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CONTRACEPTION : OÙ EN EST-ON ?
CONTRACEPTION : OÙ EN EST-ON ?
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10 juillet 2014 | 1 commentaires
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Bien-être et santé, 172 articles (Magazine Santé)

Bien-être et santé

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CONTRACEPTION : OÙ EN EST-ON ?

CONTRACEPTION : OÙ EN EST-ON ?

La polémique sur les pilules de 3e et 4e générations et leur déremboursement a conduit les femmes à s’intéresser à d’autres modes de contraception. Attention, si certaines méthodes comme le DIU sont efficaces, d’autres sont plus risquées.

 

Depuis le déremboursement des pilules estro-progestatives de 3e et 4e générations en mars 2013, le comportement des Françaises en matière de contraception a changé. La controverse associée à ces contraceptifs oraux et la plainte d’une victime d’AVC qui affirmait le devoir à ce type de pilules ont fait grand bruit et effrayé de nombreuses femmes. La gestion peu compréhensible de l’information autour de ces risques avait fait craindre un abandon anarchique et massif de leur contraception par les femmes  ; et par voie de conséquence une hausse du nombre de grossesses non désirées et d’IVG. D’où l’intérêt d’une enquête, menée quelques mois après la polémique, par l’lned (Institut national des études démographiques) et l’Inserm, publiée en mai dernier. Objectif de cette enquête appelée Fecond et réalisée auprès de 4 500 femmes et 1 500 hommes  : évaluer les changements de comportement des femmes par rapport à l’enquête Fecond précédente, en 2010. Les résultats ne sont pas catastrophiques mais révèlent une certaine désaffection pour la pilule, amorcée au début des années 2000. Près d’une femme sur cinq déclare avoir changé de contraception depuis le débat médiatique de 2012-2013 sur les pilules. Au profit du stérilet et du préservatif, mais aussi de méthodes naturelles (retrait, méthodes d’ovulation…) et aléatoires.


ESSAYER LE STÉRILET

Les Françaises ont été longtemps les championnes du monde de l’utilisation de la pilule et dans le peloton de queue pour le stérilet. Mais les choses changent. Dans l’enquête Fecond de 2010, le recours au DIU (dispositif intra-utérin), appelé couramment stérilet, avait déjà progressé de 1,9 point, avec une hausse plus marquée chez les jeunes, et cette tendance se poursuit  : + 47 % d’utilisatrices fin 2013.

Les femmes nullipares aussi

En 2010, une enquête de l’Inserm estimait à 20 % le nombre de femmes en âge de procréer utilisant un DIU. Cette faible adhésion à un dispositif pourtant au moins aussi efficace que la contraception orale s’explique en partie par la réticence des médecins à le prescrire chez les très jeunes femmes et les nullipares (celles qui n’ont pas encore eu d’enfants). Dans les années 1990, on pensait que la pilule faisait grossir… La Haute Autorité de Santé (HAS) a pourtant rappelé l’an dernier que les DIU pouvaient aussi être proposés aux femmes nullipares sans inconvénient.

Halte aux idées fausses

Ces chiffres assez bas sont également dus à de nombreuses idées reçues qui courent sur le stérilet (lire Réponses d’expert). Certaines femmes ont aussi des craintes. Elles pensent par exemple que leur partenaire va sentir les fils. Normalement, il ne ressent aucune gêne, mais s’il sent les fils, il suffit que le médecin les recoupe plus courts. D’ailleurs, c’est entre autres pour cette raison qu’une visite de contrôle est nécessaire après la pose. D’autres redoutent des règles diluviennes  ; ce n’est pas tout à fait ça. Après la pose d’un DIU les règles peuvent être plus abondantes mais uniquement pendant les premiers mois après la pose (50 % des cas), ensuite elles retrouvent leur niveau physiologique. Elles pensent aussi qu’il peut s’en aller  : ce n’est vraiment pas fréquent. Plus rare encore (1 cas sur 1 000), il peut remonter, mais l’enlever ne pose alors aucun problème. Autre crainte, les infections  : en fait, le cuivre ayant une propriété anti-infectieuse, le risque est particulièrement faible, même chez les diabétiques, et n’existe que durant les premières semaines après la pose. Enfin, certaines femmes ont peur d’avoir mal pendant la pose. Ce n’est pas le cas si celle-ci est pratiquée par un gynécologue ou une sage-femme expérimentés. Et, en cas d’angoisse, le médecin peut prescrire une prémédication pour se détendre.

