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Régler les problèmes de constipation
Régler les problèmes de constipation
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28 septembre 2011 | 1 commentaires
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Docteur Sophie Ortega Loeff, 8 articles (Médecin Nutritionniste)

Docteur Sophie Ortega Loeff

Médecin Nutritionniste
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Régler les problèmes de constipation

Régler les problèmes de constipation

En France, on estime à 3,5 millions le nombre de personnes constipées de façon chronique. Près d’une personne sur quatre a subi, subit ou subira la constipation et 70 % sont des femmes. La constipation n’est pas une maladie. Et contrairement aux idées reçues, il n’est pas obligatoire, pour être en bonne santé d’aller à la selle tous les jours. Tout est question de vitesse de transit intestinal, plus ou moins longue. Certaines personnes iront un jour sur deux, d’autres deux fois par jour...

L’important est que les selles soient suffisamment hydratées pour permettre une évacuation adéquate.

L’accumulation des selles dans le colon est une gêne, mais ne présente pas un risque pour la santé, aucun risque infectieux, en particulier. Cependant ce désagrément est généralement mal toléré. La sédentarité représente la cause la plus souvent associée à la constipation. Mais chez la femme, la première cause de constipation est de retenir son envie. Faire davantage d’exercice et manger plus de légumes sont deux bonnes résolutions à adopter rapidement.

La constipation est liée à la déshydratation des matières fécales à l'intérieur du côlon. Et ce phénomène s'associe de fait à un ralentissement du transit intestinal. En cas de déshydratation extrême, le poids des selles peut n'être que de quelques dizaines de grammes.
 

Colique ou distale : 2 types de constipation

La constipation peut être due à différents malfonctionnements sur la partie terminale du tube digestif : le colon ou le rectum et l'anus.
Il est important de les distinguer pour établir le traitement le plus adapté.
 

• La constipation colique : le colon est paresseux

La constipation colique est liée à un ralentissement du transit au niveau du colon. Les selles stagnent dans le gros intestin. Le côlon a normalement une fonction de "transporteur" des selles, il est chargé de les acheminer jusque dans le rectum. Si les contractions de ses parois sont faibles ou inefficaces, les selles stagnent et les parois coliques se distendent.
Ce type de constipation peut être en rapport avec un colon irritable qui est animé de mouvements inefficaces pour la progression des matières. Au contraire le colon peut être inerte, et c'est l'absence d'activité motrice propulsive qui empêche l'élimination correcte des selles. Le plus souvent, la constipation colique se caractérise par moins de trois selles par semaine, ceci volontiers associé à des ballonnements et des douleurs abdominales.
La diarrhée peut survenir en même temps que la constipation : le côlon irritable
Une alternance de diarrhée et de constipation atteste souvent d'un côlon irritable. Il s'agit d'une inflammation du gros intestin qui devient hyperéactif. Les diarrhées sont en réalité de fausses diarrhées provoquées par l'irritation du colon due aux selles accumulées durablement. Des douleurs à type de spasmes peuvent également survenir dans ce syndrome.

 

• La constipation distale : le bouchon

Distale, signifie que la constipation correspond à une cause rectale ou anale. Les selles sont arrivées à destination, dans le rectum, mais pour une des raisons suivantes, leur évacuation ne se fait pas. Le plus souvent, elles durcissent, elles peuvent occasionner une sensation de gène et constituent un bouchon au niveau du sphincter anal.
 
La constipation distale est caractérisée par des difficultés à la défécation et une absence de la sensation de besoin. La perte du besoin peut être dû à une dilatation du rectum (ce que l'on appelle le mégarectum), dans ce cas, les parois du rectum ne se contractent pas pour un volume de selles normal. Chez la femme, À force de réprimer ses envies, le corps se venge et la sensation du besoin disparaît. Le sphincter de l'anus peut également être peu sensible ou hypertonique : il ne s'ouvre pas pour des stimulations habituelles, causées par la présence de matières fécales dans le rectum. Autrement dit tout le système digestif est fonctionnel, mais l'anus ne permet pas l'évacuation des selles.
C'est dans le cas de constipation distale qu'il n'est pas rare de constater des effets secondaires dus aux efforts de poussée (hémorroïdes, fissures).
 
 

Traitement de la constipation

Il commence toujours par des mesures hygiéno-diététiques. La première est de boire 1,5 à 2 litres d'eau par jour.
Ensuite, de consommer des aliments riches en fibres, de faire de l'exercice physique et de se présenter régulièrement à la selle.

 

• L’hydratation

Tout le monde le sait, boire trop peu ne facilite pas le transit. Ce qui est mieux c’est de boire 1litre 5 d’eau par jour et de répartir cette consommation tout au long de la journée. Le choix des eaux a également une importance, les eaux riches en magnésium sont naturellement laxatives (Contex, Hépar). Un verre d’Hépar à jeun avec la moitié d’un citron pressé peut être un excellent déclancheur.

 

• Alimentation

Les fibres sont le balai de l'intestin
Le gros intestin héberge 100 milliards de bactéries qui assurent la fermentation des matières, ainsi que leur volume. Cette population luxuriante est en perpétuel renouvellement et constitue la moitié du poids des selles. La constipation peut être réglée en favorisant les conditions de vie de cette flore bactérienne. L'alimentation, par l'apport en fibres, favorise cette écologie.
Il faut donc manger des végétaux, sources de fibres et d'eau. Les légumes sont d'excellents aliments de "leste" : qui améliorent le volume et la souplesse des selles.
 
