure, en baquet magnétique mesmérien ou en pseudo-temple de je ne sais quoi. Encore moins d’utiliser des parasites (artifices) olfactifs ou sonores (musique, encens…)
 
Le rite se fera dans une série de gestes respectueux, appropriés, soutenus par une intentionnalité certaine ; dans un premier temps, au cours des tests de suggestibilité puis dans un second dans la phase d’induction de transe formelle.
 
Soulignons qu’il sera hautement personnalisé grâce aux éléments recueillis dans l’interview préliminaire. Je pense qu’une induction hypnotique de transe profonde ne devrait jamais dépasser 2mn (pour la plus longue) et sera bien souvent plus efficace avec des sujets résistants, en quelques secondes. Je le vérifie au quotidien dans ma pratique de l’hypnothérapie en mon cabinet de Nice et dans les formations que je dispense. Étant conscient que cette position peut être vécue comme à contre-pied, je tiens à préciser que l’hypnose médicale, l’hypnose ericksonienne et plus globalement ce qui a été nommé par Daniel Aroz puis Jean Godin « Nouvelle hypnose », tout comme l’hypnose dite classique sont des expressions de l’hypnothérapie efficaces. Elle ne sont plus les seules. Plus qu’un ouvrage, un manuel qui explicite toutes les techniques de l’hypnose Flash®, tant en terme de processus que de gestes sera bientôt disponible dans les bonnes librairies. Il permettra aux initiés de tester des processus analogiques et digitaux facilitateurs de transe et de changement, parfaitement adaptés à notre époque et à ses nouveaux codes.
 
Tous droit de reproduction partielle ou total réservé

POST-SCRIPTUM

  • (1) Mesmer y croyait : « Cette doctrine, enfin, mettre le Médecin en état de bien juger du degré de fanté de chaque individu, & de le préferver des maladies auxquelles il pourroit être expofé. L’art de guérrir, parviendra ainsi à la dernière perfection. » Mesmer, F-A. (1779), Mémoire sur la découverte du magnétisme animal, DIDOT, p.83.
    (2)Braid, J., M.R.C.S.E, C.M.W.S. & c. (1843), Neurypnology or the rationale of nervous sleep considered in relation with animal magnetism, JOHN CHURCHILL, PRINCE’S STREET, SOHO. ADAM & CHARLES BLACK, EDINBURGH.
    (3)« Il est donc incontestable que l’imagination ne produise des crises variées à l’infini. […], elle opère des changements ou des transformations dans notre état physique et psychique, souvent accompagnés d’autres effets extraordinaires, […], qui tiennent plus particulièrement à l’exaltation de l’imagination. » Hénin de Cuvilliers, E-F. (1823), Archives du magnétisme animal, tome huitième, HENIN EDITEUR, N°22, p.33.
    (4) BRAID, J. (2005), Hypnose ou Traité du Sommeil Nerveux, HARMATTAN, p.165.
    (5) Ibid.
    (6) GOFFMAN E. (1974), les Rites d’interaction, LES ÉDITIONS DE MINUIT.

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