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Dépression nerveuse : Bientôt des approches médicales plus efficaces
Dépression nerveuse : Bientôt des approches médicales plus efficaces
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15 janvier 2010 | 5 commentaires
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La rédaction CareVox, 602 articles (Comité de rédaction)

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Dépression nerveuse : Bientôt des approches médicales plus efficaces

Dépression nerveuse : Bientôt des approches médicales plus efficaces

Les chercheurs en conviennent : les médicaments actuellement sur le marché ne parviennent pas à agir au niveau du cerveau des personnes souffrant de dépression.

Pour les américains en prise avec une dépression nerveuse, l’année 2009 s’est terminée par de bien mauvaises nouvelles. Un rapport issu des Archives de la Psychiatrie Générale (Archives of General Psychiatry) a révélé que seul un adulte déprimé sur cinq se voit prescrire une traitement conforme aux lignes directrices recommandées, et le Journal de l’Association Médicale Américaine (Journal of the American Medical Association) a quant à lui établi que les antidépresseurs classiques ne sont efficaces qu’auprès des personnes atteintes d’une dépression grave. La dépression est un maladie très répandue, et on peut se demander à l’heure actuelle pourquoi tant de gens continuent à en souffrir alors que des milliards sont investis dans la recherche et le développement de nouveaux traitements.

Une équipe de scientifiques de Chicago, animée par Eve Redei, Professeur de Psychiatrie à l’Ecole de médecine Feinberg de l’Université Northwestern, croit détenir la réponse : Si près de la moitiés des personnes dépressives qui sont sous antidépresseurs ne peuvent guérir, la faute en incomberait aux chercheurs qui ont mis l’accent sur les mauvaises cibles neurologiques. Selon Eve Redei la mise au point de nouveaux médicaments efficaces fait appel à de nouveaux paradigmes de pensée : « Aucun produit nouveau n’a été mis sur le marché ces 20 dernières années, et tous les médicaments actuels ont le même mécanisme d’action ». La plus grande étude jamais réalisée sur la dépression s’est ainsi penchée sur les bénéfices à tirer des antidépresseurs dans les « paramètres du monde réel ».

Elle a constaté que bien que de nombreuses personnes souffrant de dépression ne guérissent pas suite à la prise d’un premier produit, la moitié d’entre elles peut s’en sortir en prenant un nouveau médicament, en complément ou non du premier. Eve Redei, qui a présenté les résultats de ses recherches à la dernière conférence dédiée aux neurosciences à Chicago à l’automne dernier, réfute les hypothèses selon lesquelles le stress entraîne une dépression et que de faibles niveaux de neurotransmetteurs, la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline stimulent eux aussi la dépression. L’équipe du Professeur Redei a fait appel à un « modèle animal » unique de dépression qui, selon elle, « imite les aspects de dépression chez l’homme autant qu’il est possible à un animal de le faire ».

Les chercheurs ont de fait étudié les gènes dans une certaine région du cerveau chez des rats déprimés et les ont comparés aux gènes présents dans la même région cérébrale en période de tension chez le rat. Eve Redei est catégorique : « Si vraiment le stress provoque une dépression ou contribue à une dépression, je m’attend dans ce cas à ce que les gènes qui soient différents dans le premier cerveau soient similaires à ceux qui se distinguent dans le second cerveau ». Verdict : seuls cinq gènes se chevauchent. Quant à la question de savoir si un déséquilibre chimique est facteur de dépression, les chercheurs ont là aussi analysé les gènes, et il s’est avéré que les gènes modifiés chez les rats déprimés n’étaient pas liés aux neurotransmetteurs en question.

Pour Keith Young, vice-présidente pour la recherche en psychiatrie et en sciences du comportement à la Texas A & M Health Science Center College of Medecine « les chercheurs de Chicago en ont conclu que la dépression commence en amont de la chaîne, et que des différences physiques importantes, liées aux neurones, existent au niveau du cerveau ». Les recherches effectuées par Keith Young et son équipe sont arrivées aux mêmes conclusions : les personnes susceptibles d’être déprimées ont un cerveau différent de celui des personnes non exposées à ce risque.

