Carence dans les hôpitaux psy

Après avoir visité 21 services de santé accueillant des patients hospitalisés sous contrainte, le contrôleur général des lieux de privation de liberté dresse un constat de carence des activités thérapeutiques au sein de ces structures :
Je pense qu'un espace grillagé avec un ballon de foot ne pourrait que défouler ces patients... et une petite cour, pas grand chose pour pouvoir fumer et respirer l'air du dehors.
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La solution coule de source : il suffit d’organiser la carence des "hôpitaux psy"© et le problème est réglé ! Sauf pour les "bien-portants", évidemment...
De fait, la petite phrase de JM Ployé résume bien la situation... même si elle n’est pas partout aussi funeste.

L’oisiveté qui existe dans les hôpitaux psychiatriques est telle que les malades rendus "patients" par le camisole chimique ne deviennent, au bout de 15 jours, que l’’ombre d’eux-mêmes. De dépressifs, ils sont transformés en véritables légumes errant dans une seule pièce SANS PARLOIR. Et cela est un véritable scandale ! De même, les cellules d’isolement, véritables mitards de deux mètres carrés meublés d’un paillasse, d’un tabouret et d’un seau de toilette. Interdiction de lire (la lumière y est inexistante) et de posséder un montre, le prisonnier, au bout de quelques heures confond le jour et la nuit, perd tous ses repères cognitifs dans ce "’placard" où le temps n’a pas d’heure et en ressort lobotomisé. Il faudrait que les "droits de l’homme et du citoyen" que j’ai moi-même alertés après mon passage à l’HP de Brienne-le-Château viennent visiter rapidement ces lieux d’un autre âge ! J’ai vécu trois fois 15 jours dans ces cellules insalubres, je suis marqué à vie même si la thérapie par l’écriture ("neuf mois chez les fous" aux éditions Les Trois Génies) m’a sauvé et permis de me reconstruire. jean-marie ployé, écrivain.

De quelles structures parlez-vous ? Ont-elles un statut différent des services de soins psy ordinaires ?
Je n’ai pas eu à connaître de services fermés spécialisés pour patients sous contrainte (à part les UMD, mais là c’est vraiment TRÈS spécialisé)
Mon quotidien était un service de soins ouvert accueillant aussi des hospitalisés sous contrainte (HDT et HO) avec les risques de fugue inhérents. Il y en a eu, très peu ont posé des situations graves. Il y avait de la présence infirmière FORMÉE à ce travail. Les activités y ont toujours fait partie du soin.
Actuellement, la situation se dégrade : création d’un service fermé avec la la cage grillagée que vous réclamiez ( + caméra) retour des entraves qu’on n’utilisait plus ou très exceptionnellement, bref, une ambiance de peur réciproque, un retour en arrière de 50 ans !
Dans ces conditions, on peut comprendre que la prison soit plus accueillante (la cour y est certainement plus grande)
"il paraît qu’il n’y aurait pas assez de personnel spécialisé..." Comment comprendre cette phrase ? Mise en doute ou " on m’a dit, je n’y suis pas aller voir" ?
Dans le premier cas, sachez que outre pas assez, c’est à la disparition programmée de ce personnel spécialisé à laquelle on assiste. Les dernières écoles d’infirmiers (ères) psy ont fermé en 1992
Dans le deuxième cas, ça me rappelle qu’en 8 ans dans mon service je n’ai croisé personnellement qu’un généraliste qui venait voir son client...




