Mon logo CareVox
CareVox par RSS
CareVox sur Facebook
CareVox sur Twitter
L’anorexie et la boulimie : parfois un héritage familial
L'anorexie et la boulimie : parfois un héritage familial
note des lecteurs
date et réactions
9 février 2010 | 7 commentaires
Auteur de l'article
Docteur David Vincent, 74 articles (Médecin généraliste)

Docteur David Vincent

Médecin généraliste
note moyenne des lecteurs
nombre d'articles
74
nombre de commentaires
29
nombre de votes
25

L’anorexie et la boulimie : parfois un héritage familial

L'anorexie et la boulimie : parfois un héritage familial

Une de mes jeunes patientes à mon grand désespoir prenait du prozac qu’elle se faisait prescrire par un psychiatre. Le pire c’est que je n’en connaissais pas la raison et depuis des années elle avançait comme argument " j’ai des TOCs". Son psy est parti en retraite et donc elle se retrouve sans prozac depuis un mois ( pas d’effet de sevrage génant heureusement).
Et elle a bien voulu se confier pour la première fois : " docteur, j’ai toujours envie de manger, je pense à la nourriture toute la journée, que cela soit avec ou sans mon antidépresseur ; il me faut une solution".

Je connais ce problème d'être toujours tenté par le frigo :
- cela peut être une compensation suite à un manque affectif. Bien, une fois qu'on a dit cela, on fait quoi ?
- Cela peut être un manque de magnésium ou d'autres nutriments et alors le corps tente de les récuperer en mangeant deux fois plus (par exemple, quand on est enceinte on dévore tout ce qu'il est possible de dévorer).
- Et cela peut être aussi car on a été "étouffé" si l'on peut dire à la maison avec des parents très à cheval sur la nourriture " ne mange pas cela", " ne mange pas entre les repas" " tu mangeras ce que je te dis" " tu n'as pas mangé cela, je te le resservirai ce soir encore" etc.
Il y a des mères parfois tellement mal dans leur peau qu'elles tentent de contrôler jusqu'à l'estomac de leur enfant et cela peut évoluer malheureusement en anorexie ou en boulimie.
Donc parfois les patients souffrant de cela devraient regarder dans leur entourage, qui a tenté de mettre du contrôle dans leur assiette, en plus cela les extravertit et ils arrêtent de se culpabiliser.
En observant tous ces comportements, j'ai tellement appliqué la méthode contraire à mon petit Poilopat ("ce que tu veux, quand tu veux, tu n'oublies quand même pas les légumes et les fruits") que parfois il oubliait de manger, il n'a jamais fait gaffe à l'heure des repas et quand je suis en retard sur la préparation du repas il prend un yaourt et remonte jouer ! Et il est tout mince ! D'ailleurs j'ai une petite anecdote : à 18 mois, forte de mes principes, je l'avais laissé dévorer du chocolat jusqu'à plus faim : il n'a presque rien mangé pendant les trois jours suivant et il n'aime pas le chocolat.
ll y a sûrement un juste milieu mais suivre ces patients anorexiques ou boulimiques a eu vraiment cette influence sur moi.
Mais la nourriture ne devrait absolument pas être le pivot de la vie comme chez certaines personnes en institution chez qui la vie tourne autour des repas et uniquement cela.
Docteur Vincent
Les internautes qui ont lu cet article ont aussi consulté
Commentaires
1 vote
par martin86 (IP:xxx.xx7.203.131) le 9 février 2010 a 17H44
martin86 (Visiteur)

De nombreux psychanalystes ou psychiatres pensent que l’anorexie est le fait d’une relation familale pathologique, qui elle même trouve, parfois, son origine dans le passé généalogique. On peut donc, d’une certaine façon parler d’héritage. Cependant, il me semble que votre démonstration ne va pas assez loin. Comment avez-vous finalement traité votre patiente ?

