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Maladies chroniques : la fête, oui ! Mais en dérapage contrôlé
Maladies chroniques : la fête, oui ! Mais en dérapage contrôlé
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23 décembre 2013 | 1 commentaires
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Giordan, 5 articles (Rédacteur)

Giordan

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Maladies chroniques : la fête, oui ! Mais en dérapage contrôlé

Maladies chroniques : la fête, oui ! Mais en dérapage contrôlé

Les fêtes, même avec une maladie chronique, pas question de s’en priver ! Elles permettent de conserver son identité et de ne pas se couper des amis ou des habitudes. Bien sûr, ce n’est pas sans poser quelques problèmes ; la période des fêtes est synonyme de tous les excès.

Il n’est pas de repas de Noël dans certaines régions d’Italie sans une vingtaine d’antipasti ! Enchaînent ensuite, trois sortes de pâtes, au moins trois viandes ; ensuite on ne peut éviter un plateau de fromages tous plus alléchants les uns que les autres et on finit par plusieurs desserts, dont la célèbre zuppa inglesa.
 
Le tout n’est pas facile à avaler pour une personne saine. Alors quand on est diabétique, obèse, cardiaque ou en insuffisance rénale… Sans aller dans ces excès, il est fréquent en France d’enchaîner pour Noël ou pour le réveillon du jour de l’An : des amuses-bouche trop salés, trop gras, des huîtres, un foie gras, un confit de canard ou un chapon farci. Après les fromages, on finit par une omelette norvégienne et par la célèbre bûche avec beaucoup de crème. Le tout fortement arrosé ... Les personnes atteintes de problèmes de cœur ou de rein ont de fortes chances de décompenser après autant de calories et une telle quantité de sel, de gras et d’alcool.
 

Savoir dire : non, sans fâcher

Il faut savoir dire « non » à un moment donné, sans offenser ! Pourquoi ne pas oser avertir à l’avance, au même titre que le font certains individus au titre d’un précepte religieux… De plus en plus de copains ou de familiers le comprennent, il ne faut plus hésiter.
 
On peut positiver en lieu et place pour ne pas « planter » la soirée : on peut faire diversion en se faisant fort de raconter des histoires ou des blagues ou encore de chanter, faire de la musique, pendant que les autres s’empiffrent ! Au moins, on tiendra sa place de joyeux luron au même titre que les valides… et soit disant « bons vivants ».
 
Pour les fêtes, la personne malade chronique peut s’appliquer la règle des « 80- 20 ». S’il s’agit d’un buffet, rien de difficile, on choisit ce qui correspond au régime habituel et on se permet 20% d’écart « pour se faire sa petite fête » ! On mange raisonnablement avec un ou deux petits dérapages, pas plus... Et surtout, on ne se prive pas de compliments sur l’hôte, pour compenser le fait d’en prendre peu…
 
A table, quand l’hôte nous ressert, nous pouvons dire :
1. « Ce que tu as préparé est vraiment excellent, mais assez pour moi ». S’il s’agit de quelqu’un de familier, on peut ajouter « c’est suffisant pour ce que j’ai »…
2. Quand il revient à la charge, nous pouvons avouer notre maladie « nous sommes malade, j’ai fait honneur à ton plat, mais je ne peux vraiment pas plus. Ma maladie ne me le permet pas… »
3. S’il nous pousse vraiment dans nos retranchements, on peut entrer dans une déclaration plus affective : « si tu m’aimes réellement, tu dois pas me pousser autant… ». « Emotionnellement c’est déjà très compliqué pour moi de devoir renoncer à quelque chose que j’adore. Si tu m’aimes réellement, ne me pousse pas plus, n’incite plus… ».
 

Que boire ?

Profitons donc d’un petit dérapage, mais sans plus. Exceptionnellement deux, trois verres de vin… Boire pour faire la fête, ok ! Toutefois, l'alcool à gogo se termine rarement bien ! Avec une maladie chronique, évitons autant que possible la « biture express », le « binge drinking » ou encore la cuite aux prémix et alcopops, y compris quand on est jeune.
 
Une personne atteinte d’une maladie chronique doit toujours penser « dérapage contrôlé ». Elle ne peut se laisser aller dans les extrêmes, sous peine de se mettre véritablement en danger. Pour ne pas se sentir frustré en permanence, pourquoi ne pas réfléchir à son sens de la fête d’une part, à ses frontières et à ses conséquences d’autre part. Quel plaisir de se bourrer pour ensuite vomir ou avoir le lendemain matin un terrible mal de crâne ?
 
Dernier petite suggestion : pas la fête tout le temps… Pas trois nuits blanches arrosées de suite. Le sommeil réparateur, des moments de calme sont toujours à privilégier dans toute pathologie.

POST-SCRIPTUM

  • Pour en savoir plus :
    André Giordan et Alain Golay
    - pour le grand public : A. Giordan et A. Golay, Bien vivre avec sa maladie, Lattès, 2013
    - pour les soignants : A. Golay, G. Lagger et A. Giordan, Motiver son patient à changer, Maloine, 2009
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Commentaires
0 vote
par Marchaux (IP:xxx.xx6.191.122) le 23 décembre 2013 a 14H51
Marchaux, 94 articles (Rédacteur)

Merci pour cet article.... à l’approche des fêtes de fin d’année !