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La Vitamine C, Adam & Eve et moi
La Vitamine C, Adam & Eve et moi
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31 août 2011
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Béatrice de Reynal, 207 articles (Nutritionniste)

Béatrice de Reynal

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La Vitamine C, Adam & Eve et moi

La Vitamine C, Adam & Eve et moi

Chaque hiver, période des petites épidémie de rhume, les gens affluent vers les pharmacies et para pharmacies pour acheter des comprimés de vitamine C.

La vitamine C ou acide ascorbique, est un cofacteur important qui stimule le système immunitaire et aide apparemment en raccourcissant la durée de la maladie et la sévérité des symptômes de l'infection (bien que les effets exacts de la vitamine C sur cette pathologie sont encore débattus). En plus de stimuler le système immunitaire, la vitamine C a été identifiée à plusieurs autres fonctions dans le corps humain, y compris la production d'une protéine, le collagène, trouvée dans plusieurs types de tissus conjonctifs incluant os et du cartilage (Garrett, 1999). Une carence en vitamine C peut causer le scorbut, une maladie qui résulte d'une détérioration du tissu conjonctif, et une absence prolongée de vitamine C peut même conduire à la mort (Marieb, 1998). 
 
Les êtres humains sont incapables de synthétiser la vitamine C, mais sont capables de stocker une réserve de 30 jours de ce nutriment importantPour maintenir ce niveau, une personne doit ingérer environ 60 mg de vitamine C chaque jour, soit environ la quantité de vitamine C dans une orange de taille moyenne. Bien que les humains, singes, chauves-souris frugivores, et plusieurs espèces de poisson (y compris la truite et le saumon) sont incapables de synthétiser la vitamine C, de nombreux autres animaux sont capables de faire leur propre vitamine C et n'ont pas besoin de manger des fruits et légumes pour avoir ce nutriment (Garrett, 1999). Beaucoup de gens, surtout dans les climats nordiques pendant l'hiver, ont souffert d'un manque de vitamine C à travers l'histoire. Il est très probable que beaucoup de gens sont morts du scorbut en raison de l'impossibilité de se procurer des fruits et légumes frais durant les mois d'hiver. Si la vitamine C est un nutriment si important, et que beaucoup d'animaux possèdent la capacité à la synthétiser, pourquoi Dieu n'a-t-il pas donné aux humains les voies de synthèse pour faire la vitamine C  ? 
 
Il y a deux réponses possibles :
1) Les êtres humains ont été créés sans la capacité de synthétiser la vitamine C,
2) OU bien, ils ont perdu l'information génétique.

La première possibilité est très simple et a le soutien biblique et scientifique pour ce scénario. Dès le début, Adam et Eve n'ont pas été créés avec les possibilités biochimiques pour faire la vitamine C. Ils étaient tributaires de manger des fruits, la meilleure source de vitamine C. Nous savons qu'ils ont été invités à manger tous les fruits du jardin d'Eden, sauf les fruits de l'Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal. Adam et Eve vivaient dans un environnement avec de nombreuses similitudes avec le paradis. Toutefois, contrairement aux Anges dans le ciel, Adam et Eve ont été commandés à être féconds : "multipliez-vous" !, pour produire plein de petits Adams et Eves. Or, la reproduction humaine a besoin de nutriments pour construire les tissus de l'enfant pendant et après la grossesse, une raison pour laquelle Adam et Eve avaient besoin de manger des fruits. Par ailleurs, les nutritionnistes recommandent aujourd'hui une alimentation riche en fruits et légumes comme étant la plus saine source de nutriments, ce qui est cohérent avec ce que Dieu ordonna à Adam et Eve de manger. Il est possible que Dieu a fait Adam et Eve (et nous) dépendant de fruits comme une source de vitamine C comme un rappel qu'ils étaient à sa charge pour la nourriture nécessaire pour rester en bonne santé.
 
Est-il possible que Adam et Eve ne disposaient pas de l'information dans leurs gènes pour produire les enzymes nécessaires pour la synthèse de la vitamine C ? Y a t-il des restes de ces gènes qui peuvent être identifiés dans le génome humain aujourd'hui ? 
 
Si Adam et Eve disposaient de l'information dans leurs gènes pour fabriquer de la vitamine C, des problèmes de santé avec le scorbut ont été enregistrés d'aussi loin que l'Empire romain (Davies 1970) ce qui indiquerait que cette information avait disparu depuis longtemps du génome humain.
Il y a des séquences d'ADN (dans le génome) qui sont des restes non fonctionnels des gènes fonctionnels actuellement. 
 
