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Chez le psy : "Je suis pressée"
Chez le psy : "Je suis pressée"
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19 janvier 2011 | 1 commentaires
Auteur de l'article
Dominique Hougron, 16 articles (Psychologue)

Dominique Hougron

Psychologue
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Chez le psy : "Je suis pressée"

Chez le psy : "Je suis pressée"


   
Je suis pressée, me dit-elle la première fois qu’elle vient. Je ne veux pas d’une analyse trop longue. Deux-trois mois maxi. Je l’appelle madame R.
  
On vous l’amène pour qu’il ne recommence pas, me disent les parents dont l’ado a fait une grosse connerie.
   
Ça ne marche pas à l’école ; il embête tout le temps sa petite sœur ; il n’a plus envie d’aller à l’école ; il fait pipi au lit ; il a l’air triste ; mon mari me bat ;  je suis timide ; j’ai peur des femmes ; je me mets tout le temps en colère.....
   Le cabinet d’un psy ressemble parfois à une cour des miracles... et "ils" en attendent, des miracles !
   Car, en plus du
Aidez-moi, somme toute tout à fait conventionnel -on ne va pas voir un psy quand on va bien- , il y a ce Et faites-le vite, Changez-moi tout ça.
  C’est comme s’ils disaient
Changez-moi les piles ; Ouvrez-moi la tête pour en retirer ce qui me fait souffrir.

   

Le psy ne change pas les gens, le psy n'est pas un chirurgien capable d'ouvrir la boîte crânienne pour en retirer une tumeur, le psy n'est pas un magicien, ni un dictateur au pouvoir tout puissant.
  Oh que oui que ça serait pratique ! Pipi au lit ? Hop, trois séances, une pour identifier le problème, une pour opérer, la dernière pour voir si tout va bien. Problème de couple ? Deux séances seulement : Une pour s'engueuler et se jeter à la figure tout ce qu'on ne s'est pas dit, et une autre pour se réconcilier -ou se séparer, c'est selon. Fils agressif ? Une seule devrait suffire monsieur, vous lui foutez une bonne trempe et on n'en parle plus.
  Mais non, ça ne fonctionne pas comme ça. Les problèmes psychiques sont bien plus difficiles à régler qu'un panaris sur l'index gauche.
 Accepter l'idée d'avoir un "problème".
 Accepter l'idée qu'on ne peut le solutionner seul.
 Accepter l'idée d'aller, donc, en parler, Oh ! Pas à un ami, mais à quelqu'un dont c'est le métier.
  Et en parler, et, avec l'aide du psy, tenter -et je dis bien tenter- de trouver des explications, des réponses, des bouts de réponses, accepter parfois de ne pas en trouver, accepter sa propre impuissance, accepter parfois que la quête est vaine (comment savoir si l'on a été désiré par ses parents ? Peut-on vraiment savoir ?)
  
  Le travail thérapeutique est parfois long. Et c'est un travail difficile, souvent douloureux, mais qui mène le plus souvent à la liberté. Du moins est-il fait pour cela.

  Ah ! Encore un petit mot : Madame R vient me voir chaque semaine depuis 5 ans, elle va beaucoup mieux, elle va presque bien. Et elle a appris la patience !

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Commentaires
0 vote
par Anne (IP:xxx.xx5.231.196) le 2 janvier 2012 a 23H29
Anne (Visiteur)

"Chaque semaine depuis 5 ans"...quelle réussite !! :-§