Accueil du site
> Psycho & Sexo > Conseils & Solutions
Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
Conseils pour que l’info ne soit pas source de psychose
Conseils pour que l'info ne soit pas source de psychose
rubrique
note des lecteurs
date et réactions
30 mars 2012 | 5 commentaires
Auteur de l'article
Laurence Roux-Fouillet, 95 articles (Sophrologue)

Laurence Roux-Fouillet

Sophrologue
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
95
nombre de commentaires
0
nombre de votes
0

Conseils pour que l’info ne soit pas source de psychose

Conseils pour que l'info ne soit pas source de psychose

Beaucoup de mes clients ou élèves relatent de plus en plus de difficultés à être confrontés à l’actualité - et les faits divers et événements des derniers jours constituent sans doute un sommet du genre.

Chaque soir devant notre écran, à la radio dans notre voiture, dans le journal gratuit que nous parcourons avant d'aller travailler, nous sommes assaillis par des événements-chocs, des annonces terribles, des prédictions de plus en plus pessimistes, des images terrifiantes ou révoltantes...


Nous vivons au milieu d'un flux d'infos, dont certaines dépassent les autres dans l'urgence, la stupéfaction ou l'horreur. Certains peuvent se trouver submergés par les sentiments que font naître ces informations que nous ne gérons pas.
Envisageons d'abord les événements émouvants (1ère partie) et nous aborderons d'ici quelques jours les prévisions alarmistes (2ème partie).

Les événements émouvants

Les événements émouvants sont ceux qui heurtent notre sensibilité et déclenchent des émotions, principalement la tristesse et la peur et leurs déclinaisons : anxiété, angoisse, chagrin, sentiment de révolte et d'impuissance... Parfois aussi nous nous sentons coupables d'être en bonne santé, heureux, alors que tant d'autres sont dans la peine.
Scènes de violence en Syrie, images d'un car éclaté, corps d'enfants blessés, tués... Les médias ne nous épargnent à présent aucune image, aucun détail, estimant avec complaisance que la précision de l'information prime sur notre sensiblerie.
Peut-on refermer le journal, éteindre l'appareil sans en garder des traces ? Et comment les gérer ?

- D'abord en réalisant que ce qui s'est passé ne nous implique pas directement. Nous en sommes témoins, alors que nous n'avons assisté à rien. Cette proximité de l'image créée une proximité émotionnelle. Nous voilà "embarqués dans l'événement". Nous faisons souvent aussi des projections : et si ces enfants étaient les nôtres ? Et si ces troubles avaient lieu dans notre pays ? Et si la mort nous attendait, là, au détour d'une route ? Il peut être bon de réaliser qu'il s'agit de projections, et que la peur qui s'ensuit est une création de notre esprit, prompt à anticiper le pire.
Cette réflexion autour de l'événement permet de remettre une distance salutaire, une sorte de "cordon sanitaire émotionnel".


- Ensuite en envisageant si nous pouvons agir sur ce qui s'est passé. Je peux me sentir concerné par la famine dans la corne de l'Afrique en soutenant l'action d'une ONG. Je peux exprimer ma révolte contre les agissements d'un dictateur en signant une pétition, en participant à une manifestation... Et il faut bien reconnaître que ce sont les seuls (maigres) moyens qui sont à ma portée. Ils ne feront pas disparaître (en tout cas pas tout de suite) les visages des martyrs qu'on nous montre à l'écran, mais je pourrai sentir que j'y ai contribué à ma manière. Cela me permet aussi de me sentir humain, citoyen, solidaire de ce qui arrive au monde, même si je n'ai pas à moi seul le pouvoir de le changer.


- Enfin, en ne me laissant pas "piéger" par le flux de l'information. Je peux sélectionner mes sources (la radio sera toujours moins éprouvante que la télévision), privilégier les commentaires ou analyses à l'énumération des détails, couper la source d'information quand on en sait déjà suffisamment... Sans oublier de protéger aussi les enfants et les adolescents, qui ont encore plus de mal à faire la distinction entre le contenu des actualités et leur réalité.

