Accueil du site
> Psycho & Sexo > En savoir plus sur...
Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
La dépression du papy-boom.
La dépression du papy-boom.
rubrique
note des lecteurs
date et réactions
27 octobre 2008 | 3 commentaires
Auteur de l'article
Rim, 51 articles (Medecin)

Rim

Medecin
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
51
nombre de commentaires
14
nombre de votes
1

La dépression du papy-boom.

La dépression du papy-boom.

La dépression des personnes d’un âge avancé est aujourd’hui un véritable enjeu de santé publique. Il s’avère donc urgent et nécessaire d’informer sur cette maladie mentale, sa détection, sa prise en charge, car informer c’est aussi prévenir l’apparition de pathologies associées telles l’anorexie ou la démence, qui nécessitent une hospitalisation de longue durée.

"La vieillesse ne me semble pas du tout le morne vestibule de la mort, mais comme les vraies grandes vacances, après le surmenage des sens, du coeur et de l’esprit que fut la vie." [Marcel Jouhandeau]


Le syndrome de dépression correspond, chez la personne âgée, à une perte de l’élan vital avec refus d’alimentation, dégradation très rapide de l’état général conduisant en très peu de temps au décès.

Les seniors sont des sujets à grand risque de dépression

La dépression est une maladie fréquente chez les adultes. Cependant, certaines périodes de la vie sont plus à risque que d’autres, c’est le cas de l’adolescence, des jeunes adultes, des femmes après l’accouchement et des personnes âgées. Mais le risque est évolutif et certains facteurs comme des antécédents familiaux et personnels, l’isolement social et affectif, et des situations particulières (deuils, endettement, etc.) sont susceptibles d’alerter.

Repérer les signes de la dépression
Les signes cliniques de la dépression sont aujourd’hui bien définis et figurent dans ce que l’on appelle la classification internationale. La dépression est une maladie sournoise qui s’installe progressivement. Elle se manifeste par une diversité de symptômes psychiques (tristesse, anxiété, difficultés de concentration…) et physiques (insomnie, fatigue, perte d’appétit…).

Plusieurs indicateurs peuvent être identifiés :
- l’aspect durable du changement, plus de deux semaines ;
- l’entrave au fonctionnement quotidien de la personne ;
- la manifestation d’idées noires sur la mort, le futur ;
- une perte de goût pour les plaisirs habituels.

Quant aux symptômes, il faut repérer :

D’une part au moins l’un des deux signes essentiels :
- Humeur dépressive avec tristesse.
- Perte d’intérêt ou de plaisir pour toutes ou presque toutes les activités habituelles (perte de l’élan vital).

D’autre part au moins cinq des symptômes associés suivants durant au moins deux semaines : pessimisme, auto-apitoiement, anxiété, baisse d’énergie ou fatigue, sentiment d’agitation, diminution de l’activité professionnelle, scolaire ou domestique, troubles de la concentration, perte de poids, insomnie (ou inversement hypersomnie), baisse de l’activité sexuelle.

La fausse démence et les plaintes bruyantes avec délires peuvent être des formes masquées de dépression.

Des symptômes moins marqués chez les seniors
La dépression chez les seniors est souvent sous-diagnostiquée alors qu’elle est particulièrement fréquente : 5 à 30% des plus de 65 ans et 40% des pensionnaires de maisons de retraite seraient dépressifs.

Plusieurs raisons à cela :
- Résignées, les personnes âgées renoncent souvent à parler de leurs problèmes psychologiques à leur médecin.
- La dépression est négligée par rapport à d’autres pathologies.
- La dépression est plus difficile à repérer dans cette population âgée.
- De plus, nombre d’autres symptômes comme les troubles de la mémoire ou du sommeil, sont à tort assimilés au phénomène normal du vieillissement, voire aux prémices d’une démence ou de la maladie d’Alzheimer.

