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Le fructose rajouté : un autre « clou de cercueil »
Le fructose rajouté : un autre «clou de cercueil»
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18 juillet 2013
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Jean-Yves Dionne, 44 articles (Expert-conseil)

Jean-Yves Dionne

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Le fructose rajouté : un autre « clou de cercueil »

Le fructose rajouté : un autre «clou de cercueil»

Des chercheurs viennent de publier une étude très importante dans le magazine American Journal of Clinical Nutrition.(1) Dans cette étude, ils ont soumis des primates (les animaux qui ressemblent le plus aux humains) à une diète riche en fructose (24% des calories totales provenant du fructose – ce qui ressemble fort à ce que plusieurs américains consomment) et faible en gras et les ont comparés à un groupe contrôle consommant une alimentation standard pour ces singes, c’est-à-dire faible en fructose (0,5% des calories totales) et faible en gras. Ces 2 diètes sont considérées comme complètes et équilibrées et suivent les recommandations des lignes directrices pour ces primates.

Effet chronique

Dans le premier protocole, les singes ont consommé à volonté l’une des deux diètes. Les animaux ont été suivis sur une période de 7 ans ou moins. Après 3,7 ans en moyenne, 15% des animaux sur la diète riche en fructose avaient développé un diabète, une incidence 3 fois plus élevée que chez des singes qui ne consomment pas de fructose. De plus, les résultats montrent une stéatose hépatique (foie gras) chez les singes nourris avec la diète riche en fructose, alors que les contrôles n’avaient presque pas de dépôts de gras au foie. Plus la consommation de fructose s’est prolongée, plus le foie des primates était gras.

Effet aigu

Dans le second protocole, d’une durée de 6 semaines, la quantité de calories consommée par tous les singes correspondait à celle requise pour maintenir le poids des animaux. L’étude a été trop courte pour que les singes développent une stéatose ou un diabète, mais les dommages mesurés sont effarants. La consommation élevée de fructose a entrainé le développement d’une endotoxémie, c’est-à-dire le passage dans le sang de toxines bactériennes. Ces toxines bactériennes provoquent une réaction immunitaire et le développement d’inflammation. Les chercheurs ont aussi constaté une migration bactérienne ou translocation : des bactéries de la flore intestinale pénètrent dans la circulation et se propagent à l’extérieur du système digestif dans d’autres tissus. Ces bactéries entrainent, entre autres, des lésions au foie. Les chercheurs ont d’ailleurs mesuré des augmentations significatives des enzymes hépatiques et des marqueurs de l’inflammation. Lorsque le foie se porte bien, les enzymes hépatiques (comme l’alanine transférase) sont à un niveau très bas dans le sang. Lorsque le foie est attaqué et en mauvais état (ex : hépatite ou cirrhose), il le libère ces enzymes. Ainsi, lorsque les chercheurs ont mesuré une augmentation par un facteur de 4X de l’alanine transférase, ils ont su que le foie des animaux criait à l’aide. En 6 semaines, le fructose en quantité a également entrainé le début de résistance à l’insuline.

Conclusion

Les chercheurs constatent deux processus liés à cette consommation élevée de fructose typique de l’alimentation occidentale à la sauce américaine. D’abord, le fructose induit une translocation bactérienne et une endotoxémie qui entrainent une atteinte du foie et une inflammation. Ensuite, la consommation chronique de fructose cause une augmentation de la synthèse des gras (lipogenèse) tant dans le foie (stéatose – voir aussi Nouvelle tendance : le foie gras) que dans le reste du corps (obésité, surpoids et syndrome métabolique). Selon les chercheurs, le fructose provoque ces changements même sans qu’il y ait augmentation des calories totales ingérées.

Cette étude ajoute une couche de plus à notre compréhension de la toxicité du fructose rajouté.

Il y a fructose et fructose…

Notez bien que, dans ces études, il n’est pas question du fructose normalement présent dans les aliments comme les fruits, mais bien de la substance raffinée ajoutée aux aliments. Cette étude confirme qu’il faut se méfier du fructose pur et du sirop de maïs riche en fructose. De toute façon, il est toujours sage de restreindre notre consommation de sucre. L’Association médicale américaine propose de consommer moins de 30g de sucre rajouté par jour (voir aussi 22 cuillérées à thé de sucre). Ce qui ne veut pas pour autant dire qu’il faille le remplacer par des substituts artificiels (consultez à ce sujet Les édulcorants synthétiques : sécuritaires ? ; Les édulcorants non caloriques, pires que le sucre ? et Prudence avec l’aspartame !).

Santé !

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Jean-Yves Dionne, Pharmacien, expert conseil en produits de santé naturels www.jydionne.com Franchement Santé

SOURCES

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Mots-clés :
Fructose Nutrition