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Coach et psy, même combat ?
Coach et psy, même combat ?
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8 août 2013
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Pr. Antoine Pelissolo, 41 articles (Psychiatre)

Pr. Antoine Pelissolo

Psychiatre
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Coach et psy, même combat ?

Coach et psy, même combat ?

Le coaching est à la mode, et tend à se diffuser dans différents domaines : « coach de vie », coaching d’enfants pour difficultés scolaires, coach minceur, etc. Pourtant, ce nouveau métier n’a pas vraiment bonne presse chez les psys. Pour des raisons de concurrence me direz-vous ? Probablement, mais pas uniquement. L’activité de coaching n’est pas vraiment règlementée, d’où beaucoup de flou et donc de dérives possibles. Le public visé pouvant être, en partie, des personnes en difficultés psychologiques, ces dérives potentielles peuvent représenter un sérieux problème : compétences non vérifiables, tarifs excessifs, emprise sectaire, etc.

Le coaching est resté longtemps l’apanage des entreprises, et surtout des hauts dirigeants. Il s’agissait de les accompagner dans les étapes délicates de leur carrière, comme les promotions ou la gestion des changements importants dans leurs missions professionnelles. L’apprentissage de méthodes de communication ou de direction d’équipes peut venir combler utilement les lacunes de la formation de certains managers, avec l’intérêt d’un suivi personnalisé et d’un regard extérieur sur le terrain. Petit à petit, ces objectifs se sont élargis à des publics diversifiés, notamment à des dirigeants de moins haut niveau, et à des contenus plus psychologiques. Gestion du stress, affirmation de soi, ou techniques de résolution de problèmes peuvent s’apparenter au « développement personnel », c’est-à-dire à l’acquisition de savoir-faire pour gagner en performance et/ou en bien-être.

Les propositions du coaching se rapprochent donc logiquement du domaine de certains psychothérapeutes. Ces derniers ont en effet, en plus d’objectifs thérapeutiques lorsque les patients présentent de réelles pathologies, des compétences dans la prévention de ces pathologies. Les méthodes utilisées alors, comme celles dérivées des thérapies comportementales et cognitives, peuvent être en partie perçues aussi comme des techniques de développement personnel. Mais la différence majeure entre les deux professions est que les psychologues et les psychiatres disposent d’une très solide formation en « clinique », c'est-à-dire dans la connaissance et la compréhension des processus psychologiques et de leurs dysfonctionnements. Cela leur permet d’identifier, et de prendre en compte, des problèmes souvent subtils qui peuvent sous-tendre des demandes d’allure anodine. Même si certains coachs peuvent avoir de très bonnes qualités psychologiques personnelles, et avoir suivi une formation sérieuse dans l’utilisation de certaines techniques, ils ne sont pas à même d’appréhender ces réalités complexes dans leur ensemble. Ils avertissent d’ailleurs le plus souvent leur client, en mentionnant que leur domaine de compétences s’arrête là où commencent les pathologies psychiques.

Ces précautions étant prises, et au-delà des effets de mode et des opportunités commerciales, on peut malgré tout souligner l’intérêt potentiel du recours au coaching pour au moins deux raisons. Tout d’abord, s’il est bien fait, il peut rendre service à des personnes en bonne santé psychique mais ne bénéficiant pas d’un entourage disponible pour les conseiller ou les accompagner face à certaines situations dont elles n’ont pas l’expérience. Par ailleurs, il peut s’agir d’une première étape avant d’accéder à une aide psychologique plus structurée par la suite. Le recours aux professionnels psys demeure en effet difficile pour une part de la population, pour des raisons de méconnaissance et donc de peur. La découverte de certaines méthodes utilisées dans le coaching, et des bénéfices qui en découlent, peut conduire des personnes réticentes à franchir le pas d’une consultation. A condition d’être correctement informées et orientées.

Pr Antoine PELISSOLO, psychiatre
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Mots-clés :
Psychologie Coaching