0 vote
par Docteur David Vincent (IP:xxx.xx0.17.56) le 9 février 2010 a 19H22
Docteur David Vincent, 74 articles (Médecin généraliste)

Je suis plutôt une personne de terrain mais j’apprends à développer au fur et à mesure. J’ai donné en quelque sorte du travail à la maison à la patiente, chercher toutes les fois où quelqu’un l’a coupée dans son élan de manger ou ne pas manger. Mon but étant que les patients puissent se prendre en charge seule, je pense que nous somme sur le chemin car elle est sortie plus motivée qu’en rentrant dans mon cabinet. J’attends de ses nouvelles... mais si elle va bien, ça peut durer six mois avant que je la vois.

0 vote
par Lachesis (IP:xxx.xx0.196.13) le 9 février 2010 a 22H21
Lachesis (Visiteur)

comment dire...

L’anoxerie est une maladie très, très compliquée dans laquelle je ne classerais même pas le rapport à la nourriture comme facteur principal (je pense que ce n’est qu’un symptôme). Votre intention est louable mais bon comme l’anorexie est une maladie mentale, les patients n’obéissent pas à des comportements rationnels (c’est déjà énorme qu’elle s’admette comme anorexique...même si je n’en suis plus certaine à la relecture)

je ne saurais que trop vous conseiller l’excellent livre Comprendre l’anorexie de Vincent Dodin et Marie-Lyse Testart, qui a correspondu assez bien au cas d’une de mes proches.

très intéressant également, ce lien vers une biographie d’une sainte anorexique (en tout cas qui aurait été classée comme telle aujourd’hui et je doute que ce soit la seule) http://clio.revues.org/index490.html

cordialement

0 vote
par takuan (IP:xxx.xx7.235.137) le 10 février 2010 a 12H09
takuan (Visiteur)

L’anorexie et la boulimie sont des symptômes de la dépression que l’on retrouve,mais pas forcément, en tant que troubles compulsifs voire addictifs au même titre que certaine formes de toxicomanies ou polytoxicomanies.très fréquent chez les gens appelés autrefois maniaco-dépressifs et que l’on diagnostique à présent comme "bipolaires" et "borderline" en fonction des variations de la pathologie et des écoles de pensée chez les psy dont certains nient même l’existence de cette forme de pathologie.Il existe d’après certaines études,canadiennes notamment,des facteurs d’hérédité dans un contexte familial propice à ce genre de choses et les femmes sont majoritairement affectées contrairement aux hommes qui le sont proportionnellement beaucoup moins. Personnellement,je trouve dommage d’isoler un symptôme seul de cette manière...la psychanalyse et la psychiatrie et leur résultats parfois évidents,parfois relatifs démontrent qu’un train peut-en cacher un autre et que ne pas aborder le problème dans sa globalité à partir de la source ne sert pas à grand chose en matière de thérapie...

0 vote
par Docteur David Vincent (IP:xxx.xx0.17.56) le 10 février 2010 a 22H21
Docteur David Vincent, 74 articles (Médecin généraliste)

Je rappelle que je suis généraliste et que je tente d’apporter un mieux à mes patientes ; on n’a pas le temps de réfléchir à toute la problématique dans sa globalité. Cette personne voyait un psychiatre depuis des années et je ne sais pas du tout ce qui se racontait dans le cabinet, possible que le travail dans la globalité ait été entrepris ??

0 vote
par trape (IP:xxx.xx7.65.251) le 11 février 2010 a 02H22
trape (Visiteur)

Anorexie et boulimie appartiennent à une même entité "nosologique" ; et il s’agit d’une maladie psychiatrique d’abord, avec une symptomatologie nutritionnelle. Quelques patientes (90% de femmes) passent de l’anorexie à la boulimie, dans leurs évolutions. S’il vrai que l’on rencontre des familles avec des troubles du comportement alimentaire ; il ne s’agit pas toujours d’anorexie ou de boulimie pure chez tous les sujets.

0 vote
par Nicolas Sahuc (IP:xxx.xx2.10.47) le 14 novembre 2011 a 10H23
Nicolas Sahuc (Visiteur)

Je vous invite à aller sur le site de la HAS, nous avons donné l’an dernier les premières reco pour la prise en "charge" de l’anorexie. Vous allez trouver les fiches signalitiques.