Ces séquences d'ADN sont appelés pseudogènes. Une séquence d'ADN pseudogène est généralement similaire à plus de 70% d'un gène fonctionnel mais il manque un promoteur qui permettrait la transcription en ARN (Zhang et al. 2003). Les Pseudogènes ont aussi généralement des perturbations de la "région codante", tels que des codons stop qui finissent prématurément la traduction du gène en une protéine (Zhang et al. 2003). 
Les Pseudogènes sont censés varier considérablement du gène de fonctionnement d'origine parce qu'ils ne sont plus sous contraintes sélectives. En d'autres termes, puisque la cellule n'a plus l'utilisation de ce segment d'ADN, il accumule des mutations à un rythme rapide (Karp 2002). 
Pour trouver un pseudogène pour la vitamine C dans le génome humain, une comparaison devrait être faite entre le génome humain et le génome d'un organisme qui avait un gène fonctionnel pour synthétiser la vitamine C.
En 1994, un groupe de scientifiques japonais a identifié une séquence d'ADN chez les humains qui ont de nombreuses similitudes avec le gène de rat qui code pour l'enzyme (L-γ-gulono-lactone) qui catalyse la dernière étape de la vitamine C de synthèse (Nishikimi et al. , 1994). La séquence du pseudogène humain découverte a quatre des 12 exons.(Les exons sont les régions modulaire codante d'un gène.) Ces séquences de quatre exons humains ont de nombreuses caractéristiques d'un pseudogène. Il y a une homologie de séquence de 70-80% entre les rats et les séquences humaines en fonction de l'exon, et deux codons stop. 
 
L'analyse a confirmé que ces quatre exons sont présents chez d'autres primates (Inai, Ohta et Nishikimi 2003). Les humains ne manquent que de l'enzyme finale de la dernière étape dans la synthèse de la vitamine C, mais ils ont toutes les autres enzymes nécessaires pour convertir le glucose en vitamine C.
Il semblerait, d'après l'examen d'un pseudogène potentiel humain pour la L-γ-gulono-lactone et la présence d'autres enzymes nécessaires pour la synthèse de vitamine C que les humains ont perdu la capacité de fabriquer de la vitamine C.
Ce n'est pas fini. Il y a seulement quatre exons du gène codant pour la L-γ-gulono-lactone chez l'homme. Deux-tiers du gène homologue chez le rat ont complètement disparu. La plupart des pseudogènes représentent 90% de l'ensemble du gène fonctionnel. 
Cette séquence d'ADN, dite pseudogène, pourrait avoir une fonction entièrement différente de celle du gène de rat.
Si seule la dernière enzyme est absente de la voie pour convertir le glucose en vitamine C, ça pourrait indiquer qu'il y a une voie biochimique qui conduit à une impasse. En fait, la voie biochimique qui conduit à la synthèse de la vitamine C chez des rats conduit également à la formation de sucres à cinq carbones dans la voie des pentoses phosphates présents chez pratiquement tous les animaux (Linster et Van Schaftingen 2007). 
Il y a plusieurs intermédiaires métaboliques de cette voie qui montrent que ces substances peuvent être utilisées comme précurseurs pour de nombreux composés dans la cellule. Dans la voie des pentoses phosphates, des sucres à cinq carbone sont fabriqués à partir de glucose (un sucre à six carbones) pour être utilisés dans la synthèse de l'ADN, l'ARN et l'énergie de nombreux substances produisant de l'énergie telles que l'ATP et le NADPH (Garrett, 1999). Les animaux qui synthétisent la vitamine C peuvent utiliser les deux voies. Les humains et les autres animaux "moins chanceux" utilisent seulement la voie des pentoses phosphates.
 
Il n'y a aucun gaspillage métabolique 
intermédiaire, et il n'est pas nécessaire d'avoir l'enzyme pour fabriquer de la vitamine C, puisque les humains sont capables d'obtenir la vitamine C dont ils ont besoin à partir de substances alimentaires.
Des milliers de pseudogènes humains ont été catalogués, mais en dépit des similitudes avec des gènes fonctionnels, le rôle exact de séquences dans le génome pseudogène ne sont pas connus. Il n'est pas nécessaire de supposer que les pseudogènes sont des vestiges de gènes fonctionnels et que le génome comprend aussi des parties "poubelles". Il est possible que ces régions de l'ADN ont un rôle dans le génome humain et animal et ce rôle n'a pas encore été découvert.
Les scientifiques ne savent pas actuellement la fonction de certaines portions d'ADN, ce qui ne signifie pas qu'il n'ait pas de fonction et donc que ce sont des vestiges de l'évolution. Il a été rapporté que des pseudogènes joueraient un rôle régulateur chez la levure pour les gènes fonctionnels dont ils partagent une homologie de séquence (Hirotsune et al. 2003). 
 
Adam et Eve avaient-ils un gène codant pour une enzyme capable de synthétiser la vitamine C et qui a été finalement perdu à la suite de la malédiction, ou étaient-ils tout simplement créés sans cette information dans leurs génomes ? Cette question pourrait ne pas obtenir de réponse jusqu'au retour du Christ sur terre. Et en attendant, les humains ont besoin chaque jour de vitamine C dans leur alimentation. Mangez donc un fruit !

adam et eve

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