Lors de la survenue d’une constipation, on recommande de consommer 45 à 50 g de fibres alimentaires quotidiennement. Mais il faut y arriver progressivement pour éviter la formation intempestive de gaz. Idéalement, c’est un enrichissement de 5 g de fibres en plus par jour (par exemple 20 g de céréales au son, ou 60 g de muesli, ou encore 2 tranches de pain complet). On augmente la dose tous les 5 jours sans désagrément.
 
C'est dans l'écorce des grains céréaliers (ou enveloppe) que se trouvent la majeure partie des fibres (cellulose indigestible) et des vitamines.
 
Céréales
Fibres pour 100 g
Céréales à base de fibres de son
23
Céréales type Muesli
7
Pain complet
9,6
Pain blanc
2,7
Maïs en grains
3,7
Riz complet
2
Pois cassés, lentilles et haricots secs cuits
5
Pomme de terre
2,6
 
 
Les légumes : crus ou cuits ?
Les crudités et salades variées permettent d'alléger les repas, de les enrichir en fibres régulatrices du transit intestinal. Mais il s'agit de fibres dures : lignine et cellulose (choux, légumes, céréales) et de l'inuline (poireaux, oignons, asperges, artichauts), qui arrivent intactes dans le côlon où elles subissent les attaques bactériennes. Leur dégradation entraîne naturellement la formation de gaz. Il est souhaitable d'ôter la peau des légumes tant qu'il est possible (courgettes, aubergines, etc...). Dès l'apparition de ces désagréments et pour persister à obtenir un bon effet régulateur du transit intestinal, mieux vaut manger ces légumes cuits.
 
Et choisir les fruits
Le melon contient1 % de fibres, beaucoup d'eau, peu de calories. Essentiellement, des hémicelluloses et de la pectine, particulièrement efficaces pour accélérer le transit intestinal. D'ailleurs parfois trop bien lorsque la consommation est opulente. 4 La fraise : une mine de vitamine C
La fraise possède à la fois des fibres tendres, des pectines qui lui donnent sa texture moelleuse et des fibres dures avec les "akènes" : ces petits grains parsemant sa surface.
La pomme est disponible 12 mois sur 12, elle fournit des fibres particulièrement bien tolérées : les pectines.
La figue est connue depuis l'Antiquité pour "libérer le ventre". Les petits grains contenus dans le fruit ont tendance à s'introduire dans les diverticules des intestins, s'il en existe. Les personnes ayant une diverticulose intestinale devront s'abstenir...
Le raisin a une double fonction d'élimination : il facilite l'élimination des déchets, par sa forte teneur en eau et en potassium et ses fibres stimulent le transit intestinal.
Le pruneau est universellement connu pour ses effets laxatifs. C'est une prune séchée, qui renferme donc une quantité remarquable de fibres : 15 g aux 100 g. À la fois des fibres dures dont l'action est mécanique et des fibres solubles (pectine) qui retiennent l'eau dans les matières.
 

• L’activité physique

Marcher, faire du vélo ou faire de la gymnastique pour tonifier les abdominaux sont également des fondamentaux pour réguler le transit intestinal. Les muscles abdominaux doivent être toniques pour pouvoir exercer une hyperpression à l’intérieur de l’abdomen, au moment de l’expulsion. Le massage du ventre dans le sens des aiguilles d’une montre est aussi un geste qui peut aider la régulation du transit.
 

• Les laxatifs

Les laxatifs efficaces sur la constipation colique sont doux : soit lubrifiants des parois coliques (huile de paraffine) soit osmotiques, c’est-à-dire qui retiennent l'eau dans les selles. Certaines plantes peuvent être irritantes pour le colon. Un bon laxatif doit agir en douceur pour ne pas irriter la muqueuse intestinale et agir plutôt en hydratant les selles pour les ramollir, en augmentant leur volume et en stimulant le transit intestinal pour en faciliter leur progression.
 
L’usage de laxatifs irritants peut entraîner une abrasion de la muqueuse colique, alors il se produit une diarrhée très hydrique sur un fond de constipation. En réalité, la diarrhée correspond plus à un phénomène inflammatoire qui entraîne une exsudation au niveau de la muqueuse et donc une perte en eau et en minéraux essentiellement. Les plantes (aloès, bourdaine, fucus, rhubarbe, séné, etc.) sont souvent irritantes pour le colon.
 
Pour une constipation terminale, il est mieux d’utiliser des laxatifs qui lubrifient le rectum et le canal anal : suppositoires à la glycérine ou préparation pour microlavement. Mais attention, l’utilisation chronique de ces produits peut être irritante pour l’anus.
En utilisation prolongée, ce sont les laxatifs osmotiques qui restaurent l’hydratation des selles qui sont les plus adaptés (riche en mucilages ou en sucres polyols).
Quoiqu’il en soit une constipation qui dure au delà de un mois doit être signalée au médecin traitant, afin de trouver ensemble les moyens les plus adaptés pour la résoudre.
Dr Sophie Ortega- Paris
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Commentaires
1 vote
par Jean-Philippe (IP:xxx.xx8.36.6) le 29 septembre 2011 a 05H56
Jean-Philippe (Visiteur)

Bonjour, merci d’oser aborder se sujet encore tabou ! Fort intéressant votre article, vous proposez d’excellents conseils, si je peux me permettre la relaxation,la sophrologie ont également des intêrets pour les "troubles de la constipation", en particulier la respiration abdominale. Bonne journée à toutes et tous. Jean-Philippe. http://eclosion83136.canalblog.com