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Surpoids : pourquoi ça résiste ?
Surpoids : pourquoi ça résiste ?
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8 avril 2015
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Dimitri Jacques, 16 articles (Naturopathe)

Dimitri Jacques

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Surpoids : pourquoi ça résiste ?

Surpoids : pourquoi ça résiste ?

« Très souvent, les principales erreurs n’ont pas été identifiées et l’organisme n’est pas préparé à la perte de poids. Les conséquences psychologiques peuvent être désastreuses. Si le conscient et l’inconscient ne sont pas en phase, nos comportements ne seront pas en adéquation avec nos souhaits. »

D’abord, pourquoi grossissons-nous ?

Je commencerai par rappeler une évidence : si d’un côté il y a un excès d’apports alimentaires (en quantité et en fréquence) et de l’autre une insuffisance des dépenses (sédentarité), la balance énergétique sera déséquilibrée et vous prendrez du poids.

Ensuite il existe différents facteurs qui peuvent se combiner et devant lesquels nous ne sommes pas égaux : troubles du métabolisme, anomalies des centres nerveux, dérèglements hormonaux, perturbation des neurotransmetteurs, sensibilité au stress et bien entendu les prédispositions génétiques. Nous savons qu’un enfant présente 70% de risque de devenir obèse à l’âge adulte si ses deux parents sont obèses. Pour autant la génétique n’est pas une fatalité, les gènes s’expriment en fonction de notre relation avec l’environnement et nous pouvons agir sur cela. C’est notre mode de vie qui est à reconsidérer.

L’homme primitif était un chasseur-cueilleur. Pour obtenir sa nourriture, il devait marcher des jours entiers dans la nature, courir, escalader. Il dépensait beaucoup d’énergie. Quand il avait de la nourriture à disposition, il accumulait de la graisse en prévision de jours moins heureux. L’homme a affronté les disettes pendant des millions d’années. Son organisme s’est naturellement adapté à la pénurie et non à l’excès. En un demi-siècle, nous avons basculé dans une société de surabondance tandis que nos facultés physiques sont de moins en moins sollicitées. La nourriture actuelle n’a plus rien à voir avec la nourriture primitive.

Les bons conseils oubliés

L’organisme a son horloge, nous sommes programmés pour une activité biologique précise à chaque tranche horaire. Si vous grignotez toute la journée ou que vos repas sont trop décalés, l’organisme ne sera pas en mesure de produire les molécules nécessaires à la digestion, la nourriture sera mal transformée et assimilée. Respectez les horaires des repas, mangez dans le calme et prenez le temps de bien mastiquer. La mastication est le premier maillon de la chaîne digestive.

La chronobiologie concerne aussi les aliments en eux-mêmes. Par exemple, si votre petit déjeuner est riche en sucres rapides – ce qui est hélas fréquent sous nos latitudes – vous prendrez du poids parce que cela agit sur l’insuline. En revanche, des sucres rapides consommés modérément l’après-midi seront rapidement brûlés. Ainsi, un aliment peut être bénéfique ou délétère en fonction du moment de la journée où il est absorbé.

Pour un métabolisme efficace, notre corps a besoin de produire un maximum d’enzymes qui vont rapidement dégrader les aliments pour en extraire l’énergie. Cela est possible grâce aux vitamines, minéraux et oligo-éléments apportés essentiellement par les fruits et légumes frais que nous veillerons à consommer généreusement. Demander à notre corps de perdre du poids implique une intensification de l’activité enzymatique.

Tandis que nous cherchons à réduire les calories ou la quantité de nourriture, nous nous préoccupons trop peu de l’impact des mauvais aliments qui encrassent l’organisme. Je veux parler des plats préparés et de toute la nourriture industrielle, excessivement riche en sucre, en sel, en graisses modifiées et aussi en additifs alimentaires. Beaucoup de molécules n’existent pas en l’état dans la nature et ne seront pas reconnues par l’organisme. Des cellules encrassées peineront à éliminer leurs réserves. Des pertes de poids durables ont été obtenues simplement par l’éviction de ces aliments.

Enfin, il n’est pas question de s’épuiser au sport mais de pratiquer un exercice régulier et mesuré. Un excès de sport conduira paradoxalement au même résultat que la sédentarité : une surproduction de radicaux libres dans les cellules qui vont perturber le métabolisme.

