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Handicapés : quel droit à la sensualité ?
Handicapés : quel droit à la sensualité ?
rubrique
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19 novembre 2009 | 3 commentaires
Auteur de l'article
Valérie Cordonnier, 9 articles (Psychothérapeute - Sexologue)

Valérie Cordonnier

Psychothérapeute - Sexologue
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Handicapés : quel droit à la sensualité ?

Handicapés : quel droit à la sensualité ?

Le personnel médical des services destinés aux handicapés est souvent confronté à la question de la sexualité de leurs patients. Comment répondre à une demande explicite d’un handicapé ? Faut il rapprocher deux patients qui ont besoin d’une aide matérielle pour concrétiser leur attirance ? Comment le soignant vit il ce partage de l’intime avec ses patients ? Dans quel cadre peut il intervenir, ou non ?

Entre les émissions de rencontres qui se multiplient à la télévision, jusqu’à la polémique autour du ministre de la Culture qui a dévoilé ses fantasmes dans un livre à succès, on découvre la frustration et la solitude de plus en plus de Français. Nous nous intéressons plus particulièrement au dernier reportage de l'émission qui aborde le sujet tabou de la sexualité des handicapés en quête de plaisir.

Ce soir, France 2 abordera, dans l’émission « Complément d'enquête », la question de la sexualité des handicapés. En Suisse, une association, SEHP, propose aux parents et aux institutions des listes d'assistant(e)s, dont les prestations peuvent aller d'un contact sensuel à l'aide à la masturbation, en passant par l'aide à la relation sexuelle entre deux handicapés. Certains vont jusqu'à la pénétration avec l'assistant(e). Certains centres en Belgique sont dans les mêmes dispositions. En France, cette attitude tout simplement « humaine », se heurte au législatif.

La sexualité des handicapés, tout comme celle des personnes âgées, reste en France une question particulièrement taboue, et le recours à des « assistants sexuels » est immédiatement assimilé à la prostitution. La France est dans une démarche presque abolitionniste depuis la loi Marthe Richard de 1946. Elle se refuse à réglementer la prostitution, elle la tolère, mais lutte contre le proxénétisme, dont le champ est extrèmement étendu.

Faire appel par le biais d’un service médical, ou d’une association, à des personnes en vue de leur permettre d'avoir des rapports sexuels tarifés, c’est contrevenir à la Loi. La France ne peut donc suivre la démarche de ses voisins, notamment la Suisse. De la même façon, avoir recours à des personnes professionnelles pour aider les couples dont les deux partenaires sont handicapés, à avoir des relations sexuelles tombe sous le coup du même interdit.

En effet, en France, une personne (parent, ou personnel soignant) qui agirait comme intermédiaire entre une personne prostituée (en Suisse du moins, c'est toujours à des prostitué(e)s que sont assimilés les assistants sexuels) et le « client » handicapé, qui a besoin de cet intermédiaire car il ne peut faire la demande seul, pourrait être poursuivi pour « proxénétisme par entremise ».

Les professionnelles qui répondent à la demande des handicapés évoquent le double rôle qu’elles ont le sentiment de remplir. A la fois de soulager d’une réelle souffrance, d’un manque sexuel et affectif qui stigmatise le patient dans son handicap, et de répondre à la question du « droit à la sexualité » qui contribue à la qualité de vie.

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Commentaires
0 vote
par Marc savoye (IP:xxx.xx6.107.52) le 19 novembre 2009 a 22H30
Marc savoye (Visiteur)

Merci de mettre en lumière un problème malheureusement encore trop négligé dans la société d’aujourd’hui. On parle de l’intégration des handicapés dans la vie active, mais on ne prend pas en compte leur bonheur et leur équilibre personnel.

0 vote
par RAMILA (IP:xxx.xx7.238.212) le 20 novembre 2009 a 18H36
RAMILA (Visiteur)

Merci pour l article qui pose une question délicate, mais qui laisse entrevoir , outre l aspect legal, une autre question : a partir de quel taux de handicap, un individu pourrait-t il beneficier d un recours á une assistance sexuelle ? Si cette assistance est d origine medicale, des criteres seront imposés pour obtenir ce privilège de pouvoir satisfaire son désir...Un peu comme on impose certains taux de handicaps chroniques pour obtenir des séances de kinésithérapie sur le long terme, avec á la clé, pas de massage ou de reeducation pour ceux qui ne sont pas assez handicapes...Double humiliation, peut-être Parfois des gens handicapes n ont pas envie forcement de realiser leur projet sexuel avec une autre personne handicapee

Je me rappelle d un homme, ex-sportif, pilote d helico qui, après une thrombose cerebrale, s etait inscrit sur un site de rencontre en se faisant appeler AVC. Il cherchait certainement un partenaire sexuel, mais aussi quelqu un qui l aiderait a couper sa viande. En lisant l article, je pensais a lui, meme si je pense qu il n aurait jamais recours a ce procede sans une tres grande anxiete... La perspective est dure, mais, sans aucun doute, seule une personne tres fortement amoindrie, peut savoir exactement ce qu on peut ressentir dans des cas aussi douloureux

encore merci

0 vote
par ChoisirSaVie13 (IP:xxx.xx0.84.72) le 26 novembre 2009 a 11H57
ChoisirSaVie13 (Visiteur)

Merci de publier cet article, en effet le sujet fait couler beaucoup d’encre et de transpiration, car il touche à plusieurs sujets brûlants qui explosent quand isl sont mis ensemble dans une même phrase : handicap, sexualité, argent... Nous travaillons activement à l’avancée du sujet en France en coordination avec le Collectif Handicap et Sexualité... Nous avons édité avec eux cette année un manifeste et organisé une rencontre à Aubagne avec des intervenants de Suisse et du CHA, en partenariat avec l’aPF et l’aFM... Tout cela suit son cours... venez voir notre équipe et surtout nos actions sur notre Facebook Aubagne Choisir Sa vie et sur notre site www.choisirsavie13.fr, (en reconstruction très bientôt car pas très jojo... mais fonctionnel !!!)

A bientôt