 

Les prévisions alarmistes

Abordons à présent les prévisions alarmistes.
Beaucoup ont la sensation de vivre dans un monde incertain, menaçant, alors même que notre santé, notre approvisionnement alimentaire et notre sécurité (en tout cas en Occident) sont bien plus élevés qu'il y a 50 ans.
Parmi les faits dont les médias nous abreuvent, au point d'en faire notre actualité quotidienne, les prévisions sont des vecteurs de stress importants.
A la différence des événements émouvants, qui se rattachent à des faits divers qui cèdent la place à d'autres, ces prédictions concernent des "tendances lourdes" que l'on nous décortique à l'envie pour nous faire prendre conscience des enjeux qui semblent nous attendre.
En tête de ce hit parade depuis 4 ans : la crise économique et son cortège de catastrophes annoncées - concurrencée par d'autres peurs lancinantes : épidémie (pandémie !) grippale de toute sorte, risque (menace !) nucléaire, désastres écologiques qui pèsent sur le futur de nos enfants...

Sommes-nous à ce point en danger ? Faut-il s'alarmer et développer, comme ça devient le cas, une peur au quotidien ? Et surtout, comment s'en protéger pour garder la tête froide ?

- Réaliser que les experts se contredisent entre eux. Que ce soit pour la santé ou l'état de la planète, on entend tout et son contraire. Les experts - qui sont pointus dans un domaine, mais n'ont pas toujours une vision globale- décrivent une vérité à l'instant T et de leur point de vue. D'autres, par peur du ridicule ou des conséquences, annoncent à peu près tout, afin de ne pas être pris en défaut (voir l'exemple des prévisions météorologiques sous le mode "alerte"),

- Considérer que nous vivons dans des sociétés occidentales qui ont érigé le principe de précaution en dogme. A défaut de pouvoir tout contrôler, mieux vaut tout annoncer et s'en prémunir avant qu'un début de menace pointe son nez. On peut citer à ce titre la gestion de la grippe H1N1... Au final, nous en devenons presque "surprotégés". Le problème reste que l'énumération des risques potentiels est une vraie source d'anxiété. Un risque futur (et hypothétique) peut devenir une vraie angoisse au présent. Dans d'autres endroits de la planète, on considérerait ces données avec plus de philosophie - d'autant que le quotidien mobilise déjà l'attention de ces populations moins favorisées que nous.
 
- Prendre conscience que tous les phénomènes qui nous affolent ont des causes multifactorielles, et des évolutions qui peuvent être rapides, dans un sens comme dans l'autre. Certaines vérités ont une durée de vie très courte...et des issues tout à fait inimaginables aujourd'hui.
 
- Regarder le passé. Il tient lieu d'expérience. Tout ce qui nous a déjà été annoncé de pire s'est-il effectivement déroulé ? En novembre 2011, certains économistes certifiaient que l'euro ne passerait pas Noël. Bon an mal an, il est toujours là...
 
- Faire confiance à notre capacité d'adaptation. Face à un événement, un danger, l'Homme a de grandes ressources et mobilise tous ses moyens pour ce qu'il sait faire le mieux : survivre. L'Histoire nous en a donné de nombreux exemples (demandez à vos grands-parents...).
 
- Enfin, prendre du recul. D'abord en se demandant quel est l'impact aujourd'hui de la prévision ou de la menace sur ma vie de tous les jours. Ensuite, en considérant comment je peux me sécuriser moi-même (ou mon entourage) de façon raisonnable et à la mesure de ce qu'il m'est possible de faire. Prévoir - oui. Tout anticiper - non. Avez-vous envie de construire un bunker anti-nucléaire dans votre jardin ? Dans tous les autres cas, lâcher-prise, c'est à dire accepter ce sur quoi on n'a pas de contrôle.
 
