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La nutrition et les personnes âgées
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29 août 2011
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La nutrition et les personnes âgées

La nutrition et les personnes âgées

Bien vieillir, en conservant son autonomie ainsi que ses fonctions cognitives le plus longtemps possible, est un véritable challenge pour la médecine. A cet égard, la nutrition peut jouer un rôle majeur.

La prévalence de la dénutrition s’avère importante chez la personne âgée. Estimée à 4% pour les personnes à domicile de plus de 65 ans et à 10% pour les plus de 80 ans, elle est selon les études, de 15 à 38% en institution et de 30 à 70 % à l’hôpital. On observe le plus grand nombre de personnes âgées dénutries parmi celles vivant à domicile.

 

L’effet du vieillissement sur le métabolisme

Physiologiquement responsable d’une perte d’appétit, d’une satiété précoce et d’une diminution des saveurs et du goût, le vieillissement ne doit pas pour autant être considéré comme une maladie mais comme une fragilisation par rapport à la survenue d’une pathologie. Le rendement métabolique chez une personne de plus de 70 ans étant moins bon, l’idée préconçue « je vieillis, je mange moins » se révèle dès lors, fausse. Au contraire, le sujet âgé doit manger autant qu’un adulte jeune et augmenter la part des protéines pour éviter la dénutrition protéino-énergétique. C’est pourquoi, il faut jouer sur la densité énergétique des aliments et non sur le volume qui va induire un effet satiogène chez la personne.

 

Les conséquences de la dénutrition

Elles sont nombreuses. Ainsi, la sarcopénie, qui définit la diminution de la masse musculaire et de la force musculaire, représente un facteur de risques de fragilisation et de chute aggravée par une dénutrition ; ces risques rendent essentiel le maintien d’une activité physique, comme par exemple au moins 30 minutes de marche par jour. Autre conséquence, la vulnérabilité aux infections : avec un système de défense de l’organisme moins performant pour cause de dénutrition, les personnes contractent plus facilement les infections. Sans négliger la fatigue, l’anorexie et l’amaigrissement, les troubles psychiques et le retard à la cicatrisation, qui surviennent également avec la dénutrition.

 

Eviter les carences par une alimentation variée et suffisante

L’apport calorique minimum quotidien doit être de 1500 kcal afin de couvrir les besoins nutritionnels en protéines, lipides, glucides et micro-nutriments.

C’est une alimentation variée comportant tous les groupes d’aliments qui permettra d’éviter l’apparition de carences. Aussi, est-il nécessaire d’insister auprès de la personne âgée sur le maintien d’une consommation suffisante en viande, poisson, œufs et produits laitiers de façon à répondre aux besoins protéiques et calciques. Et comme la sensation de soif s’émousse avec l’âge, il faut également insister sur l’utilité d’une hydratation suffisante tout au long de la journée, particulièrement en cas de fièvre ou de forte chaleur (*).

 

Surveiller la courbe de poids

La surveillance d’un bon état nutritionnel passe en priorité par le suivi du poids. En effet, la perte de poids s’inscrit comme indicateur clef à surveiller : plus de 5% en 1 mois ou de plus de 10 % en 6 mois étant un critère de dénutrition. La courbe de poids s’avère donc un élément déterminant à prendre en compte dans le processus de vieillissement. Pour cette raison, il convient de limiter le plus possible les alimentations contrôlées restrictives après 70 ans. A cet égard, bien qu’elle puisse avoir une indication pendant un temps déterminé et sous prescription médicale, l’alimentation contrôlée en sel, très anorexigène, présente un risque majeur de dénutrition avec un effet bénéfice-risque accru. Par ailleurs, il faut tout autant se montrer prudent avec les traitements hypoglycémiants car un patient diabétique de type 2 a souvent du mal à couvrir ses besoins nutritionnels quotidiens. Et puis le sucre « plaisir » en fin de repas n’augmentera pas la glycémie !

L’hygiène de vie et le contrôle du poids doivent s’exercer au cours de la vie d’adulte dans un objectif de prévention de pathologie. Si la prévention des risques liés à une nutrition inadaptée apparaît certes comme essentielle, il faut néanmoins garder à l’esprit et favoriser l’aspect social et le plaisir liés à l’alimentation.

(*) Le guide « La santé en mangeant et en bougeant » du programme national nutrition santé (PNNS) donne des conseils simples et pratiques à mettre en œuvre.

SOURCES

  • Carol Szekely présidente du comité de liaison en alimentation et nutrition (CLAN), Catherine Berthier vice-présidente du CLAN – HUPNVS, hôpital Charles Richet (AP-HP) et Ermine Facchin

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