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Sommes-nous responsables des désordres alimentaires de nos enfants ?
Sommes-nous responsables des désordres alimentaires de nos enfants ?
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27 septembre 2011 | 2 commentaires
Auteur de l'article
David Rofé-Sarfati, 14 articles (Psychanalyste)

David Rofé-Sarfati

Psychanalyste
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Sommes-nous responsables des désordres alimentaires de nos enfants ?

Sommes-nous responsables des désordres alimentaires de nos enfants ?

Votre enfant a un trouble de l’alimentation : Êtes-vous fautif ? Faites vous ou avez-vous fait quelque chose de mal ?

En cas de désordre alimentaire, nous savons aujourd’hui mobiliser les familles dans le traitement. Mais nous savons aussi qu’il est extrêmement dangereux et contre-productif de blâmer les parents pour le trouble de l’alimentation de leur enfant.

La famille, lieu d’amour donc d’exigence.

Cependant que les reproches sont inutiles, la prise en compte du groupe familial est nécessaire. De mon point de vue, il est incontournable de s’interroger sur le rôle de l’environnement familial dès que le symptôme apparait. Chaque famille doit développer un sens critique à l’égard de son fonctionnement afin d’offrir à chacun de ses membres l’indépendance psychique indispensable à son développement. Même dans une famille avec un enfant schizophrène ou un enfant autiste, il y a beaucoup de choses qui peuvent être entreprises pour aider la famille à fonctionner plus efficacement. Je n’ouvre pas ici le droit à blâmer ou à condamner, juste l’occasion d’aider les familles à examiner ce qui pourrait changer pour mieux répondre aux besoins de chacun.

L’important n’est pas de gagner mais de participer.

C’est dans cet esprit que la participation des parents est essentielle lorsque l’enfant ou l’adolescent connait un trouble alimentaire. Le propos est de regarder ce qui se passe mal et ce qui pourrait être réparé. Les parents discuteront avec leurs enfants sur les troubles alimentaires. Pour certains enfants ou adolescents, cela n’aura aucun effet sur le développement du trouble de l’alimentation. Pour d’autres, cela permettra un dialogue ouvert qui pourra effectivement influer sur la façon dont la nourriture est utilisée pour faire face aux émotions.
Si ce n’était pas déjà le cas, pourquoi parlerions-nous à nos enfants de drogues et d’alcool ? Les parents doivent parler à leurs enfants des dangers de la boisson alors que parler n’empêchera peut être pas ces enfants de devenir alcooliques. Toutefois, on observe, en contraposée, que l’alcoolisme, déguisé souvent en œnologie, se transmet de parents à enfants.

Cela aidera tout le monde ? Absolument pas.

L’un n’empêche pas l’autre.

Mais je me plais à penser que les parents peuvent participer activement, de façon réfléchie et impliqués dans la vie de leurs enfants, de guider, de diriger, d’encourager. Cela n’a rien à voir avec la faute, avec ce fameux sentiment de culpabilité si galvaudé. C’est juste une bonne parentalité. Parler à ses enfants ne fera pas obstacle à un trouble du développement. La vie est rude et beaucoup de choses se produisent hors de notre contrôle.

Le hasard et la nécessité.

Mais négliger le risque de la culpabilité, adhérer à une exigence personnelle, morale, philosophique, politique pour attraper cette chance et ce courage d’influer sur nos enfants est la posture responsable. Dans un monde où tout peut se produire, c’est le mieux que nous puissions faire.

David Rofé-Sarfati, Psychanalyste, Maisons Alfort.
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Commentaires
0 vote
par trape (IP:xxx.xx7.65.251) le 29 septembre 2011 a 11H11
trape (Visiteur)

Si nous relions le concept de "désordre alimentaire" à celui d’une alimentation déséquilibrée sans une base "psychiatrique" à ce comportement (à l’inverse de l’anorexie ou de la boulimie) ; alors il y a "faute", "erreur" quand les parents n’éduquent pas leurs enfants sur le plan alimentaire, tout en sachant, eux-même, ce qu’est une alimentation équilibrée. Faire plaisir à son enfant "roi" (et satisfaire ses caprices) se comprend si cela ne s’opère pas au détriment de ses apprentissages, souvent répétés... Si le dégoût pour un aliment peut être le fruit d’une expérience pathogène ; le goût pour un aliment (les légumes, par exemple) demande des répétitions. Malheureusement, de trop nombreux jeunes adultes n’ont plus aucune notion de cet équilibre ; conséquence du passage d’une société rurale à une société urbaine ; du recours à du "prêt à consommer", d’un désintérêt pour l’acte nutritionnel (depuis les années 80 et l’explosion de l’agro-alimentaire avec un lissage des goûts) qui était un souci majeur de nos aïeux ( cela est en train de changer lentement), etc Oui, les parents sont responsables de leurs enfants , mais il est plus facile d’accuser l’autre ou la société de nos propres dérives comportementales. Les actes alimentaires sont chargé de beaucoup d’affectif, de pathologique quelquefois aussi mais ce ne sont pas les cas les plus fréquents. Si le concept de "faute" a le regard tourné vers le passé, celui de "responsable" scrute l’horizon...

0 vote
par David Rofé-Sarfati (IP:xxx.xx6.248.133) le 29 septembre 2011 a 11H38
David Rofé-Sarfati, 14 articles (Psychanalyste)

Oh que Oui, tout à fait d’accord, effectivement, il sera toujours plus aisé de condamner l’autre :

à ce sujet : http://davidrofesarfati.com/2011/02...

Autre chose, le changement demande en partie à être concerté, en partie imposé (le dur métier des parents).