À chacune son modèle

Aujourd’hui, il existe de nombreux modèles de DIU, de différentes formes et tailles, choisis en fonction de la morphologie de l’utérus de la femme. Selon le modèle, ils agissent de 4 à 10 ans. Autre avantage  : c’est la méthode de contraception la moins coûteuse.

À savoir : le DIU au cuivre est aussi efficace que le DIU au lévonorgestrel (progestatif de synthèse).

DEUX SORTES

Les stérilets, le plus souvent en forme de T, mesurent 3,5 cm voire moins. Ils sont recouverts en partie de cuivre ou munis d’un réservoir de progestatif. Ces derniers sont intéressants en cas de règles abondantes et douloureuses car ils diminuent leur volume.

RÉPONSES D’EXPERT

Dr Teddy Linet

Gynécologue-obstétricien au Centre hospitalier Loire-Vendée Océan.

« Les femmes ont des idées préconçues sur le stérilet. »

Quelle est l’idée fausse la plus fréquente ?

Penser que le stérilet rend stérile est totalement erroné. Après le retrait du stérilet, les femmes retrouvent leur fertilité. D’ailleurs, cette méthode de contraception s’adresse aussi aux femmes n’ayant pas encore eu d’enfants. Il existe des DIU de petite taille s’adaptant aux utérus plus petits des femmes n’ayant jamais accouché. Cette idée reçue tient au nom couramment utilisé de stérilet qu’il faudrait abandonner.

Quelles autres idées fausses freinent le choix du DIU ?

Par exemple, le DIU serait moins efficace que la pilule. Non, avec le DIU il n’y a pas d’oublis possibles et son efficacité est supérieure à 99 %. Il favoriserait les grossesses extra-utérines… Encore une idée reçue répandue. Il serait moins efficace quand la femme prend des anti-inflammatoires non stéroïdiens  : c’est faux. Ce serait un moyen abortif  : pas du tout, c’est un moyen contraceptif. En freinant les spermatozoïdes, il limite leur liaison à l’ovule et en cas de fécondation il empêche la nidation. Il y a aussi des particularités culturelles, amusantes mais tout aussi erronées  : il ne faudrait pas prendre de vinaigre, ne pas faire de cheval, le stérilet sonnerait dans les aéroports, etc. 
 

FAUT-IL BOUDER LA PILULE ?

C’est un constat  : depuis l’affaire des pilules de 3e et 4e génération, les femmes boudent toutes les pilules et pas seulement celles-ci. D’après l’étude Fecond, le recours aux contraceptifs oraux est passé de 50 % en 2010 à 41 % en 2013 et a chuté de 14 points depuis 2000. Ce n’est pas rien, mais ce n’est pas non plus le pill scare (peur de la pilule) tant redouté. 

Après des examens biologiques

Les gynécologues s’en félicitent car la pilule reste, avec le stérilet, le moyen contraceptif le plus efficace. Le Comité pour l’évaluation des risques en matière de pharmacovigilance (Prac)
de l’Agence européenne des médicaments (Ema) a d’ailleurs conclu, en octobre 2013, que
les bénéfices de tous les contraceptifs oraux combinés continuaient d’être supérieurs aux risques, malgré un taux un peu plus élevé d’accidents par thrombose veineuse pour les pilules de 3e et 4e génération. Par précaution, l’Ansm (Agence nationale de sécurité des médicaments) recommande d’utiliser préférentiellement des pilules contenant du lévonorgestrel, de la noresthistérone ou du norgestimate (progestatifs) en combinaison avec la dose la plus faible d’estrogène. Mais elle rappelle, à cette occasion, qu’avant la première prescription un examen médical attentif et des examens biologiques sont indispensables pour repérer des facteurs de risque thrombo-embolique  : obésité, immobilité prolongée, tabagisme… C’est seulement à partir de ces données que le médecin adapte au mieux la contraception. Pas de pilule (quelle qu’elle soit) si une femme présente au moins un de ces facteurs de risque.