- Et en tout état de cause, profiter de chaque jour pour ce qu'il nous apporte d'agréable. Bref, vivre sans se soucier des menaces potentielles, qui finissent toujours par disparaître. Ce serait dommage de s'être inquiété pour rien...
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Commentaires
4 votes
(IP:xxx.xx8.206.78) le 31 mars 2012 a 19H00
 (Visiteur)

Pour ne plus être psy chosé il faut bien se dire que le mensonge est partout, la révolte en syrie par exemple est financé par les étasuniens (la même chose à été faite pour la libye), nous sommes entouré de salauds, de menteurs et d’enfoirés et il faut en être conscient pour ne plus se faire baiser par toute cette racaille.

0 vote
par Samuel (IP:xxx.xx7.70.144) le 1er avril 2012 a 18H34
Samuel (Visiteur)

Merci pour cet article.

Sur le meme thème : http://www.squiggle.be/serge-tisser...

0 vote
par pi (IP:xxx.xx5.120.12) le 2 avril 2012 a 17H16
pi (Visiteur)

""notre approvisionnement alimentaire et notre sécurité (en tout cas en Occident) sont bien plus élevés qu’il y a 50 ans.""

J’aimerai que cela soie vrai ! Mais j’ai quelque doute. On importe beaucoup plus qu’on ne produit de nourriture. C’est une dépendance. En plus, la production industrielle a des faiblesses, elle appauvrit les sols. J’ai l’impression que c’est le profit a court terme qui compte et pas du tout notre sécurité.. Preuve en est de la toxicité croissante de nos repas.

Mais, si vous voulez être rassuré pourquoi ne pas planter un maximum de graines bio dans vos jardin !! Pourquoi ne pas aussi collectionner un joli nombre de conserve avec pour date limite 2015 ? Moi ça me rassure ! ! (quelque conserves en plus à chaque course, ça monte vite) En plus, même si il ne se produit rien qui justifie ses réserves vous allez y gagner car le prix des matières premières ne peu que monter malheureusement ! En cas de miracle il y aura encore sans doute nombre de personne a qui les offrir.

Si chaque citoyen avait un peu de réserve je serais rassuré. Je n’ai pas confiance en l’état qui semble se contrefoutre de notre sécurité sauf quand il s’agit de nous contrôler et de nous censurer..

2 votes
(IP:xxx.xx0.21.64) le 3 avril 2012 a 11H30
 (Visiteur)

cet article semble à première vue bien analyser les données de la question mais le hic est à la fin : il préconise la politique de l’autruche c’est la fascination du serpent dans le dessin animé bien connu : "AIE CONFIANSSSSS ..."

0 vote
par Jean Krakowiecki (IP:xxx.xx2.255.244) le 3 avril 2012 a 13H57
Jean Krakowiecki, 3 articles (Conseiller en gestion du stress)

"Bref, vivre sans se soucier des menaces potentielles, qui finissent toujours par disparaître. Ce serait dommage de s’être inquiété pour rien..."

Pour ma part, je préfère l’Action que la fuite dans un "monde plus agréable" !

Comment pourrais-je donner votre conseil à mon enfant, quand d’autres enfants sont complètement irradiés tout autour de Fukushima ? Voilà des menaces potentielles qui ne risquent pas de disparaître !

Pourquoi ne pas plutôt préconiser la saine colère suivie d’une action constructive ?

Je ne peux m’empêcher de faire le rapprochement avec ce titre en première page du mag "Psychologies" N° 314 - janvier 2012...

"Délocalisations : faites preuve d’ouverture d’esprit et découvrez de nouveaux horizons ..."

La "psychologisation" de ce monde malade ne génère pas souvent d’actions constructives sur les causes de la maladie. Comme le disait Bourdieu : "Intégrer en l’acceptant, sa propre domination" ...

Pour le reste, je suis d’accord avec ce texte.