Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
DSK : séducteur, sex addict ou agresseur ? Les experts répondent
DSK : séducteur, sex addict ou agresseur ? Les experts répondent
rubrique
catégorie
note des lecteurs
date et réactions
17 mai 2011 | 11 commentaires
Auteur de l'article
Henri de Miebenthal, 476 articles (Kinésithérapeute)

Henri de Miebenthal

Kinésithérapeute
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
476
nombre de commentaires
0
nombre de votes
0

DSK : séducteur, sex addict ou agresseur ? Les experts répondent

DSK : séducteur, sex addict ou agresseur ? Les experts répondent

« Oui j’aime les femmes, et alors ? » C’est par cette réplique que Dominique Strauss-Kahn donnait le ton lors d’une interview accordée au quotidien Libération le 28 avril dernier. L’homme fort du FMI en profitait pour mettre ses adversaires au défi de publier des fameuses «  photos de partouzes géantes » qui le mettraient en scène. A cette date DSK passait encore pour un chaud lapin qui faisait parfois sourire ici et là. Mais depuis son arrestation à New York le week-end dernier ce n’est plus du tout le cas. DSK est inculpé d’agression sexuelle, tentative de viol et séquestration sur une femme de chambre de l’hôtel où il venait de passer la nuit. Le « séducteur de ces dames » est KO, placé dans une cellule en surveillance "anti-suicide". Les experts médicaux s’interrogent : Quel terme clinique peut-on employer pour qualifier ce surdoué en économie déchu ?

L’affaire DSK relève-t-elle de la séduction ? de l’obsession ? d’une addiction forte ? La question d’un piège tendu à DSK s’est immédiatement posée. Et l’hypothèse n’est pas si délirante pour Laurent Karila, psychiatre spécialiste des addictions à l’hôpital Paul-Brousse de Villejuif : « Vous prenez un accro au sexe, à qui vous présentez une jolie jeune femme au look aguicheur. C’est exactement la même chose que si vous présentiez de la cocaïne à un cocaïnomane non traité. Se déclenche dans son cerveau un craving, c’est à dire l’envie irrésistible de consommer. Alors, il craque ». Si Laurent Karila estime qu’une expertise médicale déterminerait si DSK entre dans ce schéma, Alain Didier Weill, psychiatre et analyste, parle d’une « catastrophe attendue ». Selon ce dernier, « dans une période où la censure autour de lui est étouffante, surgit une espèce de levée intempestive du refoulement sexuel élémentaire ».

Y a-t-il une catégorie claire où on peut ranger Dominique Strauss-Kahn ? Le Docteur Jean-Claude Matysiak, psychiatre et chef de service en addictologie au centre hospitalier de Villeneuve Saint-Georges, qui publie ces jours-ci "Le désir malade", estime que le cas DSK « est à la frontière entre sexualité dite normale et pathologique ». Le Professeur Jean-Pierre Olié, de l'hôpital Sainte-Anne, à Paris, est perplexe. Mais pour Catherine Solano, sexologue et auteur de "Les trois cerveaux sexuels", l’époux d’Anne Sinclair est avant tout un séducteur effréné qui, de toute façon, ne correspond pas au profil du violeur. Elle rejoint ici le point de vue du Docteur William Lowenstein, directeur de la clinique Montevideo spécialisée dans le traitement des addictions, qui affirme que la séduction est à l’opposé de l’agression. Et pour ce qui est de l’addiction au sexe, Catherine Solano estime que le verdict n’est même pas certain : « Beaucoup prêtent à DSK des aventures et un succès auprès des femmes. Mais ces comportement ne font pas forcément de lui un sex addict ». Il resterait donc à déterminer si DSK est cliniquement accro au sexe ou non. Selon le Professeur Florence Thibaut, chercheuse à l’Inserm exerçant au service psychiatrie du CHU de Rouen, cette pathologie toucherait entre 3% et 6% de la population sexuellement active, et masculine dans plus de 80% des cas. Ces personnes souffrent. Et dans cette configuration, une psychothérapie est souvent préconisée.