Contre l’acné aussi

Bonne nouvelle pour les femmes souffrant d’acné et désorientées par cette polémique sur la pilule  : en France, l’association norgestimate triphasique/éthinylestradiol, qui agit sur les deux volets à la fois, est «  le seul contraceptif oral combiné ayant à la fois le risque le plus faible de thrombo-embolie veineuse et l’indication d’acné  », selon le Dr Brigitte Letombe, gynécologue au CHRU de Lille et présidente de la Fédération nationale des Collèges de gynécologie médicale.

Evelyne Oudry

 
À SAVOIR

-La stérilisation à visée définitive s’adresse aux personnes majeures qui ne veulent pas ou plus d’enfants. Pour les hommes, c’est la vasectomie, réalisée en un quart d’heure sous anesthésie locale. Et pour les femmes, la ligature des trompes ou, de plus en plus pratiquée, en ambulatoire, la méthode Essure® (implants introduits par les voies naturelles).

-La contraception hormonale d’urgence est la solution de rattrapage après un rapport non ou mal protégé. La pilule dite du lendemain au lévonorgestrel se prend au mieux dans les 12 heures, au plus tard dans les 3 jours. Disponible sans ou sur ordonnance (remboursée dans ce cas), elle peut être délivrée gratuitement aux mineures. La pilule du surlendemain (ulipristal acétate), délivrée seulement sur ordonnance et remboursée, ou gratuite pour les mineures en toute confidentialité en pharmacie, se prend jusqu’à 5 jours après le rapport.

ALTERNATIVES MOINS CONTRAIGNANTES

Il n’y a pas que la pilule et le DIU.Outre le préservatif et les méthodes moins utilisées (préservatif féminin, diaphragme, capes cervicales, spermicides) trois modes de contraception à base d’estro-progestatifs sont efficaces  :

-Patch contraceptif. Il diffuse des estro-progestatifs à travers la peau. Un par semaine pendant 3 semaines chaque mois.

-Anneau vaginal. En plastique,il contient une association d’hormones en faibles quantités, se place facilement dans le vagin, se retire au bout de 3 semaines pour 1 semaine d’arrêt, et ainsi de suite.

-Implant. Ce petit bâtonnet cylindrique en plastique muni d’un réservoir contenant les mêmes hormones que la pilule est inséré par le médecin sous la peau du bras. Invisible et indolore,
il protège 3 ans.

 IVG

Même si le chiffre reste stable, on enregistre chaque année, en France, plus de 200 000 interruptions volontaires de grossesse… 2 sur 3 se font chez des femmes utilisant une contraception.

Cet article est extrait en exclusivité du magazine Bien-être & Santé - Tous droits réservés

SOURCES

  • www.bienetre-et-sante.fr
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Commentaires
0 vote
par Fabienne G (IP:xxx.xx8.206.117) le 10 juillet 2014 a 21H10
Fabienne G (Visiteur)

Il y a aussi la symptothermie, la méthode naturelle oubliée !

Un outil de connaissance de soi qui permet à la femme de repérer les signes de fertilité (2 à croiser parmi la température, la qualité de la glaire, la position et la texture du col de l’utérus).

En période de fertilité donc pré et péri ovulatoire, la conception est possible et il faudra donc soit s’abstenir soit utiliser une contraception locale (diaphragme, préservatif)... à moins de vouloir un bébé bien sûr ! Une fois que l’ovulation a été détectée, la femme est infertile jusqu’au cycle suivant et la prudence n’est plus nécessaire dans un couple stable puisqu’il ne peut plus y avoir conception.

La méthode est fiable et accessible, non polluante et quasi gratuite. Bien appliquée, elle a la même sécurité qu’une pilule ou un stérilet ; elle demande une éducation, un apprentissage avec supervision par une monitrice pendant 6 mois puisque beaucoup de femmes ont perdu la connexion avec leur bas-ventre et l’habitude d’observer ce qui s’y passe.