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« Excentricité » : Ne pas confondre avec Trouble de la personnalité et maladie mentale
« Excentricité » : Ne pas confondre avec Trouble de la personnalité et maladie mentale
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20 mai 2010
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Tichote, 28 articles (Rédacteur)

Tichote

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« Excentricité » : Ne pas confondre avec Trouble de la personnalité et maladie mentale

« Excentricité » : Ne pas confondre avec Trouble de la personnalité et maladie mentale

J’ai reçu, lors d’un dernier article un commentaire ramenant les troubles de la personnalité, en l’occurrence la personnalité Borderline, à un comportement excentrique.

En psychologie, l’excentricité désigne une manière de penser, d’agir de parler qui s’éloigne du conformisme sociétale. L’excentrique s’éloigne de la norme pour marquer son identité.

La société de masse tolère mal qu’on soit différent de la norme, qu’on vive autrement que tout le monde.

« . Et c’est ainsi que la plupart d’entre nous sommes amenés à céder petit à petit, insensiblement, de notre autonomie au pouvoir que représente le système. Tout est conçu dans notre monde de telle sorte qu’il faille se conformer, adopter un fonctionnement dépersonnalisé, autrement dit s’adapter par la soumission et non par l’action. » Propos de Jacques Languirand.

L’assimilation se fait trop facilement car la maladie mentale est en réalité, liée à un effondrement invisible de la personnalité, que traduit l'excentricité apparente.

Comment faire la différence entre l’excentricité et le déséquilibre psychologique ?

L’excentrique se sent « bien dans sa peau », l’excentricité est alors considérée comme un facteur d’équilibre et de santé physique et psychique.

Par contre le déséquilibré est en souffrance.

Pour éviter toute confusion, je veux citer une œuvre connue du grand public.

Je suis persuadée que vous connaissez tous ce film fabuleux : « Vol au dessus d’un nid de coucou »

Synopsis Admis sous tutelle médicale dans un hôpital psychiatrique où l’infirmière en chef, Ratched, exerce sur les malades une emprise meurtrière de toute guérison potentielle, Mac Murphy, délinquant simulateur de maladie mentale, va y introduire une contestation subversive teintée d’humour (signe extérieur avéré de santé mentale) et finira lobotomisé.

Mac Murphy, incarné magistralement par Jack Nicholson est un excentrique manipulateur.

Mac Murphy, s’il va finalement emporter l’adhésion du spectateur parce qu’il met ses capacités au service des plus faibles.

Il entre en conflit avec l’infirmière en chef, laquelle, à défaut d’autorité, exerce sur chacun une emprise pathologique nuisible.

Là où la plupart d’entre nous sommes amenés à céder petit à petit, insensiblement, de notre autonomie au pouvoir que représente le système, Mac Murphy va marquer sa différence en agissant pour Billy dont il veut stopper l’anéantissement.

Chief, l’ami indien de Mac Murphy connaissant les perfidies de la « civilisation américaine », va trouver dans le constat du dysfonctionnement du système institutionnel la force de s’enfuir et de ne pas laisser Mac Murphy lobotomisé à la disposition de ce pouvoir.

Dans ce film, on perçoit parfaitement la frontière entre l’excentricité du héros, le mutisme prudent du Chief, et les patients volontaires ou non qui vivent dans la souffrance d’une image de soi les rendant incapables d’affronter le monde extérieur.

Quels espoirs pour le déséquilibré est en souffrance ?

La santé mentale a été négligée. Plusieurs raisons ont engendré cette situation : la traditionnelle distinction opérée entre santé mentale et santé physique dans l’esprit des gens comme des praticiens, la piètre compréhension des concepts de santé mentale et de maladie mentale, l’opprobre dont ces maladies font l’objet.

Alors que la santé physique s’est améliorée au cours des 50 dernières années, la santé mentale s’est quant à elle détériorée.

En 2010, en France, la folie déborde. Dans nos rues et dans nos prisons, les malades mentaux se retrouvent de plus en plus exclus et représentent aujourd’hui un tiers des populations SDF et carcérale de notre pays.

Et, faute d’avoir trouvé une prise en charge adéquate dans les services d’une psychiatrie publique en crise profonde de moyens et de valeurs, ces malades psychotiques chroniques se retrouvent de plus en plus exclus de la société.

Depuis les années 80, plus de 50 000 lits d’hospitalisation ont été fermés en psychiatrie publique, sans que suffisamment de structures alternatives de prise en charge aient vu le jour.

Et trente ans après la fin des asiles, la maladie mentale repose de plus en plus sur l’associatif et les familles, souvent dépassées.

La réponse des pouvoirs publics s’est jusqu’ici focalisée sur des questions sécuritaires, au grand dam des professionnels, des patients et de leurs familles, qui s’alarment de voir désormais remis en cause leur conception humaniste de la psychiatrie, née il y a cinquante ans, après le sort fatal auquel ont été abandonnés plus de 40 000 malades mentaux dans notre pays pendant la seconde guerre mondiale.

Communiqué de presse : « En amalgamant la folie à une pure dangerosité sociale, en assimilant d’une façon calculée la maladie mentale à la délinquance, est justifié un plan de mesures sécuritaires inacceptables. Alors que les professionnels alertent régulièrement les pouvoirs publics non seulement sur les conditions de plus en plus restrictives de leur capacité de soigner, sur l’inégalité croissante de l’accès aux soins, mais aussi sur la mainmise gestionnaire et technocratique de leurs espaces de travail et d’innovation, une seule réponse leur a été opposée : attention danger, sécurisez, enfermez, obligez, et surtout n’oubliez pas que votre responsabilité sera engagée en cas « de dérapage ».

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