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Comment ça marche l’amour ?
Comment ça marche l'amour ?
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27 février 2009 | 9 commentaires
Auteur de l'article
David Elia, 34 articles (Gynécologue)

David Elia

Gynécologue
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Comment ça marche l’amour ?

Comment ça marche l'amour ?

L’amour se résume-t-il à des équations biologiques, peut-on aimer toute sa vie la même personne ?

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Comment ça marche l’amour ?

Non rassurez-vous, je ne parle pas du coup de foudre que vous auriez pu avoir pour la dernière Peugeot 207 ou pour l’écran plasma de "vos rêves". Je vous parle ici du vrai de vrai, de celui qui foudroya Roméo et Juliette au bal des Capulet, de celui qui déchira Tristan et Iseut ou plus près de nous encore celui du Fabuleux destin d’Amélie Poulain.

Bref, je veux parler ici de la victoire de notre cerveau "hormonal" émotionnel sur notre cerveau "câblé" cortical.

Question D’IMPORTANCE : l’Amour Passion se résumerait-il à de simples équations biologiques ?

Nul doute que notre hypothalamus y est vraiment pour quelque chose.

L’hormone lulibérine est bien là qui submerge le cerveau de nos amoureux passionnés. Comptez aussi avec la dopamine, l’hormone du plaisir, de la récompense et de la motivation. Elle est encouragée en diable par ses meilleurs stimuli, le désir et le plaisir sexuels — eux-mêmes "allumés" et entretenus par les hormones androgènes circulantes — sous contrôle hypothalamique via l’hypophyse.

Ah ! N’oublions pas nos phéromones, ces substances volatiles perçues à notre insu par notre organe voméronasal. Jean-Baptiste Grenouille, le héros du livre chef-d’œuvre de Patrick Süskind, Le Parfum, en avait percé les secrets. En créant un parfum lui permettant de dominer et de se faire adorer de tous : il avait bien compris que "qui maîtrisait les odeurs, maîtrisait le cœur des hommes". Ajoutez à ce cocktail d’amour sur filigrane neurochimique une généreuse pincée d’endorphines qui en inhibant la libération du GABA stimule les neurones dopaminergiques et augmente donc d’autant le désir. N’oubliez surtout pas deux ou trois gouttes de PEA (phényléthylamine), le bien nommé "peptide de l’amour" qui est à la passion ce que les endorphines sont à l’amour : sous PEA, notre noradrénaline explose littéralement alors comme… une amphétamine.

Bon, mais nous voici pour autant définitivement convaincu(e)s que nos émotions ne sont que vulgaires giclées cérébrales de médiateurs chimiques ? Et d’ailleurs, sont-ce les émotions qui libèrent cette soupe neurobiologique ou la "soupe" elle-même qui crée les émotions ? Big Question ! Initiée par William James dès … 1884 !

Puis, un jour, l’effet coup de foudre refroidit. Par manque ou tout simplement par épuisement de l’action des "combustibles neuromédiateurs". Le réseau cérébral câblé — la raison — l’emporte. Notre éventuel attachement amoureux à l’autre ne serait alors que le résultat d’une "addiction" à nos "endorphines d’amour" : nous devenons alors des toxicos de l’amour ! Et la vasopressine du mâle campagnol des plaines (!), l’ocytocine de sa femelle qui les rend fidèles jusqu’à la mort a sans doute leur équivalent dans l’espèce humaine !

Je veux donc rassurer ici les romantiques et ceux qui croient en une spécificité humaine au sein du règne animal : notre "pensée", notre "cortex" reste finalement le grand maître du jeu : c’est bien lui qui passe toutes ces émotions au tamis de son filtre : il planifie imagine, les interprète, crée alors … grâce à lui, nos émotions et passions amoureuses, parce qu’humaines, finissent par dépasser la simple finalité reproductrice. Oui, notre cerveau "câblé" cortical (si vous préférez : "neuroné", "synapsé") dialogue constamment avec notre "cerveau émotif" soumis aux pulsions émotionnelles neuro-hormonales, puis fait la synthèse, en fonction de son expérience antérieure, de sa mémoire et de son attente. Ouf, nous ne sommes donc décidément – pas - des…… bêtes !