En raison de la souffrance morale, de la fatigue, des graves conséquences pour soi, l’entourage et des répercussions sociales, avec parfois une menace vitale, il est essentiel de repérer la dépression chez les plus âgés, afin de leur faire bénéficier d’un traitement.

Dépression et suicide chez les seniors
Bien que les idées suicidaires sont rarement associées (même si le passage à l’acte et le taux de réussite sont très élevés). En France, le taux de suicide chez les hommes de 84 ans et plus, est dix fois plus élevé que chez les 15/24 ans, indique une étude publiée en 2007 par le ministère de la Santé.

Ce phénomène, qui risque de prendre de l’ampleur avec le vieillissement de notre population, reste pourtant très méconnu du grand public, voire carrément tabou (augmentation importante jusqu’aux âges les plus élevés atteignant 124 pour 100 000 hommes de 85 ans ou plus, 21 pour 100 000 femmes de 85 ans ou plus. Les taux les plus élevés s’observent chez les hommes veufs et les moins élevés chez les femmes mariées.

La prise en charge

Les équipes médicales pluridisciplinaires travaillent également en relation avec les services médico-sociaux, notamment les maisons de retraite, afin de faciliter le retour du patient d’un âge avancé dans son milieu de vie habituel.

Nombreuses villes ont mis en place des services de prise en charge au quotidien des personnes âgées, avec pour objectifs :


- Lutter contre l’isolement.
- Développer des activités physiques et des occupations adaptées aux besoins des seniors.
- Développer la solidarité et l’entraide entre les personnes.
- Trouver/retrouver une utilité sociale.
Quelqu’un est toujours là pour vous
- SOS amitié 0820 066 066
- Suicide écoute 01 45 39 40 00
- SOS dépression 01 40 47 95 95
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Commentaires
4 votes
par Le furtif (IP:xxx.xx3.25.231) le 27 octobre 2008 a 12H52
Le furtif (Visiteur)

Mes parents sont intéressés au premier chef par votre article et ayant toujours été très en avance je partage leur intérêt. Au cours d’une conversation où leurs amis et les miens abordaient la grande question. Ma mère eut ces mots ... Comme la loi nous persécute ne serait-il pas bon , comme en son temps pour l’avortement, d’organiser des asociations clandestines qui gêreraient dans la diginité la mort de ceux d’entre nous que le coté bricolé et solitaire du sucide fait reculer....

Je ne vous cache pas que j’ai rarement été aussi en accord avec ma mère....

La dépression n’est-elle pas la réponse psychologique d’une personnalité consciente de sa déchéance progressive mais surtout consciente de l’impuissance institutionnelle et organisée à y mettre fin.

Le Furtif

1 vote
par L'enfoiré (IP:xxx.xx9.145.167) le 27 octobre 2008 a 16H54
L'enfoiré (Visiteur)

@L’auteur,

L’article m’intéresse aussi, mais pas pour l’appuyer. J’ai déjà écrit "Papy, continuer à boomer" (URL). Jeudi prochain, coïncidence, j’en aurai un autre à la même adresse que j’intitulerai "Journal d’une quille". La dépression est une question tout à fait personnelle. ;-)

0 vote
par Rim (IP:xxx.xx8.209.244) le 28 octobre 2008 a 10H04
Rim (Visiteur)

Si beaucoup d’évènements de notre vie revêtent un aspect personnel, la dépression est, doit et devrait sortir de ce registre là. La dépression n’est pas un état d’âme passager, c’est une véritable maladie qui s’installe, insidieusement. Comme le cancer, la dépression ronge en silence le psyché et le corps. Pourquoi doit-on garder ce sujet comme personnel, encore tabou, comme l’était le cancer ou le SIDA jusqu’à une époque pas très lointaine ? "Ce n’est pas pareil" diraient certains. Si, au même titre que les autres maladies la dépression est aussi une maladie, qui se soigne, qui peut être guérie. Il suffit d’en parler.