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Accident de car en Suisse : Ils seront traumatisés à vie
Accident de car en Suisse : Ils seront traumatisés à vie
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19 mars 2012
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Patrick Rollo, 495 articles (Rédacteur)

Patrick Rollo

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Accident de car en Suisse : Ils seront traumatisés à vie

Accident de car en Suisse : Ils seront traumatisés à vie

L’accident de car survenu dans le canton du Valais en Suisse, le 13 mars dernier, a rendu d’actualité la notion de psychiatrie de catastrophe. Cette tragédie, dans laquelle ont péri 28 personnes, dont 22 écoliers belges et néerlandais, est en effet une épreuve psychologique d’une rare intensité pour les familles, les survivants et les secouristes concernés par le drame. Si des cellules de soutien psychologique ont été mises en place, plusieurs spécialistes, dont les psychiatres Didier Cremniter ou Christian Navarre, sont intervenus dans les colonnes de la presse pour apporter leur point de vue.

Un autocar, qui devait ramener dans le nord de la Belgique des écolier de retour de sports d’hiver, roulait vers Sion et a percuté une paroi d’un tunnel autoroutier à Sierre, dans le canton suisse du Valais. L’alarme a été donnée peu après l’accident. Plus de 200 intervenants se sont alors rendus sur les lieux, dont 15 médecins, 30 policiers, 100 sanitaires et 3 psychologues. 12 ambulances et 8 hélicoptères ont été mobilisés pour l’occasion. Jean-Pierre Deslarzes, médecin-chef de l’Organisation cantonale valaisienne des secours, relate l’ampleur du carnage : « 28 personnes n’ont pas survécu, et il y a beaucoup d’enfants mutilés ».

Alain Rittemer, ambulancier et chef des secouristes du canton du Valais, note pour sa part que « les sauveteurs, pourtant aguerris, ont été bouleversés. Ce qu’on entendait d’abord, ce sont les cris des enfants, et c’est quelque chose qu’il est impossible de raconter ». De fait, comme l’a dévoilé la version en ligne de 20 minutes, la plupart des secouristes intervenus sur l’accident, dont au moins dix ont été tout particulièrement marqués, ont eu recours à une cellule psychologique mise en place dans les premières heures qui ont suivi leur travail dans le tunnel sinistré. Selon Alain Rittemer, des psychologues ont ainsi pris en charge des secouristes, des pompiers et divers personnels sanitaires en leur faisant ôter leur habit de travail, pour les "extraire du contexte", et entamer un dialogue.

Les personnes les plus choquées auraient par la suite été dirigées vers des médecins. Des cellules psychologiques se sont également constituées hors de Suisse, dans les villes d’où sont originaires les enfants. En France, Didier Cremniter, médecin psychiatre et référant de la cellule d’urgence médico-psychologique au Samu de Paris, s’est confié au journal Métro. Cet expert a ainsi rappelé que, dans l’hexagone, des cellules d’urgence médico-psychologiques ont vu le jour au lendemain de la série d’attentats à Paris en 1995. Et, selon ce médecin, ce type d’intervention serait plutôt efficace : « Durant la première guerre mondiale, les psychiatres militaires ont pu guérir, dans le cas d’une intervention précoce, des soldats chez qui les combats ont engendré une paralysie mentale ».

Ce dernier prévient cependant que « dans le cas d’un accident particulièrement violent comme celui du car en Suisse, on peut redouter un nombre important de traumatismes psychiques. Dans l’entourage des victimes il pourrait y avoir des manifestations d’agressivité, de déni ou des réactions délirantes ». Christian Navarre, psychiatre et auteur de "Psy des catastrophes", une œuvre narrant dix années de travaux lors de grandes catastrophes telles que le tsunami, la guerre au Kosovo ou le crash de Charm-El-Cheikh avec toujours un même constat de « souffrance psychique intense », est pour sa part intervenu dans l’hebdomadaire L’Express.

Et il insiste lui aussi sur les bienfaits d’un accompagnement précoce des intervenants et de l’entourage des victimes : « Dans une cellule psychologique, les psychologues mettent en place une psychothérapie d’urgence. Suite à l’accident survenu en Suisse, un débriefing et des prescriptions d’anxiolytiques et de somnifères contribueront à aider les personnes sous le choc ». L’intéressé estime que la prise en charge devra se faire au cas par cas : « L’oubli sera impossible, mais certains continueront d’entendre les cris alors que d’autres culpabiliseront d’avoir survécu. Les parents ne se remettront jamais d’avoir perdu leur enfant, quant aux sauveteurs, ils ont eu une vision de guerre. Des stress traumatiques feront probablement surface ».
 

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