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Confidences chez le psy : "Avant de naître, on est mort ou pas ?"
Confidences chez le psy : "Avant de naître, on est mort ou pas ?"
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8 décembre 2010 | 3 commentaires
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Dominique Hougron, 16 articles (Psychologue)

Dominique Hougron

Psychologue
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Confidences chez le psy : "Avant de naître, on est mort ou pas ?"

Confidences chez le psy : "Avant de naître, on est mort ou pas ?"

Un garçon de 12 ans : "J’ai peur de la mort, enfin, pas de la mort, mais de ce qu’il y a après, enfin, peut-être parce qu’il n’y a rien après... Parce que après si il y a rien, en fait on serait passé sur Terre pour rien, enfin... mais qu’est-ce qu’il y a après ? J’ai peur qu’on ne se souvienne pas de moi... En fait, tu meurs, tu vis, et tu meurs à nouveau... ça sert à quoi tout ça ?"

Outre que la question soit récurente chez les humains, que ce garçon se pose une question éminemment philosophique, et que cette question sans réponse l'empêche littéralement de vivre, un élément de phrase retient aujourd'hui mon attention : "Tu meurs, tu vis et tu meurs à nouveau ".

Si je comprends bien, pour toi, avant la naissance, c'est la mort ?

Ben oui, puisqu'avant la naissance et la conception, on n'existe pas.

Et ne pas exister, pour toi, c'est "être mort" ?

Ben oui... le contraire de la vie, c'est la mort.

S'en est suivi un entretien quelque peu surréaliste sur ce qu'est la vie, la mort, la non-existence, le fait que seuls les vivants pouvaient mourrir, et qu'il ne pouvait y avoir de mort que si vie auparavant, sur la nécessité que la vie soit bornée (un début et une fin) pour qu'il y ait vie, que si la vie était éternelle elle n'aurait peut-être pas le même goût et le même attrait, sur la non-opposition forcenée de la "non-vie" et de la mort, sur.... Il m'entrainait dans des recoins impossibles et dans des considérations épouvantables (au sens de difficiles à penser). Au secours !!! Il me faut un philosophe...

Et toujours cette étrange phrase disant qu'avant de naitre nous étions... morts.

Un jour, ma fille m'a demandé quel âge elle avait avant d'avoir cinq ans, je lui ai répondu, le plus naturellement du monde, qu'avant d'avoir cinq ans elle en avait quatre. Oui mais avant ? / Trois. / Oui mais avant encore ? / Avant tu avais deux ans, et avant encore, un an... / Mais avant que je suis née ? /Avant de naitre, tu étais dans le ventre de ta maman / Et avant d'être dans le ventre de maman ?

Voilà, on y était... Le bout du bout. Le Big Bang. L'origine du monde.

Où est-on avant d'être dans le ventre de notre mère ?

Alors le plus simplement du monde encore, j'ai répondu : "Avant d'être dans le ventre de ta maman, tu n'existais pas". Ma fille m'a regardé bizarrement, comme sidérée par ma réponse... que je reformulai dans l'intérieur de moi : Avant d'être dans une maman, on n'existe pas.

Pfiouuuu ! Qu'est-ce que j'avais dit là ? J'existais pas ? Mais j'étais où, alors ?

Ben tiens ! Voyons voyons ! Où peut-on être, dans quel recoin de ce foutu monde existe-t-on avant la conception... Et elle insistait et elle insistait, ma fille, un peu comme le Petit Prince demandant à Saint-Exupery de lui dessiner un mouton. "Ben, tu n'existais pas. Mais tu existais déjà quand même dans notre tête, à ta maman et à moi. Parce qu'on avait envie que tu sois là. Tu existais déjà dans nos rêves. Dans notre désir d'enfant, quoi... " (Allez donc expliquer ensuite, si question, que votre enfant aurait pu être quelqu'un d'autre.. ou aurait pu ne jamais exister !)

Me rappelant ces questionnements de ma fille, je suggère alors à ce garçon qu'en fait, avant de naitre, nous existons peut-être "ailleurs", dans un endroit qu'on ne connait pas, dont on ne se rappelle pas, mais que peut-être on existe déjà quand même un peu.

Oui, je sais... dans la tête de nos parents, me dit-il alors.

Pfff ! Je vous jure... inébranlable le petit. Sait tout, veut des réponses à tout, mais ce n'est jamais suffisant. Qu'est-ce qu'il cherche ? Qu'est-ce qui lui a fait demander à sa mère, la semaine dernière, une rencontre avec un psy ? Qu'est-ce qui fait que, se questionnant sans doute comme beaucoup d'ados de son age ou un peu plus agés, il ne se satisfasse pas de ses propres réponses ni des tentatives de réponses des adultes autour de lui ? Qu'est-ce qui amène chez lui cette recherche, cette impatience et cette frustration ?

Je n'en sais rien. Ce que je sais, c'est que son intelligence, bien plus "développée" que celle du commun des mortels, l'amène d'une part à se poser des questions de manière très rationnelle sur des sujets qui ne le sont pas du tout, et que d'autre part il souffre de ne pas avoir réponse à tout, son sentiment de toute-puissance étant sérieusement mis à mal par... son impuissance.

Ainsi, lorsque je lui suggère que la vie a aussi peut-être l'importance qu'elle a parce qu'elle a une fin et, connaissant sa passion pour les échecs (le jeu, pas... encore que, non, enfin, le jeu) je lui dis que ce qui fabrique aussi du jeu et de la passion pour ce jeu, c'est qu'il a une fin.... Il me répond alors "Non... il y a des situations sans fin. Par exemple lorsque vous avez le roi et une tour et que l'adversaire a un roi et un fou... ça peut être sans fin... Partie nulle . Mais seulement par arrêt de jeu".

Et voilà... Vous voulez vous faire passer pour un connaisseur et il en connait plus que vous...

Ne jamais chercher à convaincre, seulement entendre et tenter de comprendre ce que l'autre vous dit. Echec et mat. Mais il m'accorde une revanche.

Bon, tout cela ne répond pas à la question "Avant de naitre, nous sommes morts ou pas ?"

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Commentaires
0 vote
par TZ (IP:xxx.xx2.200.23) le 12 mars 2011 a 11H21
TZ (Visiteur)

Cela me rappelle un koan bien fameux dans l’école Rinzai du Zen : "Quel était ton visage avant ta naissance ?". L’interrogation de ce garçon est, philosophiquement parlant, profonde.

Mais c’est le corps qui doit trouver la réponse, certainement pas l’intellect...

0 vote
par ZOE (IP:xxx.xx5.16.91) le 26 avril 2011 a 12H44
ZOE (Visiteur)

C’est important que les enfants réalisent que les adultes (et même les psy...s et les sages) n’ont pas réponse à tout malgrés ce que certains adultes essaient de leur faire croire . La désillusion en ce cas là (parmis d’autres) est trés positive à mon avis .

2 votes
par psyblog (IP:xxx.xx1.213.191) le 19 juillet 2011 a 18H22
psyblog (Visiteur)

Oui, je crois que c’est important que les enfants sachent que les adultes n’ont pas réponse à tout, important aussi qu’ils sachent que les adultes se posent les mêmes questions qu’eux, et pour tout dire, important que les enfants sachent qu’ils ne sont pas "fous" de se poser les questions qu’ils se posent...