L’illusion des régimes

Je pense d’abord aux régimes hyperprotéinés parce qu’ils font le plus de dégâts. Ils permettent une perte de poids rapide, sans fonte musculaire et avec un regain d’énergie. Mais il y a le revers de la médaille car ce n’est pas un métabolisme normal. Il libère des déchets azotés que les reins peinent à éliminer. Les mitochondries, petites centrales énergétiques au cœur de nos cellules, tournent trop fort et produisent un excès de radicaux libres. Rapidement l’organisme s’épuise et le tonus du départ se transforme en fatigue. Au niveau digestif, la grande quantité de protéines va exacerber la putréfaction intestinale, préjudiciable à l’intégrité de la muqueuse et source d’aromatases cancérigènes.

Surtout, il faut savoir que les toxines ont une affinité pour les graisses, elles sont donc stockées en nombre dans les cellules graisseuses. Une perte de poids trop rapide et importante entraînera la libération brutale d’une grande quantité de toxines que le foie et le système émonctoriel seront incapables de gérer. On a vu des gens déclarer une maladie grave à cause d’un régime trop brutal.

Il existe beaucoup de contre-vérités relayées par des médias mal informés ou des professionnels mal formés. Prenons l’exemple des graisses. Consommer à tout prix des produits laitiers allégés n’a aucun sens. Pour qu’une protéine soit bien digérée, elle doit passer suffisamment de temps dans l’estomac et pour cela, elle doit être accompagnée de graisses. Sans quoi, la vidange gastrique est trop rapide et il y aura des troubles intestinaux. Notre cerveau a besoin de lipides pour assurer la communication nerveuse. Si nous en consommons trop peu, nous serons fatigués, davantage stressés avec une chute du taux de sérotonine, ce qui favorise l’attrait pour le sucré, la perte du contrôle de la satiété et les comportements compulsifs.

Je pense aussi à ceux qui mangent une grande salade à midi, en croyant garder la ligne alors que c’est tout à fait inadapté sur le plan nutritionnel. C’est le moment où il faut apporter des protéines, le manque va se répercuter en fin de journée avec des envies de sucre importantes. Là encore il faut connaître la chronobiologie et les associations d’aliments.

Puis il y a les conséquences psychologiques. Je rencontre beaucoup de femmes qui ont essayé différents régimes amaigrissants et finissent désabusées et découragées. Très souvent, les principales erreurs n’ont pas été identifiées et l’organisme n’a pas été préparé à une perte de poids. Cela conduit à l’effet yo-yo qui impacte négativement l’image de soi. Elles se mettent la pression puis se sentent incapables et se dévalorisent. Elles risquent alors de se tourner vers la nourriture pour compenser. Toute démarche minceur s’inscrit dans une problématique de santé, elle devrait être préparée et planifiée en prenant conseil auprès d’un professionnel.

Alors, volonté ou pas ?

Si la volonté de changer ou d’évoluer est une bonne chose, les différentes parties de nous-même ne sont pas toujours d’accord entre elles, d’abord pour une question de langage. Le conscient est comme l’écran d’un ordinateur, il peut afficher de nombreuses nuances mais reste limité dans ce qu’il peut traiter simultanément. En dessous se trouve l’inconscient qui, comme le microprocesseur et le disque dur, peut stocker et traiter une quantité incroyable d’informations, sans toutefois que nous en ayons connaissance. Il parle un langage binaire : un ou zéro, comme un interrupteur, c’est allumé ou c’est éteint, il n’y a pas de nuance.

Si le conscient et l’inconscient ne sont pas en phase, nos comportements ne seront pas en adéquation avec nos souhaits. Par exemple, nous voulons consciemment perdre du poids, parce que nous nous trouvons disgracieux et nous savons que le surpoids va entraîner des problèmes de santé. Mais si l’inconscient perçoit que nous traversons une mauvaise période et qu’il serait judicieux de faire des réserves, c’est lui qui aura le dernier mot car il est aux commandes de notre métabolisme. C’est pourquoi l’hypnose et les thérapies comportementales sont efficaces, parce qu’elles visent directement les processus contrôlés par l’inconscient.

Le corps c’est l’identité visible. Notre morphologie révèle la capacité de nos cellules à s’organiser selon nos pensées et nos émotions. Le corps ne fait qu’adopter un profil qui correspond à la logique d’occupation de l’espace de la personne. Il existe toute une symbolique du surpoids, comme peser suffisamment pour être crédible face aux autres, prendre sa place dans la famille ou la société, ou encore se protéger des agressions de la vie. Parfois, le meilleur régime s’appelle une psychothérapie et il n’y a rien de péjoratif à tout simplement mieux se connaître.

Dimitri JACQUES, naturopathe, psychopraticien
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Mots-clés :
Régime Nutrition Surpoids