La vice-présidente poursuit : « Les personnes insensibles aux antidépresseurs ont un cerveau de nature différente qui empêche les médicaments d’entrer en action. De plus, les types de dépression sont probablement plus nombreux que ce qu’on pensait jusqu’à présent. En conséquence, il faut faire appel à d’autres types de recherches pour trouver des solutions ». Keith Young reste cependant prudente : « Les conclusions de l’équipe de Chicago ne doivent pas dissuader les personnes souffrantes de faire appel à leur antidépresseur actuel ». Les deux scientifiques, rejointes par le Docteur John Vineeth, Professeur adjoint de psychiatrie à l’Université Miller School of Medicine de Miami, ont par ailleurs convenu de ne pas minimiser le rôle du stress dans la dépression, même s’il n’y a pas de relation de cause à effet.

 

Sources : USA Today, Time, VOA News, Business Week, Medline Plus

La rédaction CareVox
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Commentaires
2 votes
par jford (IP:xxx.xx0.141.127) le 16 janvier 2010 a 11H07
jford (Visiteur)

Il faudrait déjà que les français comprennent que leur névroses sont produites par le système et que le problème vient du système et pas d’eux même ; se sentir mal dans cette société capitaliste libérale où le travail et la famille sont détruits.

Un psy cherchera a garder son client rien de plus ; changer le système, comprendre ce qui ne va pas et lutter politiquement est le meilleur moyen de retrouver le contact avec la réalité et de trouver à nouveau satisfaction.

2 votes
par bisonheureux (IP:xxx.xx2.201.144) le 16 janvier 2010 a 12H36
bisonheureux (Visiteur)

Tout à fait d’accord avec JFord,la dépression est une somatisation très puissante de l’âme.Soigner celà avec des neuroleptiques est un crime ;mais comme la médecine moderne ne considère pas l’âme car elle ne sait pas ce que c’est,alors elle gave de médocs les patients ! Une dépression signifie un malêtre très grave,méditer en écoutant de belles musique comme les sonates pour deux pianos de Mozart apporte rapidement de bons résultats,si celà est combiné avec une bonne hygiène de vie(alimentation bio et non industrielle...)la transformation peut être rapide

1 vote
par colincaillou (IP:xxx.xx5.175.197) le 18 janvier 2010 a 03H13
colincaillou (Visiteur)

1) Il y a de nombreux types très différents de dépression. 2) Se soigner par des médicaments est souvent nécessaire. Et ça n’empêche nullement la nécessaire et salutaire remise en cause de la vie moderne déshumanisée.

Révoltons nous et soignons nous, les deux vont de paire.

0 vote
par racoone (IP:xxx.xx5.45.214) le 27 janvier 2010 a 16H08
racoone (Visiteur)

Cher Bisonheureux, comme tu portes bien ton pseudo ! Tu n’as heureusement pour toi jamais connu les affres de la vraie dépression ! celle-ci t’empêche d’entendre, de voir , de goûter tout ce que tu trouvais si divin en n’étant pas malade ! et quand on est déjà dans cet état, impossible de méditer ! ( encore faut-il savoir le faire !) La méditation sera utile pour éviter les rechutes..... quand on n’est plus paralysé par l’angoisse !

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par Docteur David Vincent (IP:xxx.xx0.17.56) le 26 janvier 2010 a 11H59
Docteur David Vincent, 74 articles (Médecin généraliste)

Chez les musulmans il y a bien longtemps l’on avait coutume de soigner la dépression en installant les déprimés dans des maisons calmes où ils pouvaient se reposer, écouter des chants, voir des danses, des spectacles etc. les thérapeutes mettaient l’accent sur la beauté de la vie ( "les lieux de la folie" de Claude Meyers) . Le traitement était interrompu quand le patient reprennait goût à la vie. Comparé à ceci un petit cachet n’est vraiment pas sexy. Je pense que l’on va dans une impasse en voulant soigner absolument le cerveau.