Produits laitiers : Harvard conseille d’en consommer moins

Produits laitiers : Harvard conseille d’en consommer moins |
Récemment, la Harvard School of Health a publié sa version du Guide Alimentaire visant à informer la population américaine (et pourquoi pas canadienne) sur ce à quoi devrait ressembler notre alimentation quotidienne. Mais, attention au scandale !
J’arrive difficilement à comprendre la hargne contre certains aliments alors que l’on tolère encore la cigarette malgré le fait que la communauté scientifique s’entende à l’unisson pour en condamner les méfaits sur la santé. Plus je regarde la situation, plus je suis en mesure de caricaturer les deux parties en présence. D’un côté, nous avons l’homme d’affaires (pourquoi toujours un homme d’ailleurs ?), dans son complet bleu ou noir avec sa mallette (ou maintenant sa tablette), la mâchoire carrée, bien rasé et l’étincelle sur la canine droite. De l’autre, nous avons une femme (pourquoi toujours une femme ?), en sandales et salopettes, des pâquerettes dans les cheveux, avec un léger maquillage bio et son sac de compost à la main. Les deux s’affrontent à grands coups d’études de cas, d’études scientifiques, de témoignages, etc. Malheureusement, je crains que la réalité échappe aux deux parties.
Lorsque quelqu’un me dit que l’arrêt de la consommation de produits laitiers a changé sa vie pour le mieux, je suis sincèrement content pour cette personne. Lorsque quelqu’un me dit que l’arrêt de la consommation de produits contenant du gluten a changé sa vie pour le mieux, je suis sincèrement content pour cette personne. Cependant, ça n’implique pas que les produits laitiers ou le gluten soient mauvais pour autant. Ce qui m’attriste, c’est que la bonne foi des gens ayant vécu ce genre d’expérience se transforme souvent en croisade hystérique contre ces produits. On cherche alors à imposer sa vision sans objectivité et surtout, on tente de priver la population d’un choix en imposant le sien. En réalité, les opposants aux produits laitiers font usage des mêmes stratégies que les partisans des produits laitiers et l’émotivité qui mène le débat fait en sorte que l’on perd de vue la réalité.
Ce n’est pas parce que quelqu’un est allergique aux abeilles que l’on doit tuer ces petits insectes. Car, si c’était le cas, il y aurait une perturbation irréparable de notre écosystème. Alors, on offre des alternatives aux personnes allergiques aux sympathiques petites bestioles en leur offrant des traitements et en leur soulignant l’importance d’éviter de se faire piquer. Il en va de même pour notre alimentation, avant de bannir, nous devons comprendre l’ensemble de notre écosystème nutritionnel et toutes ses ramifications.
SOURCES
1.Lampe, JW. Dairy products and cancer. J Am Coll Nutr 2011; 30(5 Suppl 1). 464S-70S.
2.Aune, D, R Lau, DS Chan, et al. Dairy products and colorectal cancer risk: a systematic review and meta-analysis of cohort studies. Ann Oncol 2012; 23(1). 37-45.
3.Huncharek, M, J Muscat, and B Kupelnick. Colorectal cancer risk and dietary intake of calcium, vitamin D, and dairy products: a meta-analysis of 26,335 cases from 60 observational studies. Nutr Cancer 2009; 61(1). 47-69.
4. Huncharek, M, J Muscat, and B Kupelnick. Dairy products, dietary calcium and vitamin D intake as risk factors for prostate cancer: a meta-analysis of 26,769 cases from 45 observational studies. Nutr Cancer 2008; 60(4). 421-41.
5.Matsumoto, M, S Ishikawa, Y Nakamura, K Kayaba, and E Kajii. Consumption of dairy products and cancer risks. J Epidemiol 2007; 17(2). 38-44.
6.Koh, KA, HD Sesso, RS Paffenbarger, Jr., and IM Lee. Dairy products, calcium and prostate cancer risk. Br J Cancer 2006; 95(11). 1582-5.
7Al Sarakbi, W, M Salhab, and K Mokbel. Dairy products and breast cancer risk: a review of the literature. Int J Fertil Womens Med 2005; 50(6). 244-9.
8.Genkinger, JM, DJ Hunter, D Spiegelman, et al. Dairy products and ovarian cancer: a pooled analysis of 12 cohort studies. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 2006; 15(2). 364-72.
9.Elwood, PC, JE Pickering, DI Givens, and JE Gallacher. The consumption of milk and dairy foods and the incidence of vascular disease and diabetes: an overview of the evidence. Lipids 2010; 45(10). 925-39.
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L’arrêt de la consommation de produits laitiers et de céréales en génaral (sauf riz, Sarrasin et millets), la suppression des cuissons forte et la consommation d’un max de cru ou de fermenté, a changé ma vie, et stoppé rapidement la progression de ma maladie auto-immune.
Pour autant, je suis tout à d’accord avec l’auteur : ne faisons pas de cas particuliers des règles générales ! Bien des personnes qui consomment modérément des produits laitiers et des céréales de toutes sortes, et qui font même des repas indécents de temps en temps, se portent très bien et vivent très longtemps ! Et il y a même de nombreuses personnes atteintes de maladies auto-immunes chez qui mon régime n’a pas produit d’effets positif, ou beaucoup moins efficacement.
Malheureusement, l’homme veut toujours que ses semblables vivent selon les normes qui lui convienne à lui. C’est une tendance vieille comme le monde, et qui fait beaucoup de mal.
Ceci étant dit, je trouve tout à fait justifié de se montrer critique vis à vis de nos modèles nutritionnels, non seulement vis à vis des biais de l’industrialisation de la bouffe et des modes de production, mais aussi vis à vis des traditions, qui sont parfois porteuses de contre sens et d’erreurs dommageables pour la santé (les traditions sont humaines, donc largement imparfaites, donc largement critiquables).
Il faut que chacun soit libre de manger ce qu’il désire mais pour cela :
il faut qu’on puisse avoir le choix et l’accès pour une alimentation non conventionnelle.
qu’on ait des budgets nationaux ou internationaux pour mener des études non influencées par des lobbies de toutes sortes
que l’alimentation elle-même ne soit pas étudiée pour favoriser l’addiction et l’excès (comme c’est le cas dans l’agro-alimentaire et la restauration rapide), surtout vis à vis des jeunes et des enfants, qui sont particulièrement vulnérables.

Il fallait lire : "comme c’est le cas en général dans l’industrie agro-alimentaire..." désolé.




