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La chirurgie bariatrique dans son effet pervers
La chirurgie bariatrique dans son effet pervers
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14 novembre 2011 | 4 commentaires
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Nicolas Sahuc, 6 articles (Diététicien)

Nicolas Sahuc

Diététicien
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La chirurgie bariatrique dans son effet pervers

La chirurgie bariatrique dans son effet pervers

La chirurgie bariatrique vise à restreindre l’absorption des aliments afin de permettre la perte de poids, et est destiné en priorité aux personnes souffrant d’obésité. Plusieurs techniques sont proposées à l’heure actuelle : by-pass, sleeve, anneau gastrique. Ces techniques deviennent des stratégies de traitement de l’obésité morbide (IMC>40). Elles démontrent une efficacité réelle sur la diminution des risques de mortalité précoce et en parallèle l’échec du traitement classique de l’obésité et certainement d’une parti de la campagne de prévention.

 
La prévention actuelle continue une approche quasi empirique basée sur la diminution du poids comme valeur cible. Le moyen proposé est les conseils alimentaires et la mise en œuvre de régime.
Tout et surtout n'importe quoi existe en terme de régime pour aider la population souffrant de problème de poids (ou non).
 
Aujourd'hui il est démontré (publication HAS) que le régime, et j'ajoute : "utilisé en première intention", induit une reprise de poids, un an après l'arrêt. Quelque soit le régime, il induit de manière automatique de la restriction cognitive.
 
Je définis la restriction cognitive (en m'appuyant sur la définition de Polvy) : "la restriction cognitive correspond à une souffrance psychologique occasionnée par une non acceptation de son image corporelle liée à des stratégies de contrôle des prises alimentaires dans le but de réduire de manière physique le poids et améliorer l'image corporelle" .
 
Une obsession alimentaire va gagner en intensité par la recherche de conseils alimentaires auprès de l'entourage, coach de vie/sport, professionnels de la santé et de la nutrition. Les réponses vont donc tendre vers une aggravation des symptômes : focalisation sur l'image corporelle et les aliments. Alors le principe de base de médecine "primum non nocere : d'abord de ne pas nuire" est non respecté.
En terme de prévention, la première action était d'interdire la divulgation de régime et la poursuite devant le conseil de l'ordre de médecin commerciaux des régimes.
 
Revenons à la chirurgie bariatrique ; Elle va être utilisée comme ultime recours après les nombreux échecs du traitement classique du poids.
Dans certaines situations, l'individu, entre dans un épuisement psychologique, dû à l'enfermement imposé par la restriction cognitive et pour se libérer de cette prison, la chirurgie va créer une autre restriction qui cette fois-ci sera mécanique (RM).
 
La restriction mécanique devient par effet pervers libérateur de la pression induite par la Restriction corporelle (RC). A noter, que le choix de la chirurgie est corrélée positivement au niveau de RC générant un "burnout de RC". On peut comprendre l'apparition de chirurgie de plus en plus radicale pour répondre à cette souffrance,et malheureusement c'est renforcer la problématique.
Membre du groupe de travail H.A.S. sur les recommandations de la prise en charge de l'anorexie et de la boulimie en France Enseignant D.U. TCA Faculté de médecine Montpellier et DU TCA du réseau Rhône-Alpes Enseignant U.F.R. STPAS à la faculté IUFM Avignon Formation CRT (Cognitive and Remediation Therapy for children and adolescent with eating disorder Formation ACT (Acceptance Commitment Therapy) D.I.U. Introduction aux thérapies cognitive et comportementale (Faculté de médecine, Montpellier, 1ère année validée) D.U. Troubles des Conduites Alimentaires (hôpital St Anne, Paris) D.U. Nutrition du Sportif (hôpital La pitié Salpétrière, Paris) Membre du CA de l'AFDAS-TCA Membre de la commission famille, internet et relations internationales de l'AFDAS-TCA Membre de la Société Française de Nutrition du Sport (SFNS)
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Commentaires
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par trape (IP:xxx.xx7.65.251) le 14 novembre 2011 a 20H19
trape (Visiteur)

N’avez-vous pas le sentiment d’occulter certains aspects hormonaux intestinaux post chirurgicaux, en centrant votre réflexion sur uniquement l’aspect psychologique iatrogène, et qui cependant permet de conseiller la chirurgie bariatrique à des cas extrêmes ?

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par Nicolas Sahuc (IP:xxx.xx2.10.47) le 15 novembre 2011 a 00H07
Nicolas Sahuc, 6 articles (Diététicien)

si je les centre la raison est simple car ils sont trop souvent négligés. Aujourd’hui, je pense que l’on néglige ces aspects depuis le début du ttt de l’obésité voire du ttt du comportement alimentaire. Et c’est en allant chercher des causes compliquées que l’on augmente encore une problématique. Le principe de base de médecine est "primum non nocere".

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par trape (IP:xxx.xx7.65.251) le 15 novembre 2011 a 17H42
trape (Visiteur)

Si vous voulez dire que l’obésité est une maladie du comportement, je ne peux qu’être d’accord avec vous pour la majorité des cas ; et ceci quelque soit l’étiologie à l’origine du trouble. Ne croyez-vous pas que les effets iatrogènes dont vous parlez, pourraient être la traduction d’une mauvaise indication opératoire du fait de la psychologie de ces patients... Je ne sais pas si votre position, face à la chirurgie, est plutôt une opposition par principe ou si votre remarque est de souligner des risques secondaires. De toute façon, en matière d’obésité le seul traitement efficace est préventif ; mais j’ai peur qu’il faille attendre le PNNS 10 ou 20 pour s’y attaquer vraiment ! La chirurgie bariatrique reste un ultime pis-aller (le by-pass sutout), pour le versant organique de la maladie.

0 vote
par Nicolas Sahuc (IP:xxx.xx4.147.26) le 15 novembre 2011 a 20H43
Nicolas Sahuc, 6 articles (Diététicien)

Merci de vos réflexions enrichissantes. lorsque l’on lit le nouvelles approches, elles viennent confirmer la notion de "WELL-being Vs WEIGHT-Being". Par le fait des régimes et d’en donner à tout sans intégrer l’individu dans sa vie et son environnement, c’est là que nous sommes nocifs et contre productif. La première des préventions passe par une meilleure psycho-éducation des professionnels de la nutrition. Tordre le cou aux idées reçues véhiculés par des non-spécialistes. Eduquer la famille et l’entourage sur le comportement alimentaire et la non culpabilisation sur le poids...Bref tout l’inverse de ce que l’on fait aujourd’hui. (Voir mes conférences sur slideshare) concernant la chirurgie, elle représente l’échec du ttt de l’obésité en france et surtout dans la sleeve ou by-pass le côté non réversible. Elles deviennent échec car elles focalisent les patients et les confortent dans l’objectif de perte. A défaut, le sens de vie est oublié conduisant au principal de rechute. Changeons nos attitudes : faisons notre métier correctement avec éthique et collaboration avec les personnes en souffrance. Prenons soin d’eux et inscrivons les dans la vie et non dans la survie.