Accueil du site
> Psycho & Sexo > En savoir plus sur...
Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
« Grand âge et suicide », un sujet encore tabou
« Grand âge et suicide », un sujet encore tabou
rubrique
note des lecteurs
date et réactions
7 février 2011 | 5 commentaires
Auteur de l'article
Le Webzine de l'AP-HP, 323 articles (AP-HP)

Le Webzine de l’AP-HP

AP-HP
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
323
nombre de commentaires
0
nombre de votes
20

« Grand âge et suicide », un sujet encore tabou

« Grand âge et suicide », un sujet encore tabou

A l’origine de près de 13 000 décès par an en France, le suicide est un problème de santé publique. S’il reste la première cause de mortalité chez les personnes de 25-34 ans, il progresse avec l’âge, en particulier chez les hommes. Et l’augmentation de l’espérance de vie laisse présager un nombre croissant de suicides des personnes âgées.

 

Solitude

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le grand âge ne protège pas du suicide. En effet, en France, 28% des suicidés ont plus de 65 ans, alors qu’ils ne représentent que 16% de la population générale. En 2008, 2950 suicidés de plus de 65 ans ont été recensés (données INSERM), chiffres probablement sous-estimés faute d’informations précises.

A l’occasion de la 15ème journée nationale pour la prévention du suicide, le 5 février, le docteur Olivier Drunat, Médecin Chef de service de Psycho-Gériatrie à l’hôpital Bretonneau (Assistance publique-hôpitaux de Paris) nous parle de ce phénomène longtemps passé inaperçu et qui reste un sujet tabou.

Quels sont les facteurs de risques de suicide chez la personne âgée ?

Ils sont nombreux, même s’ils ne suffisent pas à eux seuls pour expliquer le comportement suicidaire. L’environnement social est déterminant pour le passage à l’acte, avec notamment la solitude, l’isolement, les conflits familiaux, les difficultés économiques, et bien sûr la perte d’un être cher. Après 65 ans, les hommes veufs se suicident beaucoup plus que les femmes veuves (5 à 10 fois plus). Sont tout aussi importants les troubles physiques et neuropsychologiques avec des handicaps sensoriels ou moteurs, des maltraitances, des affections invalidantes ou douloureuses. Un des facteurs majeurs de risque est la dépression, pathologie fréquente chez le sujet âgé mais souvent mal diagnostiquée, voire mal traitée. Or, il est de notre responsabilité de professionnels de soins de repérer cette situation pathologique. Il faut savoir que toute dépression chez le sujet âgé, y compris une forme sévère, peut bénéficier d’un traitement, d’une restauration thymique (l’humeur) et d’une bonne réinsertion sociale.

C’est quoi le geste suicidaire chez la personne âgée ?

Chez la personne âgée, le geste suicidaire abouti plus souvent à la mort que chez le sujet jeune : un suicide pour deux à quatre, contre un pour dix, voire pour vingt. D’où l’importance de ne jamais négliger une tentative de suicide, marque de vulnérabilité avec risque de récidive. C’est aussi pourquoi cela nécessite une hospitalisation et une recherche systématique de pathologie sous-jacente, car si la tentative s’avère quelques fois le fruit d’un geste impulsif, le plus souvent, il s’agit d’un acte élaboré et prémédité. Les moyens utilisés sont globalement plus violents : chute d’un lieu élevé, pendaison, armes à feu ou noyade.

Par ailleurs, la crise suicidaire doit être clairement distinguée de la crise du vieillissement, laquelle n’est pas de valeur pathologique et doit être respectée.

Qu’en est-il de la relation avec les démences ?

La relation suicide du sujet âgé et maladie démentielle, comme par exemple la maladie d’Alzheimer, fait encore l’objet de discussion. Au moment du geste suicidaire, le diagnostic de maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés, est rarement posé, surtout s’il s’agit d’une maladie en début d’évolution. On observe quelques cas de suicides à l’annonce du diagnostic de la maladie. Il s’agit alors d’hommes de haut niveau socioculturel, encore actifs dans le bénévolat, ayant accès à des armes à feu et présentant un syndrome dépressif avant l’annonce diagnostique. A des stades plus avancés de la maladie, certains comportements de patients déments évoquent des conduites suicidaires comme le refus de soins, le refus alimentaire voire des chutes répétées.

Selon vous, comment prévenir le comportement suicidaire du sujet âgé ?

Pour les soignants, prévenir le suicide c’est avant tout savoir dépister et traiter la dépression. C’est aussi préserver les capacités physiques des sujets vieillissants, entretenir les facultés intellectuelles et lutter contre l’isolement et la solitude. D’une façon plus collective, il s’agit alors de solliciter l’environnement social avec un soutien familial, l’entretien de relations amicales et de liens avec la communauté y compris en maison de retraite. Le suicide des personnes âgées n’est pas qu’une question médicale. C’est un questionnement que nous devons porter ensemble et plus particulièrement sur la qualité de vie des sujets âgés et surtout de la place que les moins âgés veulent bien leur laisser.

Propos recueillis par Ermine Facchin
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Mêmes thématiques
En savoir plus sur...
Mots-clés :
Vieillissement Suicide
Commentaires
1 vote
(IP:xxx.xx4.194.161) le 7 février 2011 a 18H41
 (Visiteur)

L’article se base sur l’a priori que le suicide est un mal absolu. Dernièrement dans l’Agoravox nous avons eu plusieurs articles sur le droit de mourir et le droit au suicide assisté. Un droit réclamé par les uns, refusé par les autres. Avec des personnes âgées et malades, a-t-on le droit d’interdire le suicide ? Un vieux, atteint d’Alzheimer, qui se suicide : a-t-on le droit de le "sauver", donc de l’interdire de mettre fin à ses jours ?

1 vote
par Jean (IP:xxx.xx6.170.109) le 7 février 2011 a 19H32
Jean (Visiteur)

Bonjour,

Le droit à choisir la fin de sa vie me paraît complètement gommé de cet article "bon chic bon genre". Il n’aborde pas non plus l’important sujet de la dynamique du milieu qui semble générer ce genre de réaction endémique.

Une remise en question des valeurs de l’ensemble me paraît une priorité avant de considérer que le suicide serait une forme de pathologie... C’est peut être le mode de vie et ses valeurs qu’il faudrait changer !

1 vote
par Jean (IP:xxx.xx6.170.109) le 7 février 2011 a 19H35
Jean (Visiteur)

... et si, le suicide provenait simplement d’un manque d’amour de l’ensemble proche de l’intéressé ?

0 vote
(IP:xxx.xx6.117.251) le 7 février 2011 a 20H13
 (Visiteur)

... et si le suicide venait aussi d’un dégoût de se voir vieillir, dégoût de devenir un être ayant besoin d’être assisté, d’une simplement douleur de la lenteur de la fin ?

0 vote
par parkway (IP:xxx.xx8.112.169) le 8 février 2011 a 12H52
parkway (Visiteur)

Nous sommes plongés dans le trou du cul du monde ;

certains s’y complaisent, d’autres se bouchent le nez.

et enfin d’autres le trouvent insupportable...

Si on ne le change pas,...