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Les édulcorants non caloriques, pires que le sucre ?
Les édulcorants non caloriques, pires que le sucre ?
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7 février 2013 | 3 commentaires
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Jean-Yves Dionne, 44 articles (Expert-conseil)

Jean-Yves Dionne

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Les édulcorants non caloriques, pires que le sucre ?

Les édulcorants non caloriques, pires que le sucre ?

Une étude prospective de très grande envergure nous arrive de France. Durant 14 ans, les chercheurs ont suivi 66000 femmes (Étude Épidémiologique auprès des femmes de la Mutuelle Générale de l’Éducation Nationale) et ont évalué leur consommation de boissons sucrées (avec sucre), de boissons sucrées sans sucre ou de jus 100% fruits en relation avec le développement du diabète de type II.(1) Cette étude fait partie d’un projet européen d’envergure, le projet EPIC (European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition) qui regroupe des milliers de chercheurs de plusieurs pays d’Europe.

Les participantes consommaient en moyenne 328ml à 568ml de ces types de boissons par semaine, loin derrière la consommation des habitants des États-Unis. En fait, chez nos voisins du Sud, la consommation moyenne de boissons gazeuses (soft drinks), selon l’association des fabricants, est de plus de 4000ml par semaine, ou si vous préférez, 11 cannettes par semaine (près de 600 cannettes de 12 oz par an).(2)

L’étude montre que le risque de développer un diabète de type II n’est pas affecté par la consommation de jus de fruits purs et non sucrés. Par contre, pour les deux autres types de boisson, le risque augmente en fonction de la quantité bue. Ainsi, pour les personnes qui boivent le plus de boissons sucrées (avec du sucre), c’est-à-dire plus de 359ml par semaine (encore loin en dessous de la moyenne américaine), le risque de développer un diabète de type II augmente de 34% (1,34 [1,05, 1,71]). Bon, on s’attendait déjà à trouver un lien entre le sucre et le diabète, mais attendez de voir les résultats avec les boissons sucrées sans sucre (boissons diète ou zéro calorie). À consommation +/- égale (entre 222ml et 600ml par semaine), le risque est légèrement supérieur à celui des boissons sucrées, soit 37% (1,37 [0,88, 2,14]). De plus, la consommation, elle aussi, est plus élevée. J’imagine que c’est parce que, comme les boissons ne contiennent pas de calorie, on a l’impression qu’on peut s’en permettre plus… Ainsi, le groupe qui consomme le plus de ces boissons édulcorées en boit plus de 603ml par semaine (au lieu de 359 pour les boissons avec sucre). Pour les personnes de ce groupe, le risque de développer un diabète type II, durant les 14 ans du suivi, était de 121% (2,21 [1,56, 3,14]) plus élevé, donc plus de 2 fois plus de risque !

Avec une telle étude, on ne peut pas faire un lien de cause à effet entre la consommation de boisson diète et le développement du diabète parce que tous les facteurs n’ont pas été pris en considération, mais le doute s’installe. Habituellement, les personnes qui consomment ces boissons ont aussi une alimentation plus industrielle. Peut-on faire un lien entre le diabète type II et les différents additifs, l’alimentation industrielle appauvrie en nutriments essentiels et grossièrement enrichie en sucre, sel, gras, farines blanchies et une multitude d’additifs de toute sorte ? Très certainement. Par contre, quelle(s) substance(s) en particulier ? Personne ne le sait. Le plus probable est un effet conjoint de carences alimentaires et d’effets toxiques des additifs, édulcorants inclus. Bref, rien ne vaut la vraie bouffe !

Santé !

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Jean-Yves Dionne, Pharmacien, expert conseil en produits de santé naturels www.jydionne.com Franchement Santé

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Commentaires
1 vote
par clostra (IP:xxx.xx2.110.100) le 7 février 2013 a 17H21
clostra (Visiteur)

Le premier article scientifique prédictif de ces résultats que j’ai pu lire remonte à 1990...

C’est là où on reste consternés que l’alimentaire, ("que ton alimentation soit ton premier remède" disait Hippocrate) et sa soeur jumelle prétendent reposer sur la preuve (celle-ci on aurait pu s’en passer...)

L’étude portait sur des personnes consommant un laitage avec sucre et des personnes consommant un laitage avec édulcorant, en aveugle ou pas d’ailleurs. Au jour-dit, on donnait un laitage sucré à ceux qui avaient consommé leur laitage avec édulcorant pendant mettons 10 jours.

Il ne faut pas être très malin, surtout que le chien de Pavlov est enseigné au collège (il me semble) pour comprendre ce qui arriva !

Ces personnes qui consommaient avec édulcorant n’ont pas sécrété d’insuline : voilà comment ils se sont retrouvés en hyperglycémie.

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par lemiere jacques (IP:xxx.xx1.100.26) le 7 février 2013 a 18H03
 lemiere jacques (Visiteur)

d’un coté , je trouve éminemment absurde de consommer du café décaféiné sucré au faux sucre... de l’autre, l’étude n’est pas si claire e, il faut d’autres études...

Un conseil...à moins que les études soient tranchantes , il vaut mieux attendre un peu avant de commenter la sortie d’un article. Il s’agit je crois d’un population qui prend des boissons édulcorées volontairement , il y a donc un biais.

0 vote
par clostra (IP:xxx.xx2.56.166) le 8 février 2013 a 09H52
clostra (Visiteur)

On est donc consternés par ce qui se passe actuellement y compris avec cette plante miracle qui trompe notre physiologie...et puis, du peu d’attention aux cours de sciences nat de nos ministres capables de se laisser berner par "ceux qui savent".

Pour moi, c’est pourquoi j’insiste, les ligth et autres produits stévia compris sont un problème de santé publique.

Si je réagissais comme beaucoup, je dirais : ça m’est bien égal que mon voisin se colle lui-même un diabète, il n’a qu’à lire et s’informer. Et puis c’est tellement dangereux de dire la vérité dans ce domaine (genre : tous ces gens qui travaillent et mourraient si on leur enlevait leur job !) qu’on est conforté dans cette idée du "chacun pour soi".

J’irais plus loin. Celle-ci je l’ai trouvée "toute seule" et elle ne porte que très peu à conséquence :

On dit que les "gens bien élevés" ne coupent pas leur salade avec le couteau.

Ce qu’il serait mieux de traduire ainsi : autrefois, avant l’arrivée des couteaux inoxydables, on enseignait aux enfants - de parents instruits ? - qu’il est préférable pour conserver la qualité nutritionnelle et de saveur, de ne pas couper sa salade avec le couteau.

Pour les produits dits "de santé" et pour en revenir aux ersatz, "tromper" sa physiologie a des conséquences à plus ou moins long terme car, il semblerait que la plupart de nos cellules sont "douées" d’apprentissage et sujettes au "réflexe conditionné". Il faut donc faire un petit effort d’imagination lorsqu’on met de telles molécules sur le marché.

S’il n’est pas bon de consommer trop de sucre (taxe sur les boissons sucrées), il est dangereux de ne pas en avoir du tout dans son alimentation !