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« L’important n’est pas ce qu’on mange mais comment on le mange »
«L'important n'est pas ce qu'on mange mais comment on le mange»
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18 février 2011 | 1 commentaires
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Florian Saffer, 57 articles (Diététicien Nutritionniste)

Florian Saffer

Diététicien Nutritionniste
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« L’important n’est pas ce qu’on mange mais comment on le mange »

«L'important n'est pas ce qu'on mange mais comment on le mange»

Interview de Gérard Apfeldorfer – Ce psychiatre spécialisé dans les troubles du comportement alimentaire explique comment sortir de l’engrenage...

Que pensez-vous de l’actuelle campagne du gouvernement, qui préconise de manger cinq fruits et légumes par jour et de limiter les aliments gras et sucrés ?

Ça ne va pas juguler le problème de l’obésité, au contraire. Cela diabolise certains aliments, qui deviennent désirables, et créé des délinquants alimentaires. Ces messages coercitifs sont du mauvais bon sens. L’important n’est pas ce qu’on mange mais comment on le mange. Il faut prendre le temps de manger, calmement et faire attention à ce qui se passe dans notre bouche. Si l’on retrouve ces sensations alimentaires, on mange quand on a faim et on s’arrête à satiété.

Mais ne faut-il pas éviter d’abuser de certains aliments ?

Si l’on n’est pas déréglé dans son rapport à l’alimentation, tout cela se régule naturellement. Quand on mange du fast-food, du pâté ou du saucisson, on est très vite rassasié. Et on a envie de manger autre chose, comme des légumes.

Quels facteurs peuvent être à l’origine d’un dérèglement alimentaire ?

Les conseils nutritionnels, du type « mangez ci et pas ça », les régimes – arrêter d’en faire est une façon de prévenir l’obésité – et les émotions. Elles vous font parfois manger pour d’autres raisons que la faim, pour faire face à vos difficultés de vie en général.

Quels conseils donnez-vous à vos patients atteints de surpoids ou d’obésité ?

Il faut qu’ils réapprennent à écouter leurs sensations alimentaires, en évitant devant manger devant leur ordinateur par exemple, et qu’ils travaillent sur les difficultés émotionnelles qui provoquent ces dérèglements.

Cela suffit-il à perdre tout le poids que l’on veut ?

Non. Les gens peuvent maigrir mais pas autant qu’ils le voudraient. C’est difficile de connaître la marge de perte de poids pour chaque personne. Cela dépend du type de graisses accumulées dans l’organisme. Soit on remplit les cellules graisseuses déjà existantes, soit en crée de nouvelles et dans ce cas, c’est irréversible. Il n’y a pas de retour en arrière total. C’est le problème des régimes, dont il faut tourner la page. Comme le disait le rapport de l’Anses, non seulement ils ne font pas maigrir sur le long terme mais ils font grossir et sont mauvais pour la santé.

Quelle politique de prévention préconisez-vous ?

Il faut arrêter avec une prévention interdictrice et dirigiste. C’est aux instances gouvernementales de réhabiliter le repas et l’attention portée aux bonnes choses. Avec des confrères, nous avions réfléchi à des slogans possibles pour lutter contre l’obésité. Cela donnait : « Le dîner, partager ses aliments, partager sa journée », « à chacun selon sa faim », pour les enfants « Ne finis pas ton assiette si tu n’as plus faim », « mangez au calme » etc. Le modèle alimentaire français nous protège encore un peu, mais cela se perd et bien souvent on se contente de « faire le plein à la pompe ».

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Commentaires
0 vote
par trape (IP:xxx.xx7.65.251) le 19 février 2011 a 12H11
trape (Visiteur)

Si l’acte alimentaire comporte aussi de "l’affectif" ; il faut faire attention à ne pas oublier les autres aspects de la fonction alimentaire, plus organiques, biochimiques.... On ne peut donc oublier ces aspects organiques, minimisés par ce psychiatre.