Le statut de DSK aurait-il joué ? Les hommes qui ont une position sociale privilégiée sont logiquement très sollicités par les femmes, mais là encore ils n’en deviennent pas forcément des addicts, et de nombreux anonymes peuvent, à l’inverse, courir de manière soutenue derrière les femmes. « C’est bien plus une question de génétique et d’éducation donnée par les parents » clament les spécialistes. Quoi qu’il en soit, Catherine Solano et Laurent Karila insistent tous deux sur ce point : Il y a une distinction très nette entre le sex addict et l’aggresseur sexuel : L’accro au sexe se distingue par une fréquence excessive, non contrôlée et croissante du comportement sexuel. Il peut télécharger du porno, réserver des escort girl, participer à des orgies. Alors que l’agresseur se replie essentiellement sur le viol, sa seule modalité d’expression. Il relève dans ce cas des perversions sexuelles, s’apparentant à une autre maladie, elle même distante des "déviances" telles que l’exhibitionnisme, le fétichisme ou le voyeurisme.

Il est rare qu’un addict soit un violeur potentiel. Et un séducteur, peut-il basculer ? Pour le Professeur Bruno Falissard, de l'Inserm, la différence de base est à trouver dans la notion de consentement : « Ce n'est pas simple. Dans le cadre d'une relation sexuelle, faut-il dire toutes les cinq minutes que l'on est d'accord ? ». Roland Coutanceau, psychiatre et criminologue, confie qu’il peut y avoir des dérapages, avec la volonté "de conclure dans l’instant", mais « la plupart des délinquants sexuels ne sont pas des séducteurs ». Nous serions dans ce cas face une personne faisant face à une angoisse, à une pression ou un stress, et qui finirait par craquer sous l’effet d’une pression. Et, une fois l’acte passé (raté ou accompli) il serait le premier à s’interroger pour savoir comment il a pu en arriver là. Le psychiatre Philippe Brenot, directeur des enseignements de sexologie et sexualité humaine à l’université Paris-Descartes, affirme que si l’agression sexuelle était vraiment avérée dans l’affaire DSK, « il s’agirait dans ce cas d’un trouble de la personnalité ».

Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Commentaires
25 votes
par Christian Navis (IP:xxx.xx0.60.252) le 18 mai 2011 a 10H34
Christian Navis (Visiteur)

Les gens de "la haute", et plus encore ceux qui appartiennent à la nomenklatura politico-médiatique, ne doutent de rien.

D’une part, ils croient que leur position sociale les rend tellement irrésistibles qu’ils ne sauraient imaginer qu’une femme puisse repousser leurs avances. De toute façon tout s’achète et à leurs yeux, elles sont toutes des putes ! Et d’autre part, il subsiste de façon plus ou moins inconsciente dans leur système de pensée un droit inaliénable aux privilèges dûs à leur statut : droit de cuissage en l’occurence et droit à ne pas être jugés comme de vulgaires quidams... Une illusion entretenue par une police peu regardante, des média très complaisants, une justice souvent laxiste et des complicités évidentes entre gens du même milieu même si, en apparence, ils sont adversaires politiques.

Les réactions politico-médiatiques depuis dimanche matin en sont l’illustration, autant document sociologique que caricature. Et leur confusion entre "séducteur" est "violeur", termes antinomiques s’il en est, serait risible s’il ne s’agissait pas de drames pour les les femmes victimes de ces prédateurs.

11 votes
par platonique (IP:xxx.xx2.16.80) le 18 mai 2011 a 14H00
platonique (Visiteur)

Tout à fait d’accord avec cette analyse et cela disqualifie tous ceux qui sont derrière lui pour prétendre participer aux primaires des socialistes. (on comprend qu’il se mettent derrière ...) Merci aux Etats Unis. (dommage pour la France)

4 votes
par jacques goguy (IP:xxx.xx4.125.171) le 18 mai 2011 a 14H18
jacques goguy (Visiteur)

Un voleur français est en détention pour une histoire de fesses DSK, vive la justice américaine qui ne fait aucune déférence entre le riche et e pauvre, entre le puissant et le faible, la justice française est à la solde des voyous à col blancs, j’ai honte d’être français, de plus des crapules qui sont à la tête de l’État, ont volé la fortune de mon père qui était allemand. Que les Américains gardent DSK, et que la France mette en prison Chirac et Sarkozy. Voir sur Internet affaire goguy.