Tous les articles du docteur David Elia sur www.docteurdavidelia.com
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Commentaires
3 votes
par Ronfladonf (IP:xxx.xx1.87.57) le 27 février 2009 a 13H24
Ronfladonf (Visiteur)

Article intéressant mais... tout de suite ca casse le mythe de la fidélité etc...

"Et la vasopressine du mâle campagnol des plaines ( !), l’ocytocine de sa femelle qui les rend fidèles jusqu’à la mort a sans doute leur équivalent dans l’espèce humaine !"

Ca voudrait dire que les infidèles ne sont que des dégénérés qui ont une carence en .... les équivalents humains de la vasopressine et de l’ocytocine ?

Et si on est sufisament pervers, ont peut imaginer un système pour rendre tout le monde amoureux et fidèle à vie... Je connais plus d’un patron qui serait enchanté de pouvoir exploiter ses ... ressources comme celà !

Finalement j’en arrive presque à une autre conclusion que vous : notre cerveau câblé peut tout à fait ne jamais avoir le dessus sur ces giclées d’hormones dans tous les sens !

4 votes
par melanie (IP:xxx.xx9.74.191) le 1er mars 2009 a 00H12
melanie (Visiteur)

@ronfladonf

Je ne comprends pas votre révolte - et celle de beaucoup- à ne pas admettre que nous sommes des être neuronaux, soumis aux hormones - certes les femmes sont contraintes de le savoir et très tôt, elles qui sont soumises au yoyo des hormones et à vie..- et aux neurotransmetteurs comme tous les mammifères .

En quoi le fait de comprendre que l’hormone de l’attachement - l’ocytocine - produite par la mère lors de l’allaitement ou après l’orgasme est produite aussi par toutes les mères mammifères et peut être par un bobobo après l’orgasme pour le lier à sa partenaire sexuelle privilégiée ???

Et le fait que l’être neuronal que nous sommes en état amoureux est plongé dans quelque chose de proche de la psychose avec bain d’adrénaline et dopamine tels des drogués heureux change-t—il quelque chose au bonheur d’être tombé amoureux ?

Pour moi ,c’est passionnant et nous remet enfin après des décennies d’obscurantisme religieux dans notre vrai statut qui est celui d’un animal à gros cerveau et au langage articulé , sans plus .

Savoir que quand je suis amoureuse, je suis comme droguée ne me gène pas et ne m’empêche pas de jouir de ces moments là .

D’ailleurs, il est dommage qu’il soit plus facile de pouvoir se procurer de la cocaïne que de trouver un homme dont on soit amoureuse lorsqu’on est célibataire ....

La tendresse et la sécrétion d’ocytocine hormone de l’attachement prendra - ou non - le relai de l’état d’excitation dopaminergique lié à l’état amoureux et permettra la pérennité du lien. C’est pas bien fichu ???

Deux beaux livres en poche expliquent en détail ces choses là :

"Comment devient-on amoureux ?" et "Sexe, science et sentiments" de Lucy Vincent épouse d’un neurobiologiste Jean Didier Vincent auteur de "La biologie des passions " aux éditions Odile Jacob : Comprendre comment ça marche ne les empêche pas d’être tombés amoureux et d’être en couple ... !!!

2 votes
(IP:xxx.xx9.74.191) le 1er mars 2009 a 00H26
 (Visiteur)

@ Monsieur David Elia,

J’ignore si 44 ans ,c’est la périménopause mais les hormones s’emballent et le fameux "démon de midi" ne touche pas que les hommes ....

Et ce n’est pas si facile à vivre car la libido est tyranique aussi chez les femmes malgré ce qu’on en dit ....

