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Dépression : près d’1 français sur 5 touché par cette maladie
Dépression : près d'1 français sur 5 touché par cette maladie
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23 juin 2009
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La rédaction CareVox, 602 articles (Comité de rédaction)

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Dépression : près d’1 français sur 5 touché par cette maladie

Dépression : près d'1 français sur 5 touché par cette maladie

De plus en plus de français souffrent de dépression. D’après les estimations, ce mal toucherait 3 millions de personnes en France et on évalue à 8 millions ceux qui ont vécu ou qui vivront un épisode dépressif au cours de leur vie. Devant la prévalence de cette maladie, l’INPES a donc mené en 2005 une vaste enquête auprès de la population, afin d’établir une estimation du nombre de malades « hors contexte clinique » ainsi que les facteurs de risques afin de lancer prochainement une campagne de prévention pour la dépression.

La dépression ou épisode dépressif majeur, c'est quoi ?
 
La dépression est l’une des maladies psychiques les plus répandues et ce terme désigne en réalité un ensemble de « maladies ou états dépressifs ». Parmi elles, l’ « épisode dépressif majeur » (EDM) est la plus répandue, et ne doit pas être confondu avec la notion de vague à l’âme ou de tristesse.
 
L’épisode dépressif majeur se caractérise par une « humeur dépressive » (pessimisme et vision négative de l'existence, de soi-même, de l'avenir) ou une perte d’intérêt ou de plaisir généralisée pendant au moins deux semaines consécutives, et ce pratiquement toute la journée et presque chaque jour. L’EDM est avéré si, durant cette période apparaissent aussi plusieurs (au moins quatre) symptômes, tels qu’une fatigue, un ralentissement psychomoteur, un changement d’appétit ou de poids, une insomnie, des difficultés à se concentrer ou à prendre des décisions, des idées de dévalorisation ou de culpabilité et des idées de mort récurrentes ou des tentatives de suicide, et qu’ils entraînent une perturbation des activités habituelles.
 
 
18 % des Français ont présenté un épisode dépressif majeur au cours de leur vie
 
La moitié des personnes interviewées a vécu une période de tristesse ou de perte d’intérêt d’au moins deux semaines au cours de sa vie, ce qui représente le symptôme principal de l’EDM. Si l’on prend en compte la présence de symptômes supplémentaires, 18 % des personnes interrogés ont déclaré avoir présenté un EDM au cours de leur vie, la moitié d’entre elles étant des épisodes sévères. Chez les personnes souffrant d’épisode dépressif majeur, les principaux symptômes évoqués sont : une fatigue inexpliquée, des difficultés de concentration, des troubles du sommeil ainsi que la perturbation de leurs activités. 
 
Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes
 
Environ deux fois plus de femmes ont souffert d’une dépression ; une femme sur cinq connaîtra un épisode dépressif au cours de sa vie, contre un homme sur dix. Cet écart est exacerbé chez les cadres, 10 % des femmes cadres ont subi une dépression contre 1.5% des hommes occupant des postes équivalents.
 
 
Les difficultés professionnelles, familiales sont des facteurs provoquant la dépression
 
Chez les jeunes femmes de moins de 25 ans, une situation professionnelle précaire comme le chômage, augmente les risques de dépression. Ainsi, 10,3 % des personnes tributaires des Assedic, ou d’une aide sociale ont affirmé avoir vécu un EDM, contre 4,7 % chez ceux qui ne perçoivent pas ces aides.
 
Chez les femmes ayant entre 25 et 55 ans, ce sont davantage la solitude ( célibataires ou divorcées) et le fait d’avoir beaucoup d’enfants (plus de cinq) qui semblent accroître les risques de dépression. L’instabilité de leur travail arrive ensuite comme facteur aggravant.
 
Enfin, chez les hommes, la solitude (célibataires) apparaît comme un facteur pouvant déclencher une dépression à partir de 55 ans. 
 
La dépression : une maladie encore taboue et mal perçue pour certains
 
85 % des Français considère la dépression comme une maladie mais ceci n’empêche pas 30 % des gens de penser que les personnes dépressives se complaisent dans leur état, ou qu’il s’agit seulement d’un coup de blues passager. Certains ont même des opinions stigmatisantes à l’encontre des personnes dépressives mais il s’agit davantage de gens ayant un faible niveau d’études ou de classe d’âge extrêmes.
 
Une large majorité des gens pense qu’il est normal d’aller consulter un psy lorsqu’on est dépressif car il considèrent qu’il est difficile de s’en sortir seul. Cependant, on s’aperçoit que près de 32 % des personnes ayant présenté un épisode sévère de dépression n’ont jamais eu recours à un professionnel de santé.
 
En parallèle, la dépression reste encore une maladie taboue et les gens se méfient des professionnels de santé. 39 % des interviewés jugent qu’il est risqué de se confier à son médecin du travail et même 24 % font part de la même réticence vis-à-vis de leur médecin généraliste.
 
Trop de recours aux médicaments
 
L’épisode de dépression reste encore trop souvent associé à la prise de médicament psychotropes alors que la maladie, lorsqu’elle est peu sévère, devrait être traitée en priorité par une psychothérapie. Les généralistes qui sont impliqués dans 67 % des parcours de soin des patients (contre 32% des psychiatres par exemple) et dans la moitié des cas, consultés exclusivement, devraient donc davantage préconiser le soutien psychologique que la prescription de médicaments. Encore la moitié des gens, malades ou non, ne savent quelles est la différence entre un psychologue et un psychiatre.
La rédaction CareVox

SOURCES

  • Chan Chee C., Beck F., Sapinho D., Guilbert P (dir.), La dépression en France – Enquête Anadep, 2005, Saint-Denis : INPES, coll. Études santé, 2009, 208 p.
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