6 votes
par Laratapinhata (IP:xxx.xx6.68.192) le 18 mai 2011 a 17H54
Laratapinhata (Visiteur)

Ah non, là trop c’est trop... le lobby psy à la rescousse.... Des médecins qui se déterminent d’après des témoignages complaisants d’amis et d’alliés politiques, c’est compatible avec l’éthique médicale et/ou freudienne (ou lacanienne, jungienne, etc..) ? Sans examen direct du principal intéressé, on peut dire qu’il a un profil incompatible avec.... les faits qui lui sont reprochés ?

Putain, alors ...tous pourris, c’est sûr !

3 votes
par yvan (IP:xxx.xx1.184.106) le 18 mai 2011 a 22H29
yvan (Visiteur)

Le personnage est décrit comme trés intelligent, donc trés lucide de son état. Admet-on que ses périodes de "démence sexuelle" n’etaient que passagères, fortuites et trés répétitives. Le reste du temps, il etait conscient de son "addiction" et à ce titre, il se devait d’engager une discrète thérapie. De plus connaissant son "addiction", il aurait du s’éviter certaines situations, telle que celle d’un week-end à l’étranger, dans un hotel, seul et sans motif.... professionnelle. Mais de toute évidence il n’en n’avait cure... Alors, si les faits sont avérés, sa responsabilité ne souffrira d’aucun doute et surement d’aucune circonstance atténuante.

Homme politique, responsable mais non coupable tu seras ! (oui mais, seulement en France...)

1 vote
par Laratapinhata (IP:xxx.xx6.68.192) le 19 mai 2011 a 00H25
Laratapinhata (Visiteur)

Autrement dit l’option pervers est rejetée au profit de celle de malade...Pourquoi ? pour rassurer le bourgeois intellectuel de goôche ?c’est trop dur de regarder la vérité en face ? Evidemment voila une miraculeuse perche où se peuvent se raccrocher tous les lâches qui n’ont rien dit, qui les exemptent de tout examen de conscience et de toute remise en question.

6 votes
par Dorinne (IP:xxx.xx0.21.5) le 19 mai 2011 a 00H19
Dorinne (Visiteur)

Un bon article, avec pour une fois, un peu de hauteur..ça change un peu !!! Si j’ai pu détester DSK pour son sionisme affiché et sa position très à droite de la gauche, je ne peux trouver une seconde vraisemblable le scénario tel qu’il est décrit, ni me réjouir de voir un homme présumé innocent flingué et méprisé de la sorte...je comprend mieux pourquoi on dit des américains qu’ils sont passés de la barbarie à la décadence sans connaitre la culture !!! Et de voir des Français applaudir alors qu’ils se font humilier et rouler dans la farine par ces cowboys, c’est surréaliste !!! Pour ce qui est de la question du consentement, je voudrais ajouter qu’il me semble impensable qu’une jeune femme de 32 ans , en mesure de ’griffer’ son agresseur, puisse subir une fellation forcée sans la menace d’une arme par un homme nu de 62 ans, sans lui causer de dommages...perso, je puis vous assurer que son intimité s’en souviendrait !!! Pas crédible du tout cette affaire....

4 votes
par zozo (IP:xxx.xx8.229.33) le 21 mai 2011 a 07H55
zozo (Visiteur)

en gros comme votre cerveau ne peut assimiller vous defendez le predateur , vous etes aussi minable que votre heros lubrique !!

3 votes
par Dominique Strauss Kahn (IP:xxx.xx4.196.50) le 19 mai 2011 a 00H49
Dominique Strauss Kahn (Visiteur)

Les femmes veulent de la virilité on leur en donne et elles se plaignent , et puis qui peut résister a une croupe de black offerte telle une fleur ? Surtout quand on sort d une douche chaude ! Dans le temps on écartait les cuisses et on fermait sa gueule !

2 votes
par zozo (IP:xxx.xx8.229.33) le 21 mai 2011 a 07H52
zozo (Visiteur)

Séducteur ? Vos avez vu son physique extremement disgracieux ?? Vieux degueulasse !!

1 vote
par serieux (IP:xxx.xx4.69.129) le 22 mai 2011 a 17H23
serieux (Visiteur)

Cela me surprend de voir un kine parler d’addictologie !

Ce sont des médecins spécialistes qui devraient dire leurs points de vue ! Et seulement après avoir discuté avec le malade ils pourraient donner leur avis, qui est d’ailleur confidentiel