3 votes
par Crazy Horse (IP:xxx.xx1.152.11) le 1er mars 2009 a 10H08
Crazy Horse (Visiteur)

Ah si seulement je pouvais avoir une vision aussi mécanique de l’être humain ! Je m’épargnerais bien des crises de métempsychose...

Oh bien sûr que le corps influence l’esprit, et plus aisément que ce dernier n’influence le corps. Mais il est possible de décider consciemment si on laisse naître et se développer telle ou telle émotion (et donc telle ou telle hormone, pour reprendre votre jargon).

On doit avoir l’esprit plus tranquile quand on se prend pour une simple machine biologique, ça laisse moins de place à la culpabilité. "C’est pas de ma faute, ce sont mes hormones !"

1 vote
(IP:xxx.xx9.74.191) le 1er mars 2009 a 13H31
 (Visiteur)

@crazy horse,

Ce que vous ne comprenez pas pas, c’est que le débat corps ou esprit est un débat presque religieux.

Comprendre que qui vous agit n’empêche pas d’agir et de maitriser ce qu’on choisit de vivre.

Être amoureux ,c’est biologique et psychologique,c’est pareil.Si vous n’accrochez pas avec quelqu’un c’est aussi parce que dans la mémoire immédiate corporelle quelques choses de plus que les mimiques, l’allure et les réactions chez l’autre ne passe pas .

Pour aimer l’autre en tant que partenaire intime ,il faut aimer son odeur et ça c’est biologique.

Quand les hommes - masculins- cesseront de freiner des a fers dès qu’on ose leur rappeler que les taux plus important de testostérone explique aussi leur pugnacité, leur volonté de réussir et leur agressivité parfois et qu’il assumeront comme le font les femmes ,qui se connaissent mieux qu’eux physiologiquement , que les hormones les rendent plus ou moins cool, il auront fait un pas gigantesque.

Quand il auront saisi que ce qui finit par les lier avec la jolie partenaire qu’ils ont entre leurs draps, c’est aussi l’ocytocine secrétée post coïtum et orgasme chez eux, il n’en seront pas moins amoureux.

4 votes
par Charac (IP:xxx.xx8.137.111) le 1er mars 2009 a 14H04
Charac (Visiteur)

Il me semble que le débat sur le véritable effet des phéromones sur le comportement humain est loin d’être tranché. Quelques précisions pour nous éclairer seraient les bienvenues.

Par ailleurs, la PEA, si justement nommée phényléthylamine, n’a rien d’un peptide puisqu’elle ne contient pas la moindre liaison peptidique. Simple détail chimique en passant ;-)

1 vote
par vinvin (IP:xxx.xx6.205.25) le 4 mars 2009 a 04H16
vinvin (Visiteur)

Bonjour.

Moi ma co-pine ( si si en deux mots,) me rend visite a chaque fin de mois, donc je sais comment marche l’amour !

IS IS MONEY......

(Elle a 25 balais, et moi 46, donc vous pensez bien qu’ elle n’ est pas avec moi pour ma gueule !)

Cordialement.

VINVIN.

3 votes
par puce (IP:xxx.xx5.228.29) le 6 mars 2009 a 15H52
puce (Visiteur)

Bonjour, c’est intéressant de voir comment le corps fonctionne a ce niveau et du coup de traduire l’amour en elements chimiques regulateurs... mais vous dites à la fin de votre texte " ouf, nous ne sommes pas des betes" ; ok, mais on n’est pas des robots ou juste un corps qui par l’intermédiaire de ces elements chimiques aime ou n’aime pas ! On ne peut pas prendre conscience du schema chimique qui se produit lors du sentiment amoureux : cela se passe trop vite donc on le vit on le sent ou le ressent et c’est ça l’amour avant tout ! A bientot ! puce

1 vote
par zozo (IP:xxx.xx1.17.57) le 18 mars 2009 a 17H54
zozo (Visiteur)

moi a mon avis sa marche pas l’amour iln’ya pas d’amoure qui existe