Comme l’a montré une récente enquête télévisée sur France 5, le marché français des régimes est pléthorique. Il pèse au bas mot 2 à 3 milliards d’euros ! Par médias interposés, Dukan, Cohen, Fricker et autres gourous des régimes se partagent le gâteau en se livrant à une véritable guerre économique sous couvert de bonnes intentions. Mais ce sont toujours les mêmes proies qui trinquent et payent : des millions d’adeptes des recettes miracles qui, croient-ils, leur feront perdre facilement et rapidement, avant l’épreuve du maillot de bain par exemple, leurs kilos superflus…
L’effet Yo-yo
En réalité, tous les régimes font maigrir et même vite et beaucoup, mais le plus souvent au prix d’un déséquilibre nutritionnel : déficit en fibres, carences en vitamines et minéraux, excès de sel ou de protéines, tous mauvais pour l’organisme (muscles, artères, foie, reins, os) et pour le moral. De plus, ces régimes ne sont pas supportables longtemps, ils donnent faim, on craque, on reprend du poids… et on refait un nouveau régime qui se terminera de la même façon. Et ainsi de suite : c’est l’effet Yo-yo. Quel que soit le nom du régime ou du promoteur de la méthode, c’est toujours le même scénario : restrictions déraisonnables et déséquilibres dangereux entraînant notamment des troubles du comportement, frustration, dépression, mésestime de soi… qui poussent à reprendre ses mauvaises habitudes, mais aussi réduisent la masse maigre (les muscles) et le métabolisme de base. En fin de compte, l’organisme brûle moins de calories et la reprise de poids et de graisse devient inévitable et dépasse même ce qu’on a perdu…
Comme le répète, depuis des années, le Dr Jean-Michel Lecerf, chef du service nutrition à l’Institut Pasteur de Lille, « le régime idéal n’existe pas ». Pour maigrir durablement, il faut adopter de nouvelles habitudes qui soient tenables sur le long terme : ne rien s’interdire pour ne pas provoquer de frustration, d’envies irrépressibles et finalement l’arrêt des efforts, mais modérer les portions de certains aliments, manger varié, équilibré et faire de l’exercice physique.
Chercher les causes
Tout le monde sait ce qu’il faut faire pour perdre des kilos superflus, mais cela demande des efforts, un changement parfois profond de ses habitudes et exige souvent de comprendre sa relation à la nourriture : mangez-vous lorsque vous êtes stressé, seul, fatigué ? quand vous vous ennuyez ? vous restreignez-vous en société… pour craquer ensuite le soir à la maison ? vous sentez-vous coupable dès lors que vous cédez à la tentation ? Dans ce cas, l’aide d’un médecin spécialisé peut être nécessaire, mais pas n’importe lequel, pas celui qui est à la mode.
Dans les moments de découragement, pour peu que l’on ait un père, une mère ou une grand-mère en surpoids, on a tendance à penser : « de toute façon, je n’y peux rien, c’est la faute aux gènes ! ». C’est vrai, pour une même alimentation, certaines personnes sont génétiquement prédisposées à prendre plus de poids, en particulier les porteurs d’un gène appelé FTO dont le risque d’obésité est multiplié par 1,7. Mais ce n’est pas une raison pour tout laisser tomber ou manger n’importe comment. Le gène augmente le risque, mais ne détermine pas totalement le poids. Le surpoids et l’obésité ont des causes multiples et on peut toujours faire quelque chose, une étude récente vient encore de le prouver. Les chercheurs se sont penchés sur l’activité physique des personnes porteuses de ce fameux FTO et ont découvert que faire du sport diminuait le risque lié au gène de presque 30 %. Donc pas d’excuse, les efforts pour perdre du poids sont payants, même si on porte les mauvais gènes.