Pourquoi la crise nous angoisse ?

Pourquoi la crise nous angoisse ? |
Les événements économiques récents, largement relayés par les médias, plongent certaines personnes dans une anxiété latente. J’entends depuis quelques jours des clients qui me confient leur inquiétude quant à la situation financière mondiale, l’incertitude des marchés... Autant de préoccupations qui les tiennent éveillés la nuit, qu’ils aient placé leurs économies en Bourse...ou pas.
Pourquoi la crise nous fait-elle peur ? Quelques pistes...
-
son aspect "mondial" nous dépasse. Ailleurs, des gens agissent (mal) et
cela a des répercussions sur notre petit village gaulois.
-
l’ampleur du phénomène déroute : les chiffres font tourner la tête, et
l’absence d’anticipation des spécialistes renforce une impression de
gravité (peut-être n’est-ce que le début ?).
- elle contient des
éléments que nous ne maîtrisons pas. Les mécanismes économiques sur
lesquels elle repose semblent incompréhensibles pour le commun des
mortels.
- les experts ne sont pas rassurants : plus ils disent de
ne pas s’inquiéter, et plus ça paraît suspect. On se demande s’il n’y a
pas un "complot", dont les petits épargnants feront les frais.
D’ailleurs la Bourse repose sur la confiance et plus nous nous
inquiétons, plus nous risquons d’amplifier le phénomène d’érosion.
-
ceux qui ont provoqué ces événements, par leur inconséquence, ne seront
pas ceux qui en subiront le plus les conséquences. La crise contient un
facteur d’injustice.
- elle renferme aussi un facteur punitif (digne
d’une malédiction !) : gagner de l’argent facilement, par des
"astuces", des "jeux" sur l’échiquier du monde a forcément des
conséquences. C’était trop facile, maintenant il faut payer.
- nos
économies - durement gagnées - pourraient disparaître à notre insu,
sans que nous puissions rien faire. Et aucune stratégie de repli ne
semble sûre à 100%. On se sent piégé.
- l’inconscient collectif (et
parfois familial) véhicule encore profondément les notions de faillite,
crise mondiale, avec des répercussions sur le travail, l’avenir de nos
enfants, l’honneur, la paix dans le monde...
Bref, cette crise comprend tous les éléments d’un vrai stress : situation nouvelle + imprévisibilité + absence de contrôle.
Comment se désangoisser ?
- relativiser en évaluant son propre risque et ses peurs. Ai-je peur de perdre de l’argent (si oui, à partir de combien j’estime que c’est grave ?) Que mon entreprise soit rachetée ? Que mes enfants ne trouvent pas de travail ? Que ma maison perde toute sa valeur ?
- séparer les éléments sur lesquels je peux avoir une action (le placement de mes économies, l’achat de mon appartement) et ceux sur lesquels je n’ai aucun contrôle. "Lâcher-prise" sur les seconds.
- s’informer auprès de medias professionnels. Se référer plutôt à la presse écrite qu’à la télévision, toujours avide d’anecdotes et de sensationnel.
- "voir loin" - essayer de penser à 3 ou 4 ans. Relativiser dans le temps...
- travailler sur son sommeil (et en particulier le réveil nocturne). Les ruminations de la nuit sont de très mauvaises conseillères.
Pas toujours facile. Mais essayer est toujours mieux que de ressasser à l’infini la stratégie américaine, sur laquelle nous ne pouvons rien.
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